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OBSERVATION II

Cancer de l'utérus. — Hystérectomie vaginale. — Ablation des annexes. — Guérison. — Pas de récidive au boul de quatre ans et demi.

R... M., trente-six ans.

Cette malade m'a été présentée par le Dr Delineau, son médecin depuis de longues années.

Après avoir mené à Paris une vie des plus actives dans le commerce, elle habite actuellement la campagne.

Depuis de longues années, elle a eu recours aux soins de notre confrère pour des troubles utérins. Alternativement, il a eu à combattre la leucorrhée, les ménorragies, les inflammations péri-utérines.

Le repos, les injections, les pansements glycérinés et antiseptiques, l'électrothérapie ont été alternativement et très

judicieusement employés suivant les indications.

Perdue de vue par notre confrère depuis de longs mois, la malade revient lui demander conseil en raison d’un état d’amaigrissement qui l’effraie et de troubles persistants du côté des organes génitaux internes.

En examinant les organes génitaux externes on trouve la

réunion des lésions suivantes : déchirure de la fourchette,

cystocèle et rectocèle.

11 suffit d’écarter les grandes lèvres pour entrevoir le col qui est situé à3 ou 4 centimètres de l’anneau vulvaire. Pertes vaginales abondantes et pour ainsi dire incessantes ; de là une irritation des grandes lèvres et des parties adjaventes.

Menstruation régulière ou à peu près.

Le toucher indique un allongement hypertrophique de la portion cervicale de l'utérus.

Le pourtour de l’orifice est d’une dureté ligneuse. L’examen direct laisse découvrir sur la lèvre postérieure une surface bourgeonnante, fongueuse et saignant au moindre contact.

Le toucher et le palper combinés font reconnaître qué l'utérus est gros, presque doublé de volume, douloureux à la pression etnéanmoins très mobile dans les différents sens.

Les commémoratifs indiquent qu’il y a lieu de ne pas différer l'intervention, sous peine de voir le mal atieindre des proportions qui ne permettraient pas de le limiter.

Pas d’hypertrophie ganglionnaire.

L'amaigrissement est extrêmement marqué.

Le teint de la malade est jaune paille.

La langue est saburrale. Pas d'appétit. Bon état des reins.

ai SR

Jeconcius comme mon confrère, à la nécessité et à l’urgence d’une hystérectomie vaginale.

Cette opération est pratiquée le 16 décembre 1902.

Hystérectomie classique. Décollement antérieur, puis postérieur. Section de l'organe en deux parties égales sur la ligne médiane et abaissement des annexes. Hémostase faite avec de grands clamps et de petits clamps de soutien.

Les adhérences annexielles en rendirent la prise ét le décollement plus difficile que ne le faisait supposer la parfaite mobilité de l'utérus.

Tamponnement à la gaze aseptique. Enlèvement des clamps au bout de quarante-huit heures. La malade se remit dans les meilleures conditions et quitta la maison au bout d'un mois.

Depuis, sa santé s’est maintenue aussi florissante que nie

L'état général est parfait et l’état local ne laisse rien à désirer. =

Il existe bien encore des traces de cystocèle et de rectocèle, toutefois, l’abaissement de la vessie et du rectum n'a pas augmenté.

Quatre ans et demi se sont écoulés sans la moindre menace dé récidive et, cependant, l'examen histologique pratiqué dans le‘servicé ne permet pas de douter de la nature de l'affection.

Voici la note: cinq fragments ont été prélevés sur la pièce anatomique provenant d’une hystérectomie vaginaie pratiquée à Me R... le 16 décembre 1902.1ls correspondent à la lèvre antérieure, à la lèvre postérieure du col, à la muqueuse de la cavité en un point voisin de l'isthme, et à la face anté-

ricure et à la face postérieure du corps.

La lésion de dégénérescence cancéreuse a été facile à reconnaître dans les deux fragments provenant du col. Rien de bien démonstratif pour ce qui concerne la muqueuse. Résultats négatifs dans les coupes des fragments du corps de l'utérus. Dans le col, la lésion est celle de l’épithélioma pavimenteux lobulé. Aucune lésion de dégénérescence n'a

été trouvée macroscopiquement dans les annexes.

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