‹ Évolution du Traitement Chirurgical du Cancer UtérinChapitre 50 sur 53 · OBSERVATION XXXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXI

Cancer ulcéré de l'utérus. — Curettage des parties dégénérées

GC... M..., quarante ans.

Cette malade est atteinte depuis cinq ans de troubles de l’utérus à marche ascendante. Prise d’abord de leucorrhée abondante, puis de pertes teintées de rouge et finalement d'hémorragies qui ne lui permettent guère de savoir si elle est ou non dans la période menstruelle. Elle s’affaiblit de jour en jour.

Il suffit de la faire placer sur la table d'examen pour ne conserver aucune illusion sur le mal qu’elle porte. Une odeur nauséabonde se dégage de ses organes génitaux.

Le toucher cependant laisse découvrir un col peu désorganisé, du moins dans la portion qui circonscrit l’orifice, de sorte qu'il est possible de se demander si une hystérectomie vaginale n’est pas encore le traitement de choix.

La malade entre à l'Hôpital International de Paris le 6 février 1903. Elle est préparée pour subir l'opération qui paraîtra réalisable. Hystérectomie vaginale, hystérectomie abdominale après désinfection des attaches supérieures par voie vaginale

ou simplement curettage.

PER 144. ces

Il est impossible de prendre le col.

Les pinces de Museux, malgré l'épaisseur et la solidité apparente des lèvres ne peuvent être serrées tant soit peu sans mâcher la prise et la réduire en bouillie.

La lèvre postérieure n'est solide qu’en un seul point, Cela suffit pour abaisser un peu l’utérus et faciliter l'enlèvement des chairs fongueuses au moyen de la curette tranchante.

La curette pénètre de plus en plus haut, ramenant des débris de matrice sarcomateuse. Tout à coup la pince lâche la prise et le curettage ne peut être achevé qu’au moyen d’une pression exercée sur le fond de l'utérus. L’organe se trouve réduit à une simple coque et il n’y a pas lieu dé compliquer la situation en demandant à la laparotomie une voie d’accès pour l’ablation du fond.

Cautérisation avec la solution de chlorure de zinc. Lavage avec une solution d’oxycyanure de mercure et assèchementavec des tampons de gaze stérilisée.

Tamponnement du vagin et drainage de la cavité utérine avec des mèches de gaze.

Enlèvement du tamponnement au bout de quarante-huit heures.

Suites simples, mais repullulation des masses sarcomateuses, malgré les topiques antiseptiques et finalement décès de la

malade au bout de huit mois.

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