‹ Évolution du Traitement Chirurgical du Cancer UtérinChapitre 40 sur 53 · OBSERVATION XXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXI

Fibrome ayant subi la dégénérescence cancéreuse. — Hys-

térectomie abdominale. — Guérison opératoire.

D... Léontine, quarante-huit ans, de Blois, est adressée à l'Hôpital International de Paris, pour y subir une opération nécessitée par la présence d'une tumeur abdominale.

L'état général de cette malade est relativement satisfaisant ; elle accuse néanmoins des douleurs presque constantes au niveau d’une tumeur qu'elle a depuis des années, dit-elle, et pour laquelle on lui a fait espérer une guérison sans opération, au moment du retour d'âge.

Réglée à treize ans, mariée à vingt ans, mère d’un enfant, la santé de cette malade ne se trouve altérée que vers Fâge de quarante-quatre ans. A cette époque, la menstruation est devenue beaucoup plus abondante, parfois même des hémorragies, dans l’intervalle des règles, se sont produites sans aucune apparence de raison.

Examinée alors, la malade fut reconnue atteinte d’un fibrome ayant approximativement le volume des deux poings d'un adulte. Se soumettant au repos au moment des hémorragies, évitant tout ce qui eût pu favoriser l'abondance de l'écoulement menstruel, faisant usage de préparation à base d’ergotine, la malade s'était soutenue tant bien que mal jusqu'il y a six mois. Depuis elle a noté que la pesanteur qu’elle éprouvait par intervalles était permanente, intolérable et que parfois elle ressentait de véritables élancements dans

son fibrome.

Elle aurait maigri de 4 kilos environ.

Pas de troubles importants du côté de la miction.

Pas de constipation habituelle.

Elle prétend que l'écoulement vaginal prend parfois une odeur fade et désagréable.

L'examen par le toucher donne les indications suivantes : Tumeur fibreuse, grosse comme une noix de coco, peu mobile, moins solide, moins résistante que le fibrome, ayant plutôt la mollesse d'un kyste qui ne serait pas trop tendu.

Le col est volumineux, non ulcéré, mobile.

Le volume de la tumeur n'est pas de nature à faire songer à la voie vaginale. Aussi, le 30 juillet 1899, la malade est opérée par laparotomie.

À l'ouverture de la cavité abdominale il se produit un écoulement rose groseille, qui indique déjà une dégénérescence de la tumeur. Le fibrome n'est pas,- en apparence, solide, ni en avant ni en arrière ; il est saisi avec une pince à kyste, soulevé, amené en dehors de la cavité abdominale et libéré. en dehors des annexes. Un lambeau antérieur est taillé avec le bistouri, pour isoler les uretères. Le col est ensuite détaché à coup de ciseaux courbes jusqu’au niveau des insertions vaginales.

L'organe est enlevé en totalité. Le vagin est rétréci par quelques points séparés au catgut. Un drain en croix assurera l'écoulement des liquides par le vagin.

La cavité abdominale est refermée après examen minutieux et constatation de l'intégralité des ganglions. Pansement aseptique.

Les suites de l'opération ont été des plus simples et la

malade quittait le service le 25 août 1900. Revue en 1903,

d la santé de l'opérée était très précaire. Depuis on n’a plus eu

de ses nouvelles.

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