OBSERVATION XXV
Cancer de l'utérus
Hystérectomie vaginale et abdominale combinées.
CRE Œuarante-six ans.
Cette malade est atteinte d’un cancer de l'utérus qui a envahi le col et dépasse le niveau de l’isthme. Tous les éléments de diagnostic sont réunis et le doute ne peut se faire.
Les ganglions inguinaux sont hypertrophiés et ne semblent pas ramollis.
Teint jaune paille caractéristique du cancer : conjonctives décolorées. C |
Ralentissement de la nutrition.
L'hystérectomie vaginale est discutable dans ce Cas, parce que l'hystéromètre donne la notion d’une cavité, profonde de 9 centimètres, et que, malgré la douceur avec laquelle le cathétérisme est fait, il se produit un écoulement sanguin Œuand on va atteindre le fond de l'organe. |
Il ÿ à donc lieu de conclure que les fongosités occupent le fond de la matrice et que le tissu qui les soutient est Jui-
même altéré.
19 octobre 1903.— Opération par les deux voies. Curettage rapide des fongosités et thermo-cautérisation. Libération du col et de la face antérieure. Incision postérieure, décollement et perforation des culs-de-sac de Douglas. Tamponnement du vagin.
Laparotomie médiane.
L'utérus, ayant été repoussé de bas en haut par la compresse de gaze aseptique placée dans le vagin, devient très facilement accessible par l'abdomen. Une pince avec mors, placée sur la ligne médiane du fond, en dilacère le tissu extrêmement friable. Deux autres pinces sont appliquées au niveau des cornes et permettent d'attirer le corps autant qu'il convient.
Libération des annexes de l'utérus après ligatures et enlèvement de la totalité.
En arrière de l'utérus des lésions péritonéales multiples retiennent l'attention, il faut procéder à un évidement.
Péritonisation et utilisation de deux drains, l’un vaginal, l’autre abdominal : ils sont séparés l’un de l’autre par la lame péritonéale taillée entre l'utérus et la vessie et suturée aux franges du gros intestin de manière à faire un cloisonnement. À
Suites favorables, sortie de la malade le 6 novembre 1903.
Récidive au fond du vagin et production de masses sarcomateuses intra-abdominales au bout de cinq mois.
Décès avant la fin de la première année qui suivit l'opé-
ration.
Cette observation et celles qui précèdent prouvent que lorsque la voie vaginale ne paraît plus suf-
fisante pour assurer une survie, la voie abdominale ne donne plus de sérieuses garanties.
Elle prouve aussi que le procédé d’évidement ne donne pas plus de satisfaction que la seule ablation vaginale.
L'envahissement du péritoine, de ses lymphatiques, indique que l'heure de l'opération radicale est passée et que le bénéfice du traitement chirurgical doit demeurer, en pareil cas, extrémement réduit.
Enfin, il faut en conclure que la voie abdominale est plus dangereuse que la voie vaginale, Quelle que soit, en effet, l’habileté des chirurgiens gynécologues, partisans décidés de la voie haute, ils ne refusent pas de reconnaitre que, tout en la jugeant plus rationnelle, plus complète, elle reste assurément plus grave que l'intervention par les voies naturelles.
Cette opinion nese rapporte, bien entendu, qu'aux faits de cancer avancés.