Voyez, page 22, Atténuation de virulence
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caractère quantitatif déterminé ; nous avons dû croire, par exemple, que deux bactéridies charbonneuses, de même virulence pour le mouton, peuvent être différentes à un autre point de vue, par suite de tel autre rapport de proportionnalité entre leurs substances plastiques, autrement dit que deux bactéridies charbonneuses de même virulence peuvent être de race différente.
Ceci n'est pas une simple hypothèse et je vais en donner un exemple très probant, emprunté à la bactéridie charbonneuse.
Nous avons vu qu'il suffit de maintenir à 42» et demi une culture obtenue en semant du sang charbonneux dans du bouillon de veau légèrement alcalin pour que, même en présence de l'oxygène, les bactéridies de cette culture ne donnent pas de spores; c'est même sur cette absence de sporulation qu'est fondé l'atténuation de virulence dans les conditions considérées.
S'il ne se forme pas de spores à cette température, c'est que les conditions ne sont pas convenables pour mettre en évidence la propriété de sporulation de la bactéridie, mais cette propriété n'en existe pas moins, puisque les spores apparaissent normalement si l'on abaisse la température à 30'^. Or, MM. Roux et Chamberland ont découvert que les bactéridies cultivées assez longtemps dans un
bouillon additionné de ^-âââ de bichromate de potasse, non
seulement ne sporulent pas, mais même perdent définitivement la faculté de sporulation qu'elles ne retrouvent plus jamais ensuite quand on les cultive dans des bouillons oïdinaires, ou qu'on les inocule à des animaux variés pour les cultiver ensuite dans un bouillon quelconque, à quelque température que ce soit.
L'existence de cette race de bactéridie charbonneuse asporogène est assez importante au sujet de l'hérédité pour que je croie devoir reproduire ici les renseignements pré-
cis donnés depuis sa découverte par M. Roux ' sur un procédé qui permet de la reproduire aisément en remplaçant le bichromate de potasse par l'acide phénique :
« Dans des tubes à essai contenant du bouillon de veau légèrement alcalin, on ajoute des quantités variables d'eau
phéniquée, de façon que le premier contienne .-ttkkç. d'acide
phénique, le second îtj-qqâi et ainsi de suite jusqu'au dixième
tube qui renferme . ^ d'antiseptique. Ainsi un tube quel-
conque de la série renferme ^ d'acide phénique de plus
que celui qui le précède immédiatement; un onzième tube contenant 10 centimètres cubes de bouillon pur sert de témoin. Le volume du liquide est de 10 centimètres cubes dans tous les tubes; ceux-ci, ainsi préparés, sont stérilisés à l'autoclave par un chauffage à 115°. Pour éviter toute perte d'acide phénique pendant la stérilisation, il est bon de fermer les tubes à la lampe au-dessus du coton dont ils sont munis. Après refroidissement, l'extrémité supérieure des tubes est coupée ; ceux-ci sont ensemencés avec une gouttelette du sang d'un animal qui vient de succomber au charbon. Il faut avoir soin, en faisant l'ensemencement, de ne pas mettre de sang sur la paroi, mais de déposer la gouttelette au sein même du liquide, de façon qu'elle tombe rapidement au fond du tube et qu'aucune bactéridie ne puisse échapper à l'action de l'antiseptique.
« Les tubes ensemencés sont mis à l'étuve à la température de 30 à 33°. Les bactéridies se développent d'autant plus lentement que la dose d'acide phénique est plus forte-. La culture est toujours moins abondante dans les bouillons
1. E. Roux, Bactéridie charbonneuse asporogène. .\nn. Inst. Pasteur, IV, 1890.
2. Condition n" 2 de plus en plus destructive, superposée à la condition n" 1 comme dans l'action chlorophyllienne. (Voyez plus haut, p. 86.)
160 l'hérédité cniîz les êtres polyplastidaires
phéniqués que dans les bouillons ordinaires^, elle se fait en général en flocons qui restent dans la profondeur, si on n'agite pas les tubes : d'autres fois, le développement se produit dans toute la masse du liquide et lui donne un aspect trouble ; c'est surtout chez les tubes les plus riches en antiseptique que cette apparence se produit.
« Il faut éviter que la bactéridie vienne se cultiver à la surface du liquide en formant une couronne adhérente à la paroi du verre. Les bacilles qui croissent ainsi au large contact de l'air, en dehors du liquide antiseptique, ne tardent pas à donner des germes, principalement dans les tubes les plus pauvres en acide phénique. Lorsque ces flocons superficiels se produisent, on les immerge en agitant
un peu. Le bouillon à " d'acide phénique reste stérile
et les bacilles ensemencés y meurent rapidement.
« Après huit à dix Jours, on prélève un peu de la culture dans chacun des tubes et on chauffe pendant quinze minutes à 65°, puis on sème cette portion chauffée dans du bouillon de veau ordinaire. Dès le lendemain, les ense-
mencements faits avec le tube témoin et le tube à rTr-rrrrr se
montrent fertiles. Ceux faits avec le tube à — -— et le
tube à .-TT-p-TT- donnent souvent une culture les jours suivants. lU.OOU •' '
mais les autres restent inféconds pour la plupart et montrent ainsi que la bactéridie ensemencée était sans spores "2.