Même raison que dans la note précédente
2. Parce que les spores eussent résisté ù 65», « la proportion d'antiseptique nécessaire pour empêcher la formation des spores varie avec la composition du bouillon, l'origine de la bactéridie, la facilité d'accès de l'air dans la culture. C'est pour cela i|u'on prépare toute une série de tubes qui ne dilïèrent entre eux que par de très faibles quantités croissantes d'acide phénique. Il y a souvent des résultats imprévus dans ces expériences ; on voit, par exemple, un tube à
„ d'acide phénique ne pas donner de spores tandis qu'un autre
La bactéridie ne perd pas subitement la faculté de faire des spores ; si on la retire du milieu antiseptique après trois ou quatre jours de culture seulement, elle donne des germes quand on l'ensemence dans un bouillon non antiseptisé. Pour qu'elle deviennne asporogène, il faut que le contact avec l'antiseptique soit assez prolongé. »
A part la faculté de faire des spores, les bactéridies traitées comme nous venons de le voir ne perdent aucune autre de leurs propriétés importantes. Elles n'ont pas exactement la même virulence ' ; mais elles la récupèrent absolument, comme nous le verrons ultérieurement, quand elles ont passé à travers un certain nombre de cobayes et de lapins, ce qui ne les empêche pas de rester asporogènes.
L'aspect des cultures de bactéridies asporogènes est assez semblable à celui des cultures de bactéridies ordinaires. Il y a cependant quelques petites différences à signaler : « Dans le bouillon elle donne des flocons plus faciles à désagréger ; les filaments sont moins longs, ils sont aussi un peu plus grêles-, ils contiennent souvent dans leur intérieur des grains réfringents plus petits que les spores et ne résistant pas à la chaleur... Cultivés sur la gélatine, les bacilles asporogènes nous ont paru la liquéfier moins rapidement que les bacilles virulents ordinaires. Le bouillon dans lequel poussent les bactéridies sans spores se colore moins à l'étuve et donne des cristaux de phosphate ammoniaco-
en contiendra, bien que tous deux aient été ensemencés
avec le même sang charbonneux » (différences individuelles pi'éexistantes).
1. Parce que, au cours des conditions n° 2 qui ont déterminé la variation asporogène, il a pu s'en produire d'autres qui ont fait varier la virulence
2. Il est très intéressant de noter ces légères variations morphologiques et les variations physiologiques exposées dans les lignes suivantes, comme accompagnant la variation quantitative à laquelle est due la race asporogène de la bactéridie charbonneuse.
Le Dantec. — Évolution individuelle. 11
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magnésien moins abondants que celui qui a nourri le charbon ordinaire. » {Roux, Bactéridie charbonneuse asporogène, op. cit.)
Ce qu'il y a de plus intéressant pour nous dans l'histoire de la bactéridie asporogène, c'est que, en dehors de ce caractère asporogène très spécial, la race ainsi obtenue * est susceptible de toutes les variations quantitatives que nous connaissons chez les bactéridies ordinaires et en particulier de toutes les variations de virulence (atténuation, exaltation) sans perdre le caractère asporogène. Toutes les bactéridies qui dérivent d'une bactéridie asporogène sont asporogènes, quelle que soit la série d'alternatives de condition n» 1 et de condition n» 2 qu'elles aient traversée.
Désignons par -k le caractère quantitatif spécial de la race asporogène; nous voyons que la race caractérisée par -Jt conserve ce caractère tt malgré les variations quantitatives qui modifient la virulence ; le caractère de race peut donc rester constant à travers de nombreuses variations quantitatives (d'un ordre différent de celles qui atteignent le caractère de race). Dans le cas de la bactéridie asporogène, ce caractère de race est de toute évidence^ mais nous sommes en droit de supposer qu'il en existe d'autres chez les bactéridies, des caractères $, «f» etc., indépendants comme Tt de la virulence, et que nous ne remarquons pas parce que nous ne savons pas assez de chimie pour les remarquer, et il est très logique de supposer que deux bactéridies d'une virulence donnée dérivant d'un même ancêtre se ressemblent plus (par un caractère tc, Ç, <]/»
1. Reportons-nous aux conclusions auxfjuelles nous avons été amenés précédemment pour l'explication de la genèse des spores (ch. u). Nous serons conduits à considérer la race asporogène comme résultant de la disparition progressive (peut-être même totale puisque le retour à la race sporogène n'a pas encore été réalisé) de celle ou celles des substances plastiques dont l'activité spéciale produisait la substance K qui déterminait, par son accumulation dans la membrane cellulaire, la contraction des substances plastiques et leur passage à la condition n° 3.
indépendant de la virulence et n'ayant pas été altéré par les conditions n° 2) qu'elles ne ressemblent à une autre bactéridie de même virulence dérivant d'un autre ancêtre dépourvu du caractère -k, ^, (f» communaux deux premières. En dehors du cas spécial du caractère asporogène -k dont nous connaissons la constance, ce que je viens de dire est hypothétique pour la bactéridie charbonneuse, mais ne l'est plus le moins du monde pour les êtres polyplastidaires dont le développement est, nous le savons, un réactif si admirablement sensible des propriétés chimiques du plastide initial correspondant.
Voici, par exemple, les plastides initiaux de deux pigeons, un ciilbuiani courte face et un grosse gorge. Ces deux plastides initiaux sont de même espèce, nous le savons : le développement de l'un et de l'autre donne un pigeon. Si nous suivons, plastide à plastide, le résultat de la différenciation cellulaire qui prend place au cours du développement de chacun d'eux, nous constatons des phénomènes tout à fait comparables, la formation de variété» quantitatives constituant les éléments des divers tissus^ éléments tellement semblables de l'un à l'autre pigeon qu'il nous est impossible de les distinguer ; nous avons déjà été amenés à comparer cette différenciation histologique quantitative à la variation de virulence de la bactéridie charbonneuse. Mais alors, l'exemple de la bactéridie asporogène nous porte à croire que si les deux plastides initiaux diffèrent par un caractère l chez le premier et un caractère <!/ chez le second, et si d'autre part ces caractères \ et 'f sont indépendants des variations quantitatives qui donnent naissance aux caractères topographiquesdes tissus musculaires, nerveux, génital, etc., ces caractères ; et 4* persisteront dans tous les éléments histologiques comme le caractère asporogène persiste dans lesbactéridies de virulences diverses. Et, en effet, l'œuf du premier différera de l'œuf du second par les mêmes carac-
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tères qui distinguaient les plastides initiaux précédents, puisque le développement de l'un donnera un culbutant courte face, le second un grosse gorge. Nous ne pouvons faire cette vérification que pour les éléments du tissu génital, puisque, pour eux seuls, nous possédons le réactif extrêmement sensible du développement ; mais tout ce que nous avons appris jusqu'à présent nous autorise à affirmer que les mêmes caractères de race $ et ^ existent, au même degré, dans tous les éléments des tissus, quelque différenciés qu'ils soient.
C'est ce qui constitue l'hérédité des caractères de race; tous les éléments histologiques d'un animal sont de même race que le plastide initial de cet animal ^ : cela a lieu en particulier pour les éléments du tissu génital, et c'est cela qui nous frappe le plus à cause du développement.
1. Sous réserve des caractères acquis que nous étudierons ultérieurement.