Delage, op. cit., p
absolus eux-mêmes seraient fixes. Une riche statistique a montré en effet (Thury) que l'œuf jeune tend à produire une femelle, l'œuf vieux à produire un mâle. Le spermatozoïde jeune tend à produire un mâle, le spermatozoïde yieux à produire une femelle.
« Avec ce principe, l'autorégulation ne peut manquer de s'établir, car s'il y a peu de mâles, ils féconderont souvent et leurs spermatozoïdes seront toujours jeunes, tandis que, si les femelles sont trop nombreuses, elles seront rarement fécondées et leurs œufs seront vieux, double condition pour qu'il naisse des mâles. Dans le cas inverse, l'inverse se produit... A la théorie de Dûsing, Haacke objecte que si le garçon provient de la fécondation d'un vieil œuf par un jeune spermatozoïde, il a toute raison de ressembler à son père et, inversement, la fille provenant de la fécondation d'un jeune œuf par un vieux spermatozoïde devrait ressembler à sa mère. Or les ressemblances croisées sont aussi fréquentes, sinon plus, que les ressemblances directes. » Il y a dans cette condition de Haacke une confusion entre les conditions de vieillissement qui détruisent les substances sexuelles m et /", et celles qui détruisent les substances p q r; ces conditions peuvent être différentes, ainsi que nous l'avons déjà dit plus haut.
Toutes les variations quantitatives qui se produisent à la condition n"* 2 peuvent influer sur le sexe et sur la ressemblance ; or il semble d'abord que, dans le cas de reproduction parthénogénétique, le sexe doit être héréditaire puisque nous avons dû considérer tous les éléments histologiques d'un individu comme étant du même sexe, c'est-à-dire comme ayant tous le caractère quantitatif m> f ou m < /". Il est évident, si l'on y réfléchit, que des conditions n" 2 peuvent, cependant, amener des variations quantitatives dans les éléments au point de transformer en élément mâle m > /*un élément femelle m </*, Et, en effet, quoique le plus souvent les femelles engendrent parthéno-
188 l'hérédité chez les êtres polyplastidaires
génétiquement des femelles, on connaît des cas où elles engendrent des mâles; cela a lieu par exemple dans des conditions déterminées de saison ou de nutrition pour certains insectes arthropodes ^..
Il y a enfin des cas où le sexe varie môme au cours du développement, au gré des conditions n"2 qui résultent des hasards de la nutrition ou des circonstances ambiantes. On sait que des expériences faites sur certaines chenilles ont permis d'en faire à volonté des mâles ou des femelles suivant les conditions de milieu réalisées autour d'elles ; il ne faut pas dire pour cela que l'œuf d'où elles provenaient n'avait pas de sexe déterminé, mais que le sexe a été modifié par des variations quantitatives ultérieures ^.
Croisements. — Il est inutile d'insister longuement ici sur les phénomènes de croisement, de métissage, qui sont étudiés dans tous les traités de zoologie; quelques considérations très générales suffiront pour le sujet qui nous occupe.
Soit M + F, un plastide complet de l'espèce A dont M est l'élément mâle et F l'élément femelle. Soit de même M' + F' un plastide complet de l'espèce A'.
Il est ordinaire qu'une union soit mécaniquement impossible entre M et F' ou entre M' et F (accouplement ne pouvant se faire, chimiotaxie négative de M par rapport à F' ou de M' par rapport à F) ; mais, dans le cas où une conjugaison est mécaniquement possible, les groupements M -\- F', M' -f- F peuvent être ou n'être pas des plastides complets. Dans le dernier cas, quand les espèces A et A' sont incom-
1. L'œuf parlhénogénétique donne le plus souvent des femelles chez les pucerons et les daphnies. Chez les abeilles il donne toujours un mâle.
2. La nourriture, suivant qu'elle serait d'une dyssymétrie doito ou gauche, pourrait, par exemple, expliquer une augmentation plus ou moins grande des substances plastiques droites ou gauches, dans notre hypothèse de la nature dissymétrique du sexe. Voyez Sexe el dissyniétrie moléculaire. C. H. Acad. se. Paris, 17 janvier 1898.
patibles au point de vue de la fécondation, le groupement M + F', par exemple, est toujours à la condition n° 2 et se détruit. Dans le premier, au contraire, quand les espèces A et A' sont compatibles au point de vue de la fécondation, le groupement M + F' constitue un plastide complet, UN OEUF duquel résulte un être qui a naturellement certains rapports avec A et A'.
Tout ce que nous avons vu précédemment nous prouve que, si la fécondation est mécaniquement possible, elle donnera toujours un plastide complet quand elle s'exercera entre deux individus d'une même espèce ^ quelle que soit leur variété quantitative. Entre deux individus d'espèces différentes elle sera possible ou impossible suivant les cas, sans qu'on puisse le prévoir a priori par le raisonnement,
1. Cela met d'accord notre définition de l'espèce avec celle qui est le plus souvent adoptée et qui est basée sur la possibilité d'une union féconde entre le mâle et la femelle.