‹ Évolution du Traitement Chirurgical du Cancer UtérinChapitre 14 sur 53 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Etat de la question en 1907

Maintenant que nous connaissons l'historique de, notre sujet et les fluctuations diverses par lesquelles est passé, successivement, le traitement du cancer utérin, il nous reste à voir à quel point nous en sommes aujourd’hui.

Quels sont nos moyens d'action contre ce mal, d'autant plus dangereux qu’il est, au début, indolore et sournois ?

Les sérums n’ont jusqu’à présent donné que des déboires, et celui qui, dans ces dernières années, a fait le plus parler de lui, ne semble pas avoir tenu les promesses que pouvait en attendre son créateur. C’est du moins ce qu'il ressort de l'examen des malades mis au traitement d'essai, sous le contrôle de la commission déléguée par la Société de chirurgie.

Ne reste alors, comme traitement radical, qu’une intervention précoce. Suivant les paroles du regretté

professeur P. Poirier, il est permis de penser que le cancer, d’une manière générale, qu’il s'attaque à la langue, au sein, à l'utérus ou à tout autre organe, est une affection primitivement locale et que si au début l’on enlève largement le mal, y compris le territoire ganglionnaire correspondant, on a au moins des chances d’une guérison durable, sinon définitive.

L'écueil réside dans le fait, parfois impossible, de dépister le mal au début. Quel dommage, disait Poirier, dans une leçon faite en 1905, que le cancer ne soit pas douloureux dès les premières phases de son développement ! On aurait alors là une ressource excellente pour amener les femmes à une consultation précoce. Mais les choses ne vont pas ainsi et alors quelquesuns ont proposé, afin d'exercer une surveillance minutieuse, de conseiller aux femmes, approchant de la ménopause, un examen médical que la prudence exigerait de renouveler tous les deux ou trois mois, afin de surprendre, dès son éclosion, l’ulcération suspecte, si elle venait à se produire. Une telle circonspection ne paraît pas exagérée outre mesure, mais comme elle est inapplicable à une grande catégorie de femmes, ce qu’il est avant tout nécessaire de répéter, c’est que toute chance de salut ne pouvant résider que dans une intervention précoce, il est absolument urgent à toute femme, arrivée à l’âge de la ménopause et perdant anormalement du sang ou des eaux rousses, de prendre un avis médical doublé, s’il est nécessaire, après prélèvement d’un fragment de la région suspecte, de l'avis d’un histologiste.

PR) Tune

Dans de telles conditions la lutte contre le cancer

deviendra eflicace.

Ces conditions étant requises, par quel chemin attaquerons-nous l'ennemi et comment vaut-il mieux nous en débarrasser ? «Sans cesser de perfectionner les opérations, disait le professeur Pozzi en 1901, dans sa leçon d'ouverture dé la chaire de Gynécologie, peut-être est-il nécessaire de s’appliquer davantage à en préciser exactement les indications et les limites. »

Nous réservant de revenir dans un dernier chapitre sur deux méthodes dont dernièrement on a commencé à reparler, surtout à l'étranger, la voie périnéale et la méthode mixte, deux moyens d'action s'offrent à nous: l’hystérectomie totale abdominale ou vaginale. Laquelle choisir ?

Dans l'édition de 1897 du Zraité de Gynécologie, un an après la première communication de Terrier au Congrès de Chirurgie, Pozzi s'exprime ainsi : « Je crois qu'on peut hardiment poser en principe que tout cancer, dont l'extirpation par voie vaginale est impossible, n’est plus justiciable que du traitement palliatif. »

Nous avons vu combien les choses ont changé en dix ans et comment l’abdominale, délaissée pendant quinze ans, a repris brusquement le dessus ; nous avons la confirmation de cet avancement, si l’on peut dire, dans la différence flagrante qu’il y a entre la phrase précédemment citée et l'opinion exprimée

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