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CARACTERES TOPOGRAPHIQUES

l'autre une grenouille ; le développement est, nous l'avons vu, un réactif très sensible qui met en évidence des différences minimes dans la constitution des œufs.

Il y a cependant assez de ressemblance générale, entre les deux espèces considérées, pour que leur anatomie soit grossièrement similaire, et, si, en un point de la grenouille, je trouve un muscle, je trouverai aussi un muscle au point correspondant du crapaud.

Eh bien, j'arrache un muscle à la grenouille, et le muscle homologue au crapaud ; je prends dans la même région de ces d'eux muscles deux éléments musculaires. Ces deux éléments présenteront des ressemblances morphologiques incontestables ; un élève peu habitué à l'histologie ne pourra manquer de reconnaître au microscope l'élément musculaire du crapaud s'il connaît celui de la grenouille ; bien plus ! il ne saura pas les distinguer l'un de l'autre! et cependant l'un d'eux est de l'espèce crapaud i, l'autre est de l'espèce grenouille. C'est donc que les caractères topographiques sont plus frappants que les caractères spécifiques ; on reconnaît plus facilement la variété du tissu que sa nature spécifique.

Ce fait que le caractère topographique est morphologiquement plus saillant que le caractère spécifique, donne une importance nouvelle au principe de la corrélation. C'est lui qui nous conduit à la notion des types ou plans d'organisation dans les grands groupes du règne animal et à la notion morphologique de l'homologie. Des points correspondants chez un crapaud et une grenouille sont des points situés à peu près de la même manière par rapport au squelette de membres accomplissant des fonctions équivalentes. Les conditions réalisées en ces points le sont précisément à chaque instant par la nature de la fonction à accomplir, et il se trouve que deux plastides d'espèces différentes qui

1. Voyez plus haut la définition de l'espèce des plastides, p. 58.

accomplissent la môme l'onction se ressemblent beaucoup.

Cette remarque est la base de l'anatomie comparée ; elle permet de donner des noms aux tissus indépendamment de l'espèce à laquelle ils appartiennent et de dire : il y a tant de tissus : le tissu épithélial, le tissu musculaire, le tissu nerveux, etc..

C'est aussi cette remarque qui nous permettra de comprendre le principe de Fritz Millier, c'est-à-dire le parallélisme établi entre l'embryologie et la généalogie.

J'ai généralement choisi mes exemples dans le règne animal, parce que le but de toutes les recherches biologiques étant, somme toute, la compréhension de la nature humaine, les animaux nous intéressent plus immédiatement que les végétaux ; mais tout ce j'ai dit dans les pages précédentes s'applique aussi bien aux plantes qu'aux bêtes.

La différence entre les deux règnes se réduit à la suivante : parmi les substances du terme R de l'équation de la vie élémentaire manifestée, il y en a une, hydrocarbonée, la cellulose, commune à tous les végétaux, et qui encroûte les cellules au moment même de leur formation de manière à emprisonner chaque plastide dans des cloisons rigides. Une fois le plastide végétal formé, il se trouve donc morphologiquement invariable, quoi qu'il arriA^e,ouàpeu près. C'est là une grande différence avec les plastides animaux qui conservent au contraire, malgré leurs cloisons de substances R, une grande dose de variabilité morphologique. Au point de vue des effets d'ensemble, chaque plastide végétal se trouve donc isolé de son voisin, et la contraction du protoplasma dans les cellules végétales ne donne pas de mouvement d'ensemble aux branches.

De toutes les manières, la vie élémentaire manifestée des divers plastides constituant un végétal est plus isolée, plus indépendante que celle des éléments histologiques animaux. Il y a cependant différenciation histologi({uo, comme nous avons vu que cela devait se produire pour tous les

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