Voyez plus haut, p
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condition n" 1 peut être réalisée pour une môme espèce de plastides, dans des milieux très différents, autrement dit que l'on peut avoir dans deux cas différents une assimilation rigoureuse :
a + Qi = Xi a + Ri a + Q2 = >>2 a + Ri
La rapidité de l'assimilation (valeur de X pour un temps donné) et la nature des substances accessoires R changent seules avec la nature des aliments Q. Le plastide n'en manifeste pas moins sa vie élémentaire, dans les deux cas, de même qu'un chlorure manifeste sa nature de chlorure, aussi bien par le précipité blanc stable qu'il donne avec un sel de plomb que par le précipité noircissant à la lumière qu'il détermine dans un sel d'argent.
Cependant, les réactions d'où résultent, dans le premier cas, l'assimilation et Ri, dans le second cas, l'assimilation et Ri, sont certainement différentes ; il en est donc de même des conditions mécaniques réalisées pendant les réactions, et il n'y a rien d'étonnant à ce que la forme spécifique, conséquence directe de ces conditions mécaniques, diffère plus ou moins dans les deux cas.
Bien plus, les substances R produites au cours des réactions assimilatrices s'accumulent, les unes, liquides, dans le milieu qu'elles modifient d'autant, les autres, solides, au niveau du plastide qu'elles encroûtent', fixant ainsi, par un véritable durcissement, la forme d'équilibre réalisée au moment même de l'assimilation, par les conditions mécaniques concomitantes. La différence des substances R produites dans deux milieux différents s'ajoutera donc à la différence des conditions mécaniques résultant de réactions différentes pour réaliser une variation morphoto-
1. Voyez plus haut les considérations relatives à la nature de la membrane des plastides.
gique. Devrons-nous considérer cette variation ^ comme une variation spécifique véritable ?
Si nous nous plaçons au point de vue individualiste, nous le ferons sans doute, et, en cela, nous commettrons une erreur au point de vue chimique. Le même chlorure, je le répète, peut manifester dans différents cas, de différentes manières, sa propriété de chlorure. Il est vrai que sous la dénomination de plastide nous avons l'habitude de comprendre généralement les substances plastiques a et les substances R qui les encroûtent, de sorte que, si les substances R diffèrent, les plastides différeront. Mais il serait illogique de donner, quand on s'occupe de vie, c'est-à-dire d'assimilation, une importance aussi grande à des substances inertes résultant des réactions vitales qu'aux substances dont l'activité même détermine l'assimilation. Et d'ailleurs, si on agissait ainsi, on rendrait le langage infiniment difficile et obscur, et c'est ce qui arrive malheureusement souvent, par suite delà confusion delà variation apparente dont nous venons de parler avec la variation vraie qui va nous occuper maintenant et qui ne peut se produire qu'à la condition n» 2.
La condition n° 2, c'est-à-dire l'ensemble des conditions réalisées dans un milieu où un plastide n'est ni au repos chimique ni à la condition n"!, est, par définition même, accompagnée de destruction plastique, puisque, en dehors de la condition n" 1, les substances a ne peuvent réagir qu'en se détruisant en tant que composé défini comme les corps ordinaires de la chimie. Donc, si aucun phénomène nouveau n'intervient, la condition n° 2, suffisamment prolongée, aura pour conséquence naturelle la mort élémentaire ou disparition de toutes les substances spécifiques du plastide.
C'est ici que prend place la variation vraie.
1. N'oublions pas que, par hypothèse, les milieux considérés réalisent tous deux pour l'espèce donnée la condition n° 1.
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Soient, dans le ej\s le plus général, a, 6, c, f/, e, /", les substances plastiques d'un plastide donné A. La condition n" 2 détruira ces substances (ou au moins quelques-unes d'entre elles), et les transformera en d'autres i substances a', b' , c', d' , e' , /*', dont l'ensemble sera le cadavre de A ; ce cadavre aura le plus souvent consei'vé la forme spécifique 2 qui caractérise A, à cause surtout des substances R solides encroûtant le plastide. Dans tous les cas, le plastide A, tel qu'il était rigoureusement défini par la nature et les proportions quantitatives de ses substances plastiques, n existera plus. Il y aura à sa place une masse nouvelle de substances a' b' c' d' e' f qui, le plus souvent, ne sera pas un plastide. L'observation prouve cependant que, dans certains cas, cet ensemble constitue un nouveau plastide capable de trouver sa condition n" 1 dans le milieu où le premier était à la condition n** 2. Le plastide disparu sera alors remplacé par un plastide nouveau qui lui succédera sans interruption en tant que masse séparée du milieu ambiant; c'est pour cela qu'on dit que le plastide A a varié et s'est transformé en un plastide A' qui est adapté au milieu.
C'est la variation vraie.
Il suffit de raisonner un peu en se souvenant des résultats des expériences de mérotomie^, pour comprendre combien sera fréquente une telle variation portant sur la proportion des quantités de substances plastiques constitutives.
1. Tout le raisonnement qui commence ici peut se faire, sans aucune modification, en admettant que quelques-unes seulement, ou même une seule des substances a, h, c, d, e, f, a été détruite, même parliellement, par la condition n° 2.
2. Pseudomorphose du plastide A. (Voyez Théorie nouvelle de la vie, I. II.) (F. Alcan).