‹ Évolution des troubles de l'intelligence et du caractère à la pubertéChapitre 8 sur 33 · I. — PUBERTE SEXUELLE · texte numérisé non relu

I. — PUBERTE SEXUELLE

Les lois générales en sont communes aux deux sexes. D'une durée à peu près égale, la puberté chez la fille et le garçon est marquée par des phénomènes homologues se poursuivant dans un ordre donné.

A) CHEZ LA FILLE, la puberté est plus précoce. D’une durée de trois années environ (NOBÉCOURT), plus pour d’autres (4 à 5 ans, APERT), elle va de 12 à 15 ans en moyenne. On conçoit d’ailleurs qu’on ne puisse fixer de limites précises.

1° L’éclosion de la puberté, c’est-à-dire l'apparition des règles, se fait en moyenne entre 11 et 15 ans (Vr- GNES).

L’acmé de la fréquence, dans nos pays, serait à 13 ans pour NoBÉCOURT, à 14 ans pour Mme FRANCILLON.

Cette date est d’ailleurs très variable, suivant les individus. Un certain nombre de facteurs sont classiquement donnés comme ayant une influence sur l’âge de la puberté : le climat et la race.

La menstruation serait plus tardive dans les pays froids (15 à 16 ans), plus précoce dans les pays chauds. On sait, qu'aux Indes, des filles de 8 à 9 ans sont considérées non seulement comme pubères, mais même nubiles. (En réalité, ces faits semblent sujets à caution). Il est à remarquer que la chaleur artificielle agirait comme la chaleur solaire. C’est ainsi que, paraît-il, les jeunes filles des régions froides de la Russie, qui ont l’habitude de coucher sur les poêles, seraient réglées précocement.

Cependant, cette aptitude à une puberté précoce se prolongerait sur plusieurs générations, si on transplante le sujet. Les Juives, même dans nos pays, sont pubères tôt.

Les brunes seraient également plus précoces. Il y a peut-être là un facteur racial.

Les facteurs sociaux ne sont pas sans jouer un certain rôle. La puberté est plus précoce dans les villes, ce qui tendrait à indiquer que les facteurs moraux (excitation sexuelle par lectures, cinéma, etc.) peuvent influer sur

son éclosion. Inversement, chez les enfants pauvres, hypoalimentés, la puberté est plus tardive.

2° Le début de la « période prépubère » (ROBERT, DELPEUCH, P. Gopin) se fait deux ans environ avant la première menstruation.

Il est marqué :

— tout d’abord, par la surélévation d’un mamelon (souvent le gauche précède le droit), qui s'accroît vers la périphérie. A l’éclosion de la puberté, il occupe toute la surface qu’il occupera définitivement, et ne gagnera plus qu’en saillie. En même temps, se produisent des modifications des glandes sébacées ; la peau devient plus luisante. À l’excès, on observe acné et comédons, si fréquents à cette période ;

— quelques mois plus tard, simultanément, par : un accroissement des grandes lèvres, qui s’épaississent, s’allongent, recouvrant le clitoris, l'apparition de poils sur les grandes lèvres (stade P1 de Godin).

Ultérieurement, le système pileux s’étend, gagne vers le haut (stade P1 de P. CopiN) atteint le pubis et apparaît aux aisselles (P°% A1). Ce dernier stade annonce l’imminence des règles.

L’éclosion pubertaire se produit, comme nous lavons vu, vers 13 ou 14 ans. Il est à remarquer que cette première menstruation, qui frappe par sa netteté (au contraire de l’imprécision de l’éclosion chez le garçon) ne correspond pas toujours à la maturation sexuelle. I] peut y avoir règles sans ovulation. Une jeune fille réglée peut ne pas être fécondable. CREW, VIGNES ont insisté sur ce point. L’ovulation, d’ailleurs, se parfait progressivement ; on assiste, de la fillette à la fille pubère, à la formation de cellules sexuelles de plus en plus parfaites (préovogénèse). Il n’y a donc pas une transformation radicale à la première ovulation, qui traduit la fin d’une évolution progressive. |

3° A la période post-pubère, on constate l’apparition de poils sur les parties latérales du pubis (P{ A?).

Enfin, à la fin de la période pubère, le système pileux a atteint sa topographie définitive à type féminin : poils pubiens à limite supérieure nette, concave en haut, limi-

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