Voyez In Bactéridie charbonneuse, p
3. C'est déjà la persistance du plus apte de Darw^in; on voit aisément que l'on serait arrivé à cette notion sans faire intervenir l'idée de lutte ; il a fallu, au contraire, que nous nous placions t\ un point de vue très spécial pour introduire celte idée dans le langage, comme elle se trouve dans la langue individualiste courante.
Au lieu de plastides semblables, supposons maintenant que nous mettions en présence dans un même milieu des plastides appartenant à des variétés différentes mais voisines, c'est-à-dire ayant des besoins analogues.
Empruntons d'abord un exemple très grossier à la bactéridie charbonneuse. Il existe une variété de cette bactéridie, la bactéridie asporogène, qui a la propriété de ne pas donner de spores dans les conditions où la bactéridie ordinaire en donne ^ : à part cela, les propriétés chimiques des deux variétés semblent à peu près les mêmes.
Faisons un mélange de bactéridies ordinaires et de bactéridies asporogènes, et cultivons-les dans le même milieu confiné. Au bout d'une quinzaine de jours, toutes les bactéridies se rassembleront au fond du vase.
Prélevons, de jour en jour, une petite partie de ce dépôt; il arrivera un moment où, en semant cette prise dans du bouillon frais, nous obtiendrons une culture pure de charbon sporogène. Dirons-nous que cette variété luttant avec le charbon asporogène a triomphé de ce dernier et est restée seule maîtresse de la place ? Nous pouvons le dire si nous tenons à nous conformer au langage individualiste, mais cela n'est guère utile. Que s'est-il passé en effet?
La vie élémentaire manifestée de notre culture mixte a transformé en condition n° 2, pour l'une et l'autre variété, la condition n° 1 primitivement réalisée dans le milieu ; seulement, dans ces circonstances, la variété sporogène a donné naissance à des spores capables de traverser, à l'état d'indifférence chimique, cette condition n» 2, tandis que la variété asporogène est restée à l'état d'activité chimique et, par suite, de destruction plastique.
Au bout d'un temps suffisamment long, la mort élémentaire aura donc atteint toutes les bactéridies asporogènes, tandis que les spores des bactéridies ordinaires seront res-