Et non identiques
2. Autre exemple très caractéristique : « Le rouget du porc peut aussi se communiquer au pigeon et au lapin ; si on inocule dans les muscles pectoraux d'un pigeon, le microbe du rouget pris sur un porc malade, le pigeon meurt en six à huit jours.
«... Le sang de ce premier pigeon inoculé à un second, le sang de celui-ci à un troisième et ainsi de suite, la maladie s'acclimate sur le pigeon, le rend plus rapidement malade, le tue plus vite, et le sang du dernier pigeon, reporté sur le porc, y manifeste une virulence supérieure à celle des produits les plus infectieux d'un porc mort du rouget même spontané. II y a donc ici augmentation de la virulence pour le porc en passant à travers le pigeon. Le maximum auquel atteint un virus par un passage sur une race n'est donc pas toujours le maximum pour la race.
« Voilà le cas de l'augmentation, voici maintenant le cas de l'atténuation sur lequel je veux surtout appeler l'attention.
M Remplaçons le pigeon par le lapin dans cette série d'expériences. Le microbe s'acclimate encore sur le lapin, tous les lapins meurent.
« Vient-on à inoculer aux porcs le sang des derniers lapins par comparaison avec celui des premiers de la série, on constate une diminution progressive de la virulence. Bientôt le sang des lapins, inoculé aux porcs, ne les tue plus. » (Duclaux, Pasteur, p. H82.) Il faut se garder d'attribuer au mot virulence un valeur absolue ; il faut dire virulence pour le lapin, virulence pour le pigeon. Avec cette réserve des CONDITIONS CONSIDÉRÉES, Ics observations précédentes, loin d'infirmer le principe de la sélection, en sont une démonstration éclatante.
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tation de virulence, dans le premier elle ne l'est pas; aussi, dans le second cas, elle se traduit par une virulence; dans le premier, par des variations que nous ne savons pas constater et qui peuvent correspondre à des virulences différentes...
Les considérations précédentes montrent l'extrême complexité de la question des variations et en même temps l'utilité immense du principe de Darwin qui nous sert de fil d'Ariane à travers tous ces dédales. Chaque fois qu'il semble en défaut, c'est quil y a eu analyse incomplète du phénomène.
J 'ai dû emprunter tous les exemples de variation quantitative chez les monoplastides aux faits d'atténuation ou d'exaltation de virulence, parce qu'il n'existe aucune autre série de variations des monoplastides pour l'étude desquelles nous ayons un réactif d'une sensibilité comparable à celle de l'infection des animaux supérieurs. Plus tard, dans l'étude des êtres polyplastidaires, nous trouverons un réactif encore plus sensible des variations des œufs dans le développement même qui a ces œufs pour point de départ ; mais partout le principe de Darwin nous sera un auxiliaire incomparable pour l'interprétation des faits.
Ce qu'il faut retenir, en résumé, de l'ensemble de ce chapitre, c'est le principe de l'adaptation au milieu. Peut-être, dans certains cas, l'adaptation est-elle immédiate, comme nous avons dû le supposer au commencement du chapitre sur la variation, dans le cas d'une variation qualitative qui fait que l'ensemble a' b' c' d' e' f se trouve à un moment donné être un plastide et un plastide nouveau qui rencontre la condition n° 1 dans le milieu où il s'est formé. Mais ce cas est probablement rare, tandis que celui d'une variation qualitative ou quantitative guidée par la sélection naturelle et devenant ainsi adaptative est la règle la plus ordinaire.
Je n'ai parlé que de la sélection s 'exerçant entre des va-
riétés de même espèce, parce que c'est surtout à ce genre de sélection que nous aurons affaire dans l'étude du développement individuel des êtres polyplastidaires, mais la sélection naturelle se produit de la même manière entre espèces différentes ^