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LIVRE IV

L'HÉRÉDITÉ CHEZ LES ÊTRES POLYPLAST IDAIRES

Il suffirait de pousser à l'extrême les conclusions de l'étude de la cicatrisation et de la régénération pour avoir une première notion de l'hérédité ; nous avons vu que, si l'on divise en deux parties certains organismes polyplastidaires, chacune des deux parties est capable de régénérer l'individu tout entier; si cela était vrai partout et toujours on en conclurait naturellement, en passant à la limite, que lorsque cette division de l'organisme A le partage en deux segments aussi inégaux que possible, l'élément histologique a et le reliquat (A — a), chacun des deux segments est capable de reproduire l'organisme entier : en d'autres termes, tout élément histologique séparé de l'organisme polyplastidaire est capable de reproduire un organisme semblable.

Mais il est certain qu'un tel raisonnement laisserait

subsister le doute dans l'esprit, surtout à cause du grand nombre d'êtres chez lesquels la régénération ne se fait pas ou ne se fait que pour une partie amputée très restreinte. Chez de tels êtres, la mort est fatale pour une petite parcelle détachée de l'organisme, et la mort élémentaire assurée pour un plastide isolé de l'agglomération, au moins dans la plupart des cas ; or, la cicatrisation ou régénération ne se fait que dans une agglomération restée vivante.

Cette manière d'arriver à la notion de l'hérédité est donc artificielle et incomplète, et cependant le fait qu'elle annonce se vérifie chez un grand nombre d'êtres inférieurs, tous ceux dont les plastides, isolés de l'agglomération, peuvent trouver réalisée la condition n» 1 dans le milieu extérieur où vivait l'agglomération polyplastidaire d'où ils proviennent. Nous arriverons bien plus logiquement à l'hérédité en cessant momentanément d'attacher de l'importance à l'individu formé par l'agglomération polyplastidaire et en nous occupant seulement des plastides qui le constituent.

Pour éviter de compliquer la question dès le début, nous ferons abstraction, en commençant, des phénomènes de sexualité et de fécondation, ou plutôt, nous bornerons nos considérations générales sur l'hérédité aux êtres dont la reproduction se fait par spores ou par œufs parthénogénétiques. Ce n'est pas le cas pour le poulet que nous avons déjà pris comme exemple de développement individuel, mais nous avons choisi cet exemple uniquement parce qu'il présentait au maximum de complexité la coordination générale au moment de l'éclosion, et aussi parce qu'il était familier à tous. Bien d'autres animaux auraient fourni un exemple aussi valable , moins la complexité , et j e pourrais répéter pour telle ou telle reproduction parthénogénétique ayant lieu, dans certaines conditions de milieu, chez certains insectes, tout ce que j'ai dit plus haut pour le développement de l'œuf de poulet. Je ne choisirai pas d'exemple précis, me

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bornant à appeler A l'être polyplastidaire qui provient du plastide initial a par une série de phénomènes absolument comparables à ceux que j'ai décrits plus haut pour le poussin.

Soit donc a un plastide initial (spore ou œuf parthénogénétique) composé, qualitativement et quantitativement, de l'ensemble de substances plastiques a fi y 5 e C ^i 9- Dans les <;onditions où le développement a lieu \ ce plastide a donne naissance par bipartitions successives à un organisme A pouvant être très complexe, comme nous l'avons vu plus haut pour le poussin, et composé de variétés quantitatives •Qi Gi.-.y Qn» éléments histologiques différant de a uniquement par les proportions des substances plastiques qui les constituent.

Que des plastides tels que a existent, capables de donner lieu à des développements aussi complexes dans des conditions très simples à réaliser, nous n'avons pas à nous en occuper ici; ce chapitre est consacré uniquement à l'hérédité et non à la formation des espèces, et le problème de l'hérédité des caractères congénitaux est simplement le suivant : étant donné qu'il existe un plastide a dont le développement dans certaines conditions faciles à réaliser donne naissance à l'agglomération complexe A, comment se fait-il qu'il apparaisse dans A des plastides identiques il a ?

Si, au cours du développement, les bipartitions se faisaient sans cesse à la condition n" 1, tous les éléments histologiques sans exception seraient identiques à a, sauf peut-être quelques variations morphologiques apparentes, dues, comme nous l'avons vu plus haut^, aux conditions mécaniques réalisées dans le milieu. Chacun des éléments histologiques serait donc susceptible de donner, dans les conditions requises pour le développement de a, un déve-

1. Voyez plus haut ce qui est relatif à l'œuf du poulet, p. y.'.

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