Delage, rilérédilé, op. cit., pp
2. Pour expliquer la distribution des différentes substances plastiques dans l'œuf ou dans un plastide quelconque, il y aurait peut-être lieu de répéter pour ces différentes parties du plastide les raisonnements que nous avons faits plus haut pour expliquer le rôle de la sélection naturelle dans la distribution des éléments histologiques adaptés aux difl'érents points de l'orf^'anisme métazoaire.
3. Vie élémentaire manifestée. (V. Théorie nouvelle de la vie, 1. 11.)
4. 11 faut bien s'enlendre sur ce qu'on entend par changements ; si l'on considère le plastide dans son entier, il y a lieu en eftel de croire que des changements s'y produisent à cause de l'accumulation des substances R et de l'usure de certaines substances de réserve ; anais si l'on considère les substances plastiques seulement, on doit
« Le plasma germinatif n'est donc pas un noli me tan- ^ere si délicat ; il peut subir des modifications et se retrouver identique à lui-même après une évolution cyclique ' Les proportions de ses substances peuvent varier'' sans que la variation ainsi produite soit indélébile. L'alcool, les substances médicamenteuses ou les toxines microbiennes affectent profondément les cellules de certains tissus et changent, non seulement leur constitution chimique et leurs propriétés, mais, par leur action morphogène, influent parfois sur leurs caractères physiques, et cependant, quand ces substances sont éliminées, elles ne laissent souvent aucune trace de leur passage 3. Il n'est donc pas impossible que les cellules des lignées germinales présentent un degré plus ou moins avancé ^ de différenciation et restent cependant capables de reformer les éléments sexuels.
« ... Pour expliquer la différence entre le Germen immortel et le Sonia mortel, Spencer invoque la suffisance -ou l'insuffisance de la nutrition, Bûtschli le renouvellement ou l'épuisement d'un ferment ; Lendl propose sa théorie du ballast, et tous ont recours à la sélection naturelle '' et à l'avantage, pour l'espèce, de ne pas consen^er un corps usé et incapable de se reproduire.
-admettre qu'à la condition n° 1, elles ne subis=enl aucune variation ; à la condition n° 2, si elle n'est pas trop prolongée, elles subissent une variation quantitative; la variation qualitative est probablement tout .à fait exceptionnelle.
1. Vojez plus haut, ch. vin, ce qu'il faut entendre par l'évolution dite cyclique, et quel y est le rôle des substances R.
2. Mais c'est précisément cette variation qui produit la différenciation histologique. (Voyez plus haut la Variation quantitative.)
3. Mais alors ce n'est plus une variation au sens propre du mot, puisqu'elle ne porte pas sur les substances plastiques; ce n'est qu'une variation apparente. (V. plus haut, ch. m.)
4. Mais la question est de savoir si cette différenciation est due à une variation apparente ou à une variation vraie; dans le premier cas, <:ela reviendrait à la théorie du ballast de Lendl; dans le second il y a variation quantitative guidée par la sélection. (V. ch. iv.)
5. La sélection naturelle, qui explique tant de choses en biologie, se trouve ici appliquée d'une manière fautive. Il est inutile, pour expli-
2M FAITS ET THIÎORIES AYANT RAPPORT A L HICRLDITE
« Or, il saute aux yeux que la vraie cause n'est pas là, et qu'elle n'est autre que la différenciation.
« Sans exception aucune, toutes les cellules de métazoaires ou de métaphytes qui servent à la continuation de l'espèce par voie asexuelle ou sexuelle, sont des cellules peu ou point différenciées. Il suit de là que toute cellule non différenciée est immortelle^, et ne demande, pour continuer à vivre, que d'être placée dans des conditions qui le lui permettent ; et que toute Cellule différenciée est vouée à une mort inévitable, sans qu'il y ait pour elle aucune possibilité d'y échapper-. Le corps des métazoaires meurt parce qu'il est formé en majeure partie de cellules diffé-
quer la fatalité de la mort chez les métazoaires, de faire intervenir aulre chose que la limitation du milieu intérieur et la production constante d'un squelette croissant de substances R solides. (V. ilndividualilé, op. cit. : Pourquoi l'on devient vieux.)
1. Capable de vie élémentaire manifestée indéfinie (condition n" l), pourvu que le milieu soit renouvelé, ou au moins de vie latente prolongée pourvu que n'intervienne pas une condition n* 2 conduisant à la mort élémentaire.
