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Bacléridie charbonneuse, p

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mais seulement avec cette aptitude spéciale; les plastides ensemencés pourront différer par d'autres caractères sur lesquels ce passage dans le milieu en question n'aura aucune influence.

Par exemple, si nous avons injecté à un mouton un mélange de bactéridies sporogènes et de bactéridies asporogènes d'égale virulence, nous trouverons, lors de la mort du mouton, des bactéridies tant sporogènes qu'asporogènes, parce que la faculté sporogène n'a aucune influence sur l'aptitude des plastides à se développer chez le mouton ; il n'y aura pas eu se/ec //on entre les deux variétés de bactéridies par le passage à travers le mouton.

Au contraire, prenons un mélange de bactéridies asporogènes virulentes et de bactéridies sporogènes atténuées et cultivons-le dans un bouillon en présence de l'oxygène ; au bout d'une trentaine de jours, les bactéridies asporogènes auront disparu, quoique virulentes, les bactéridies sporogènes seront conservées quoique non virulentes ' , parce que la virulence n'a aucun rapport avec l'aptitude à se conserver longtemps dans une culture oxygénée en bouillon.

Il ne faut donc jamais perdre de vue que la sélection s'opère toujours entre les variétés qui diffèrent par leur aptitude plus ou moins grande à se multiplier dans les CONDITIONS CONSIDÉRÉES et seulement dans ces conditions. Plus apte ne veut pas dire plus fort, comme ont semblé le comprendre certains détracteurs de Darwin. Il y a des cas où le plus fort est le moins apte à résister...

Dans l'expérience, relatée à la page précédente, de l'injection à un mouton d'un mélange de bactéridies virulentes

1. Troisième expérience complémentaire des deux précédentes : Inoculons à un mouton un mélange de bactéridies asporogènes virulentes et de bactéridies sporogènes atténuées; dans le mouton mort nous ne trouverons plus que des bactéridies asporogènes, parce que la faculté sporogène n'a rien à voir avec l'aptitude plus ou moins grande à se développer dans le mouton, et qu'au contraire, la virulence seule iotervient dans la sélection pour ce cas particulier.

et atténuées, il n'y a pas eu persistance du plus apte, mais persistance du seul apte, puisque, en réalité, les bactéridies atténuées, mêmes injectées seules, eussent fatalement toutes disparu. Nous nous placerons dans un cas plus général, et par suite plus intéressant, en supposant que nous injectons à un mouton un mélange de bactéridies toutes virulentes, mais de virulences différentes pour le mouton.

Nous devons d'ailleurs remarquer que ce cas est très fréquent dans la pratique ; les bactéridies cultivées dans des bouillons en présence de l'oxygène, pendant assez longtemps, peuvent être et sont, en réalité, souvent soumises à des conditions n° 2 différentes dans les différents points du milieu hétérogène où elles se trouvent ; elles subissent donc des variations quantitatives qui déterminent des modifications de virulence au cours de leurs réensemencements successifs, modifications de virulence qui ne sont corrigées par aucune sélection, puisque, nous venons de le voir, la virulence n'a aucun rapport avec l'aptitude plus ou moins grande à se développer dans les bouillons oxygénés. Aussi il arrive souvent que les cultures, longtemps réensemencées à l'étuve, ont perdu en partie leur virulence. On la leur rend précisément par l'expérience qui nous occupe actuellement, le passage à travers l'animal relativement auquel on étudie cette virulence.

Nous ne pouvons parler que de virulence moyenne quand nous avons affaire à une culture contenant un mélange de bactéridies de virulence différente, mais nous nous rendons compte de ce que c'est qu'une variation de la virulence moyenne, et nous disons que cette virulence a augmenté quand la culture en observation tue plus vite le mouton. NoHS pouvons d'ailleurs en donner une interprétation, très simpliste il est vrai, en nous reportant à ce côté très restreint de la question, la substance nuisible p produite par l'activité spéciale de la substance plastique b au cours de l'assimilation.

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Soit une bactéridie virulente, contenant la quantité b de cette substance plastique ; elle produira p dans un temps déterminé de vie élémentaire manifestée ; un bactéridie atténuée ne contenant que -r- ne produira * dans le même temps

que -7-, de sorte que la bactéridie virulente et la bactéridie

atténuée produiront ensemble p + j- ou -j-, quantité

de substance nuisible que produiraient dans le même temps deux baetéridies de virulence moj^enne, contenant

* / 5 j — \ ou —^ . Pour ce que nous avons à en faire,

cette notion de la virulence moyenne est suffisante.

Eh bien ! inoculons à un mouton un mélange de baetéridies de virulence différente. Nous devons prévoir que, par définition même, les baetéridies plus virulentes prospé- •reront mieux que les moins virulentes, et que, par conséquent, la proportion des baetéridies plus virulentes dans le sang du mouton ira croissant par rapport à celle des moins virulentes, autrement dit, que la virulence moyenne augmentera; or, c'est ce que l'expérience vérifie toujours.

Prenons maintenant une goutte de sang de ce premier mouton quand il mourra, et inoculons-la à un second mouton ; la proportion des baetéridies plus virulentes ira en croissant, et, à la suite d'un nombre suffisant de passages sur les moutons, nous aurons exalté au maximum la virulence du sang charbonneux ; nous aurons eu sélection naturelle, persistance des plus aptes d'entre les baetéridies par rapport à l'organisme du mouton.

C'est à cette exaltation de virulence par sélection naturelle que se rapporte la belle expérience de MM. Pasteur,

1. Approximation assez grossière destinée à l'explication approchée du phénomène.

Charaberland et Roux sur le retour à la virulence du vaccin charbonneux i .

« Quand la bactéridie charbonneuse a été privée de toute virulence pour le cobaye, le lapin et le mouton, on peut lui restituer son activité par des cultures successives dans les corps de ces animavix. La bactéridie inoffensive pour le cobaye de plusieurs années, d'un an, de six mois, d'un mois, de quelques semaines, de plusieurs jours, peut encore tuer le cobaye d'un jour. Si alors on passe d'un cobaj^e d'un jour à un autre par inoculation du sang du premier au deuxième, de celui-ci à un troisième et ainsi de suite, on renforce graduellement la virulence de la bactéridie, ou, en d'autres termes, son pouvoir à se développer dans l'économie. Bientôt, par suite, on peut tuer le cobaye de trois et de quatre jours, d'une semaine, d'un mois, de plusieurs années ; enfin, les moutons eux-mêmes. La bactéridie est revenue à sa virulence d'origine et elle la conserve indéfiniment si on ne fait rien pour l'atténuer de nouveau '-. »

AdaptatiGxNT au milieu. — Jusqu'ici nous avons assisté à la sélection naturelle s'exerçant entre des variétés préexistantes, dans un milieu limité ; lorsqu'une espèce varie dans un milieu limité, la sélection, s'exerçant sans cesse entre les variétés produites à chaque instant, ne laisse persister que les plus aptes à vivre dans les conditions du milieu considéré, de telle sorte qu'on peut dire que la sélection guide la variation ^ et en fait une adaptation au milieu;

1. Il n'est pas inutile de faire remai'quer que cette remarquable expérience doit sa réussite au fait que la propriété de virulence de la bactéridie se trouve être de même nature pour les souris, cobayes, lapins, moutons, etc. 11 n'en est pas de même de tous les microbes pour tous les animaux; le rouget du porc, par exemple, est atténué pour le porc par les passages sur le lapin qui l'exaltent pour le lapin.

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