OBSERVATION XXXII
Epithélioma du col. — Hystérectomie par les deux voies. — Hémostase d'une branche de l'utérine avec l’agrafe de
Michel. — Guérison opératoire.
D..., quarante-trois ans.
Cette malade est atteinte d’un épithélioma du col des plus manifestes. Toutefois, comme on ne peut calculer exactement la hauteur à laquelle remonte la lésion, et que l’hystéromètre indique à la cavité utérine, une profondeur de 8 centimètres et demi, je ne crois pas devoir recourir uniquement à l'hystérectomie vaginale.
L'intervention mixte est pratiquée le 23 mars 1907.
Le col est libéré aux ciseaux, en avant et en arrière, le décollement digital est poussé aussi loin que possible en avant et le cul-de-sac de Douglas est ouvert.
Laparotomie médiane, prise de l'utérus et libération sur les parties latérales.
Enlèvement en bloc de l'utérus et des annexes.
Des ligatures à la soie assurent l’hémostase des pédicules latéraux.
En explorant la surface de section, je trouve à la base du ligament large droit, une artériole dont le tronc est dénudé sur une étendue d'un demi-centimètre et donnant lieu à un jet saccadé, tout à fait caractéristique : il s’agit sans aucun doute d’un vaisseau dilacéré pendant les manœuvres du décollement digital.
Je le saisis avec l'extrémité d’une pince longuette et je
l’enserre dans une agrafe de Michel.
Une ligature eût été difficile à placer, en raison de la profondeur à laquelle se trouvait le vaisseau. Elle eût exigé une perte de temps toujours préjudiciable. En quelques secondes, l’hémostase fut parfaitement réalisée à la grande surprise de mes aides.
On ne saurait trop recommander le procédé et il est à désirer que la pince de Michel se trouve dans tous les services de chirurgie.
Là ne se borna pas l’utilisation des agrafes de Michel, il s’en faut.
Comme j'avais rabattu, en avant de l'utérus, le lambeau de péritoine qui s'étend de cet organe à la vessie, je fis la péritonisation : après l’avoir rapproché de la face postérieure du vagin et, au lieu de suturer au catgut, je fis la suture avec la pince porte-agrafes.
J'avais eu soin de préparer la ligne de suture en plaçant à égale distance l’une de l'autre, des pinces de Kocher formant un bâti que les agrafes fixèrent définitivement.
Les suites furent excellentes, et jusqu'à ce jour rien n’est à redouter; mais nous sommes beaucoup trop près de la date de l'opération pour que le résultat soit considéré comme acquis.
Il ÿ a lieu de conclure que l'usage des pinces porte-agrafes de Michel mérite la faveur des chirurgiens, non pas seulement dans les cas d'hystérectomie abdominale pour cancer, mais surtout, au cours de l'hystérectomie abdominable pour fibromes.
On gagnera surtout beaucoup de iemps pour la péritonisation d'abord, puis pour la suture du péritoine. |
I résulte des travaux du professeur Jeannel de Toulouse
ee 47 = que les agrafes sont admirablement tolérées par le péri-
toine.
Sur le point de terminer ce travail, nous prendrons connaissance d’une excellente recommandation formulée dans les Annales de chirurgie et d'orthopédie (ne de juin 1905) au sujet du cathétérisme préliminaire de l'utérus avant toute hystérectomie pour cancer. Fe
Suppuratlion de la cavité utérine dans certains cas de cancer de l'utérus. Rétention du pus. Utilité du cathétérisme de l'utérus comme premier temps de l’hystérectomie.
« Chez certains malades atteints du cancer de l'utérus, il m'est arrivé de rencontrer, au cours de l’hystérectomie une collection purulente insoupçonnée, dans la cavité utérine et,quand des faits semblables se produisent au cours de l’hystérectomie abdominale, c’est toujours une surprise désagréable pour le chirurgien.
On a beau conseiller de protéger les anses intestinales au moyen de compresses aseptiques, l’opérée étant placée sur plan de Trendelenbourg, le pus trouve une voie facile d'écoulement, et, pour peu que la nappe de pus soit un peu abondante, les compresses peuvent être imbibées et traversées ; de là un gros risque d'infection du péritoine.
Il est facile de parer à cette éventualité. Il suffit de