OBSERVATION XXIV
Hystérectomie abdominale pour cancer de l'utérus inopérable
par le vagin.
Dame T... Marie, âgée de trente-huit ans, entre à l'Hôpital International de Paris le 15 mars 1899. Elle est atteinte de cancer avancé du col de l'utérus, d’un diagnostic extrêmement facile.
L'opération est pratiquée le 21 mars 1899.
Il n'est pas possible de pratiquer l’hystérectomie vaginale, parce que le col a disparu en totalité et que les pinces de Museux appliquées sur la lèvre postérieure, la seule un peu résistante, ne parviennent pas à abaisser l'utérus.
Le col est enlevé à la curette tranchante ainsi que les fongosités qui occupent le tiers inférieur du corps de l'organe. Un tampon est laissé en place pour assurer l’hémostase et immédiatement des précautions sont prises pour pratiquer la laparotomie.
La malade est placée en plan de Trendelenbourg et quand la cavité abdominale est ouverte, des compresses stérilisées sont placées sur les intestins pour les préserver de toute contamination.
Les annexes gauches sont libérées aux ciseaux entre deux clamps ; il en est de même des annexes droites et l'utérus est
détaché, grâce à une incision de la partie supérieure du vagin.
Deux ganglions hypertrophiés sont cueillis à la main, dans * le petit bassin.
Drainage. Fermeture de la cavité abdominale par trois plans. Le drain fait issue par la paroi abdominale.
Les suites ont été très favorables, mais la récidive s’est produite au quatrième mois, dans les cicatrices du vagin.
Au huitième mois la malade était prise d’accidents pulmo-
naires et succombait au neuvième mois.