‹ Evolution individuelle et héréditéChapitre 5 sur 117 · V. en particulier Lamarckiens el Darwiniens (F. Alcan · texte numérisé non relu

V. en particulier Lamarckiens el Darwiniens (F. Alcan

que les cellules ne sont pas les plus petits éléments vivants entre lesquels choisit la sélection naturelle ; j'en suis venu à appliquer la sélection naturelle aux éléments constitutifs des cellules, à ce que j'ai appelé depuis « les plus petits ouvriers de l'assimilation ». Alors, pourvu que ces petits éléments aient la propriété fondamentale de vie élémentaire, l'être qui en est composé, même s'il se réduit à une simple cellule, peut être l'objet d'une adaptation individuelle du genre lamarckien, uniquement parce que la sélection naturelle s'exerce entre ses plus petits éléments constitutifs variant au hasard.

Les physiciens ont donné l'exemple de cette méthode qui consiste à découvrir les lois des phénomènes se passantàune échelle donnée en partantdu chaos réalisé à une échelle inférieure ; par exemple, la loi de Mariotte est une conséquence directe de la théorie cinétique des gaz, dans laquelle on attribue des propriétés tout à fait chaotiques aux molécules gazeuses. La loi des grands nombres, nécessité arithmétique dont Bernouilli a donné l'explication, permet de passer sans peine de l'idée de hasard à celle de loi; il n'y a pour cela qu'à monter un degré de l'échelle des grandeurs. J'ai généralisé cette méthode dans un livre récent ' ; dans celui pour lequel j'écris cette nouvelle préface, j'avais, sans me douter que c'était là une méthode générale, appliqué ce genre de raisonnement à la démonstration de la transmission héréditaire des caractères acquis. Je n'ai pas oublié, après quinze ans, la joie que me causa la découverte de cette démonstration qui dérivait immédiatement de la

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