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Sraus, le Charbon des animaux et de l homme, p

3. Mais ce n'est qu'une manière de parler ; en réalité, la variation se fait au gré des diverses conditions n° 2 réalisées dans les milieux, et par conséquent dans des voies fort diverses. La sélection ne la guide

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c'est même là qu'il faut chercher la source de l'erreur des néo-Lamarckiciis qui voient dans cette adaptation profitable le résultat d'un effort intelligent de l'espèce elle-même.

Le dernier exemple cité du retour à la virulence d'une culture atténuée est même en réalité un exemple d'adaptation au milieu ; nous avons pu nous l'expliquer par la seule sélection naturelle en considérant la culture atténuée comme un mélange de cultures de virulences différentes, ce qui n'était pas invraisemblable comme première approximation. Une expérience de Mlle Tsiklinski ' ne permet pas de s'en tenir à cette manière de voir et démontre que ce n'est pas seulement la virulence moyenne qui est faible dans un vaccin charbonneux, mais bien la AÏrulcnce absolue de chaque bactéridie considérée individuellement ; autrement dit, qu'on ne peut admettre, dans les cultures de bactéridies atténuées, l'existence dune seule bactéridie douée du maximum de virulence.

On avait déjà pu se rendre compte, par des ensemencements fractionnés, que les différences individuelles de virulence entre les diverses bactéridies d'une culture atténuée sont beaucoup moins considérables que celle qui sépare la virulence moyenne du vaccin de la virulence ,du charbon tuant les moutons. L'expérience de Mlle Tsiklinski est encore plus décisive.

Dans ces expériences un bâtonnet isolé de vaccin très faible a donné naissance, sur plaque de gélatine, à la colonie employée pour faire les ensemencements comparatifs, ce qui permettait de ne pas tenir compte des différences individuelles préexistant dans le vaccin étudié. INIalgré cela, il y a eu renforcement graduel de virulence par des passages de lapin à lapin, de telle manière que l'on était forcé de

pas, mais fait disparaître naturellement les variétés inaptes à prospérer dans le milieu considéré.

1. Recherches sur la virulence de la bactéridie. Ann. Institut Pasteur, VI, 1892.

conclure que la virulence moyenne de la culture provenant du dernier lapin étaitp/ws grande que celle de la bactéridie isolée ayant servi de point de départ, ce qui nécessitait, dans ce dernier lapin, la présence de bactéridies individuellement beaucoup plus virulentes que la bactéridie ayant servi de point de départ. La sélection naturelle ne peut avoir suffi à produire ce résultat ; il faut que de nouvelles variations se soient produites. Ce sont ces nouvelles variations, déterminant de nouvelles variétés parmi lesquelles la sélection naturelle conserve les plus aptes, qui constituent V adaptation au milieu dans son sens le plus général.

L'expression souvent employée de retour à la virulence donne, en quelque sorte, une idée erronée du processus par lequel une bactéridie atténuée peut donner des descendants virulents: cette expression semble indiquer une transformation chimique inverse de celle qui aA^ait produit l'atténuation, ou, pour employer le langage imagé de tout à l'heure, une augmentation de la proportion de substance 6 dans les plastides.

Mais nous savons que les variations ne peuvent se produire qu'à la condition n*' 2, et condition n° 2 est synonyme de destruction plastique. Comment donc expliquer cette augmentation relative de substances b ? Evidemment par une diminution des autres substances plastiques des bactéridies.

Le milieu animal est extrêmement hétérogène, et la condition no2 peut, par suite, se produire en divers points d'une infinité de manières. Peut-être, en certains points, la substance b disparaît-elle tout à fait, et alors les bactéridies correspondantes sont condamnées à la mort élémentaire ; en d'autres points, ce sont les autres substances plastiques qui sont détruites et, en particulier, ce que l'expérience démontre, précisément par le phénomène du retour à la virulence, il y a des endroits où toutes les substances plasti-

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ques sauf 6 sont détruites plus vite que 6, de telle manière que la proportion relative de b par rapport aux autres substances bactéridiennes devienne celle d'une grande virulence ; mais si cette bactéridie ainsi modifiée se trouve ramenée par les mouvements du milieu intérieur dans un endroit où elle est à la condition n° 1, elle assimile, devient une bactéridie virulente complète, et donne naissance à des bactéridies virulentes complètes que la sélection naturelle préserve à cause de leur aptitude spéciale.

Or, précisément, dans le milieu intérieur d'un mouton, la bactéridie ne donne pas de spores, de telle sorte qu'aucune des variations ne se trouve fixée, à un moment donné, à l'état permanent. Ce sont des conditions excellentes pour que la sélection naturelle s'exerce à chaque instant et favorise la multiplication du plus apte au détriment du moins apte, et que, par conséquent, ceux des plastides qui ont subi une variation dans le sens de l'augmentation de virulence deviennent à chaque instant plus nombreux par rapport aux autres.

La virulence est donc récupérée par une bactéridie atténuée, et cependant l'expression « retour à la virulence » est mauvaise à cause du mot retour qui semble impliquer, je le répète, une transformation chimique inverse de celle qui avait produit l'atténuation. En réalité, la bactéridie virulente récupérée diffère peut-être plus de la bactéridie virulente initiale, au point de vue des proportions des quantités de substances plastiques, que la bactéridie atténuée intermédiaire ; elle n'en est plus voisine qu'au point de vue de l'abondance de la substance 6^ mais elle peut en ■être plus différente au point de vue des autres substances plastiques pour lesquelles nous n'avons pas de réactif aussi sensible que la virulence.

1. Je conserve cette forme de langage comme plus frappante, quoiqu'elle s'appuie en réalité sur une hypothèse qui n'est que vraisemblable.

J'insiste avec intention sur cette remarque qui a une importance générale en biologie. On est trop souvent tenté de croire à la réalité du retour au point de départ dans ce qu'on appelle les cycles évolutifs ; nous le verrons amplement plus tard. Je reviens aussi, à propos de ce phénomène du retour à la virulence, sur la nécessité de ne jamais oublier que la sélection naturelle détermine la survivance du mieux adapté aux conditions considérées. Par exemple, des conditions chimiques analogues ^ à celles qui sont réalisées dans le sang d'un animal seront réalisées dans le sérum extrait de cet animal, mais l'aptitude à se développer dans le sérum est à'un autre ordre que l'aptitude à se développer dans l'animal ; la lutte avec le milieu est différente dans les deux cas^ ; dans le second, elle est en rapport direct, par définition même, avec l'augmen-

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