V. ch. xiu
260 FAITS ET THÉORIES AYANT RAPPORT A l'hÉRÉDITÉ
réversible: voyons comment M. Delage l'interprète dans la théorie des causes actuelles.
Il commence par nier la possiblité de l'hérédité des mutilations, sauf dans des cas exceptionnels : « L'effet direct est évidemment nul puisqu'il n'y a aucune relation entre les membres et les cellules sexuelles... ; le sang n'est point modifié, puisque ce membre ne lui empruntait ou ne lui fournissait aucun produit que les tissus similaires des autres parties du corps ne continuent à lui emprunter ou à lui fournir *. » M. Delage ne tient donc aucun compte des variations quantitatives auxquelles nous avons été amenés à accorder une si grande importance ; il admet qu'une mutilation peut se produire sans retentir sur toute l'économie, ce qui est la négation du principe de la corrélation'. Qu'il ne considère comme ayant un rôle effectif que les variations qualitatives, cela ressort immédiatement du passage suivant :
« Si, au lieu d'un membre, on ampute tout un viscère dont l'organisme puisse à la rigueur se passer (la rate, le corps thyroïde, le thymus, etc.), ou une partie importante de quelque viscère essentiel (foie, rein, pancréas), le cas devient tout autre. Ces organes empruntent au sang des matériaux spécifiques et déversent dans sa masse des excréta spécifiques aussi, dont la suppression ou la diminution peut avoir une grande influence sur l'économie. Ce que l'on appelle la sécrétion interne n'est rien autre chose que cela, et l'on sait quelle énorme influence elle a sur tous les tissus 3. »
Voici une chose surprenante ; il y a des éléments histologiques qui ont une sécrétion interne spécifique (substance R) comme le foie, le pancréas, et les viscères essentiels ( ! !), mais les autres, muscles, nerfs, etc., n'en ont pas ! Si