2. Voilà une affirmation absolument gratuite et qu'aucun fait connu ne vient vérifier. Nous avons vu plus haut ce qu'il faut entendre par différenciation histologique; c'est une variation adaptative guidée par la sélection naturelle et probablement toujours quantitative. Un élément, dérivant de l'œuf, est dit très différencié quand il a subi une adaptation à des conditions très différentes, et a acquis :*insi, par variation quantitative, une morphologie et une physiologie très caractéristiques. ^)ue l'on déclare plus délicat un élément ainsi adapté à des conditions spéciales, cela est tout simple, par suite même de la nécessité pour lui de rencontrer réalisées ces conditions très spéciales, mais si ces conditions sont réalisées, pourquoi déclarer que cet élément est fatalement voué à la mort élémentaire? C'est tout à fait illogiijue. Un muscle qui fonctionne est le siège dune mulliplicalion d'éléments, (juand ces éléments sont à la condition muscle, et il en est de même pour tous les tissus, quelque ditTérenciés qu'ils soient. Ici encore il y a confusion entre la mort et la mort élémentaire, et M. Dclage oublie que la mort peut être fatale pour un organisme composé d'éléments dont aucun n'est voué à la mort élémentaire. La mort est fatale à cause de l'accumulation des substances squeleltiques qui rendent à un moment donné la coordination impossible, c'est-à-dire (voyez plus haut) qui empêchent que le renouvellement du milieu intérieur puisse s'etTectuer et s'opposent ainsi à la réalisation des conditions ([ui, pour M. Delage, permettent aux cellules d'être immortelles.
renciées, et s'il reste en lui des cellules peu ou point différenciées au moment de la mort, elles meurent aussi parce que la nutrition leur est supprimée. Les cellules sexuelles, cellules de bourgeons, parties greffées, bouturées, etc., n'y échappent que parce qu'elles ont été mises, à temps, à même de se nourrir par elles-mêmes ou à l'aide d'autres individus ^
« Chez les pucerons, les Elodea^ les pommes de terre et autres êtres capables de se propager indéfiniment par voie asexuelle, les cellules différenciées meurent, comme toujours, et c'est seulement par des éléments indifférenciés-que la vie se continue. Le fait est si général, on peut dire si absolu, qu'il n'y a pas à le discuter (?.^).
« Nous pouvons donc poser en principe que toute cellule non différenciée est indéfiniment capable de se diviser et de se multiplier, tant qu'elle a les moyens de se nourrir ^ ; et que toute cellule, en se différenciant, met, par cela même*, une limite à sa faculté de division.
« Le premier point est évident à priori. Si une cellule, en se divisant, donne deux filles absolument identiques à elle, ces deux filles seront aussi aptes à se diviser que leur mère^; et il en sera de même indéfiniment. On pour-
1. Dans une greffe, les éléments différenciés ne meurent pas plus que les autres ; ils sont, comme les autres, séparés à temps d'un organisme condamné par son squelette à une mort fatale, et évitent ainsi la mort élémentaire, absolument comme les éléments non différenciés.
2. Voyez plus haut l'application aux éléments histologiques de la Law of fhe unspecialized de Cope, p. 200.
3. Il en est de même pour tout élément, quelque différencié qu'il soit, pourvu que sa condition n^ 1 soit réalisée.
4. C'est comme si l'on disait qu'une bactéridie atténuée se développe mieux qu'une bactéridie virulente ; chacune a plus ou moins d'aptitude à se multiplier dans tel ou tel milieu.
.5. Sans doute, s'il s'agit de protozoaires, mais ce n'est plus du tout évident quand il s'agit d'agglomérations polyplastidaires, car il faut faire entrer en ligne de compte la possibilité du renouvellement du milieu intérieur. 11 n'est pas du tout inconcevable qu'un être composé uniquement de cellules toutes semblables soit néanmoins condamné à une mort fatale par l'accumulation des substances squelettiques. Seu-
238 FAITS ET THEORIES AYANT RAPl^ORT A L HEREDITE
rait mettre la chose sous cette forme : la division homogène ne diminue Jamais la vilalilé des cellules.
