V. Del... trente-quatre ans
Cette malade à un passé gynécologique parfait. Pas de flueurs blanches, pas de dysménorrhée, pas de malaises
abdominaux, pas de prolapsus.
À la suite d’une chute violente sur le siège, elle a commencé à ressentir des douleurs lombaires.
Sujette à la constipation elle a cru d'abord rapporter à des hémorrhoïdes internes la sensation de pesanteur qu'elle éprouvait dans le bas-ventre.
Plus tard,les envies d’uriner plus fréquentes ont attiré son attention.
Le toucher vaginal indique que le col a perdu sa souplesse: il est comme du caoutchouc durci.
Les rapprochements sexuels font naître des douleurs sourdes, qui s’aggravent et ne cessent que longtemps après.
Les annexes ne sont pas douloureuses.
L'utérus n'est pas aussi mobile qu'à l’état normal et les mouvements que je lui imprime occasionnent de la douleur. |
Je crains que le mal n’ait déjà envahi les ligaments larges. Pour ce motif et dans le but de faire une intervention aussi complète que possible et d’évider le bassin, je donne la préférence à la voie haute.
18 janvier 1905. — Opération régulière.
Le mal ne semble pas avoir dépassé les limites de l'utérus. Les uretères sont écartés au moment où la vessie est libérée et repoussée en avant ; ils ne sont pas contenus dans une gangue de dégénérescence.
Je sépare les annexes et je sectionne les ligaments larges, aussi loin que possible de l’utérus.
Sutures au catgut sur le vagin. Péritonisation. Drainage par le vagin. Pas de ganglions, pas d'évidement.
Suites immédiates parfaites. Pas d’élévation de tempéra-
ture. Guérison post-opératoire et sortie le 9 février 1905.
Malgré la technique suivie,la malade récidive au septième mois.
La cicatrice vaginale est douloureuse, chaude au toucher et des douleurs lombaires se produisent avec une grande intensité.
Décès au neuvième mois.