Sauf encore les plastides incomplets, .s'il y en a
148 L HÉRÉDITÉ CHEZ LES ÉÏHES POLYPLASTIDAIRES
La première hypothèse que les phistides initiaux de tous ces êtres sont de même espèce plastidaire tombe d'elle-même ; l'étude des substances K, quoique relativement peu avancée encore, l'est suffisamment pour prouver qu'il y a des différences qualitatives incontestables entre des espèces notablement différentes, le crapaud et le chien par exemple.
De même, en comparant des espèces éloignées comme le crapaud et le chien on constate des différences qualitatives entre deux tissus de même nom, musculaires par exemple. Mais ces différences qualitatives constatées dans les deux tissus homologues, sont-elles dues à des différences qualitatives entre les deux substances m correspondantes? ou bien, ces deux substances m sont-elles identiques, et les différences constatées tiennent-elles aux substances existant dans le muscle conjointement avec m, mais appartenant au groupe hypothétique des substances autres que celles dont le rôle est important dans la différenciation histologique des individus de ces espèces ? On comprendrait difficilement que de telles substances, indifférentes dans la différenciation histologique, eussentune influence morphogénique assez considérable pour occasionner des divergences aussi grandes que celles qui existent entre le développement d'un crapaud, celui d'un requin et celui d'un chien.
Il est donc plus vraisemblable d'admettre (mais c'est là une hypothèse, il ne faut pas l'oublier), qu'il y a des différences spécifiques entre les substances correspondantes m chez le crapaud, la grenouille, le pigeon, le chien c'est-àdire qu'il y a une substance m^ (crapaud), une substance nig (grenouille), une substance nip (pigeon) et que les substances nie, ^g 6t mp ont des caractères communs et des caractères différentiels. Nous connaissons, en chimie organique élémentaire, assez de familles de substances qui ont des caractères communs et des caractères individuels pour
ne pas nous étonner de trouver des familles semblables dans des composés aussi complexes que les substances plastiques ; il y aurait la famille musculoplastique (substances ayant des caractères spécifiques propres et le caractère commun de la contractilité), la famille nervoplastique, etc.
Les substances d'une même famille auraient des propriétés chimiques analogues, et, ce qui est très naturel, des propriétés morphogéniques voisines, de telle sorte que deux plastides d'espèce différente dans lesquels prédominerait une substance d'une même famille, musculoplastique par exemple, auraient des caractères morphologiques voisins comme leurs caractères physiologiques.
Jusqu'à présent 1, nous avons cité, seulement pour mémoire, les substances plastiques apySe^viô, qui constituaient unplastide , et nous avons fait uniquement la remarque que, d'après les résultats des expériences de mérotomie ^^ l'assimilation possible dans un tel plastide, pourvu qu'il fût dans un milieu réalisant pour lui la condition n°l, devenait de toute impossibilité, quel que fût le milieu, si l'on pratiquait mécaniquement ou chimiquement l'ablation totale d'une des substances plastiques constitutives ^. Peutêtre existe-t-il des monoplastides dans lesquels on trouve des groupements tout à fait quelconques de substances ctp y ù e ^7\ fi^ mais il devient certain pour nous, actuellement,
1. Sauf cependant dans le cas de la substance hypothétique b, dont la prédominance entraînait l'augmentation de virulence de la bactéridie. Voyez plus haut, p. 26.