« Quant au second point, il n'est pas évident à priori. Une cellule peut, dans une division hétérogène, donner naissance à deux cellules dont l'aptitude à se diviser ne soit en rien inférieure à la sienne. Il en est ainsi dans beaucoup de cas. La faible différenciation du spermatozoïde, des cellules cambiales, des cellules de bourgeon, ne le& empêche pas d'être capaliles de survie indéfinie. Mais c'est un fait évident, que toute division hétérogène risque d'avoir pour conséquence une diminution de l'aptitude à se diviser. Dès lors la différenciation progressive basée sur une longue suite de divisions hétérogènes ^ doit avoir, presque forcément, pour résultat, de supprimer l'aptitude à des divisions indéfinies.
« Il suit de là que la différence n'est nullement tranchée entre les éléments immortels -et ceux qui ne le sont plus... En résumé, la plupart des cellules ont une constitution in-
Icment, la mort générale entraînerait dans ce cas la mort élémentaire de tous les éléments histologiques ou A'aucun de ces éléments, puisqu'il sont tous semblables. Dans la Magosphœra planula de Hteckel, la mort résulte d'une disjonction brusque de la colonie, dont tous les éléments, séparés, restent doués de vie élémentaire et recommencent un nouvel individu.
1. Encore une affirmation gratuite ; il est certain qu'il y a des divisions hétérogènes dans le développement individuel, mais il n'est pas moins certain que des difierenciations profondes peuvent provenir d'une série de bipartitions homogènes, avec alternatives de condition n" 1 et de condition n" 2. Au contraire, le seul véritable exemple indéniable de division hérétogène est précisément celui de la maturation des produits se.xuels (expulsion des globules polaires), qui fait de ces éléments des plastides incomplets, condamnés à la mort élémentaire, sauf fécondation.
a. Cette diflérence consiste seulement en ceci que les éléments immortels (!'.) sont susceptibles de trouver leur condition n- 1 eu dehors de l'organisme auquel ils appartenaient et ne sont donc pas condamnés à la mort élémentaire par la mort de cet organisme, taudis que les éléments mortel-s ('A) sont adaptés A des conditions trop précises qu'ils ne rencontreni pas en dehors de l'organisme auquel ils appartenaient; ils sont donc condamnés ù la mort élémentaire quand la destruction de la coordination (mort) arrête le renouvellement du milieu intérieur. (V. plus haut, ch. x.)
terne telle qu'en se divisant elles se différencient de plus en plus K La différenciation a pour résultat, d'abord une diminution de l'aptitude à se diviser et, en outre, directement chez les unes, indirectement chez les autres, un arrêt de l'accroissement. L'arrêt de l'accroissement des éléments cellulaires a pour conséquence - non immédiate, mais fatale, l'arrêt de leur nutrition, c'est-à-dire leur mort 3. » Je pense que les notes accompagnant le passage précédent auront suffi à montrer que la théorie du plasma germinatif, la théorie de la mortalité du corps et de l'immortalité du germe, sont des conséquences de l'erreur individualiste. Les partisans de ces théories, et ils sont extrêmement nombreux, considèrent que la mortalité ou l'immortalité sont des propriétés des éléments histologiques plus ou moins différenciés, alors que ce sont des qualités de l'agglomération polyplastidaire, de l'individu métazoaire lui-même. Seulement, certains éléments sont condamnés à la mort élémentaire par suite de la mort fatale de l'organisme auquel ils appartiennent, mais sans avoir jamais perdu ^ jusqu'au dernier moment^ les propriétés de la vie élémentaire manifestée dans les conditions très spéciales auxquelles ils sont adaptés. Ces éléments meurent donc (mort élémentaire), parce que le milieu leur devient nuisible et non parce qu'ils sont différenciés, absolument comme cela a lieu pour un protozoaire quelconque, cependant réputé immortel ,^
1. Ce n'est pas vrai ; elles ne se différencient que lorsque des allernatives de condition n° 1 et de condition n° 2 les adaptent à des conditions nouvelles.
2. N'est-ce pas plutôt, au contraire, l'arrêt de la nutrition qui a pour conséquence l'arrêt de Taccroissement ? Et, dans tous les cas, l'arrêt de la nutrition, l'arrêt de la vie élémentaire manifestée d'un plastide n'est pas forcément la mort élémentaire. La vie latente, le repos chimique peuvent être le résultat de cet arrêt de nutrition ; il y a là une nouvelle confusion entre la mort élémentaire, phénomène chimique, et la mort générale, phénomène individuel, qui, par définition même, est l'arrêt de la possibilité de nutrition, l'arrêt de la possibilité du renouvellement du milieu intérieur par destruction de la coordination.