Delage, op. cit., p
264 FAITS ET THÉORIES AYANT RAPPORT A l'hÉRÉDITÉ
tissus, mais encore la distribution topograpliique de tous leurs éléments à chaque moment considéré i. C'est pour cela qu'il ne se rend pas compte de la possibilité de l'hérédité d'une mutilation portant sur un membre quelconque. En réalité, cette négation n'aurait que peu d'importance au point de vue du problème de la formation des espèces, car il est bien peu probable que les mutilations y aient joué un grand rôle ; il n'en est pas de même pour les effets de l'usage et de la désuétude : « Nous avons vu que les effets de la désuétude se laissent ramener à ceux des mutilations et que ceux de l'usage excessif sont précisément l'inverse des premiers. Leur condition est donc la même en face de la transmission héréditaire.
« Cependant, il y a ici une particularité sur laquelle je désire appeler l'attention.
« Nous avons vu que la suppression opératoire d'un muscle, par exemple, ne peut être héréditaire parce que ses effets ne peuvent porter que sur la substance musculogène de l'œuf 2 et retentir, à la génération suivante, que sur l'ensemble du système musculaire et non sur le muscle homologue seulement. Mais, dans quelques cas, cela peutêtre pourrait suffire.
« Si, par l'effet de l'atrophie d'un groupe de muscles consécutive au défaut d'usage, tout le système musculaire est ainsi atteint d'une légère déchéance 3, à la génération suivante, l'excitation fonctionnelle agissant plus fortement