‹ Evolution individuelle et héréditéChapitre 97 sur 117 · Delage, op. c//., pp · texte numérisé non relu

Delage, op. c//., pp

4. Éducation étant toujours pris au sens très large d'ensemble des conditions que l'individu a traversées depuis sa naissance jusqu'au moment considéré.

5. L'œuf peut varier à la condition n° 2 et ne pas se détruire malgré une variation quantitative, si la condition n» 2 n'est pas trop prolongée.

mourir ^ , car l'œuf ne peut pas s'arrêter et attendre quand il a commencé à se développer.

« Il ne peut donc évoluer que s'il est soumis à des soins incessants et exactement appropriés. Ces soins lui sont fournis par les conditions ambiantes 2.

« Il est donc pris entre ces deux alternatives : rencontrer à chaque instant les conditions qui lui sont précisément nécessaires à ce moment, ou mourir 3.

« C'est là toute l'explication de l'hérédité^.

« Car ces conditions sont précisément celles qu'a rencontrées l'œuf du parent à chaque stade correspondant^.

« Il est donc inévitable qu'il suive la même évolution que l'œuf duparent,/)u/s^«'//a la même constitution physicochimique que lui^ et rencontre, dans le même ordre, une

1. Toujours l'erreur individualiste ;rassirailation ne change rien aux substances plastiques de l'œuf; il n'y a de changement que dans la proportion des substances de réserve et des substances accessoires à l'assimilalion; quant à la variation à la condition n°2, elle n'est pas indispensable à la conservation de l'œuf.

2. Par exemple, dans le cas du poulet, ces conditions se réduisent à la réalisation dune température déterminée et à un apport suffisant d'oxygène; il serait vraiment curieux que des conditions aussi simples suffisent à diriger l'évolution d'un individu dans le sens poulet plutôt que dans le sens canard ou dans le sens moineau, car les conditions convenables pour le poulet le sont également pour le moineau ou le canard.

3. Ceci est absolument certain, mais les conditions ambiantes étant les mêmes pour des milliers d'évolutions différentes, on ne peut leur attribuer une influence directrice suffisante pour déterminer l'apparition des caractères spécifiques, si ces caractères n'étaient pas dé/erminés dans l'œuf.

i. Pas le moins du monde; il n'y est môme pas question d'hérédité, mais d'évolution individuelle; j'ai fait remarquer plus haut que le vrai problème de l'hérédité est de comprendre comment l'œuf fils est identique à lanif père, car une fois cela admis, il est tout naturel que l'évolution individuelle des deux œufs, dans des conditions semblables, conduise au môme résultat.

5. Température donnée et oxygène, voilà tout ce qu'il faut pour un œuf de poulet, mais aussi pour un œuf de canard ou de moineau.

G. Mais l'auteur affirme précisément ici l'hérédité dont il s'agit d'expliquer l'existence ; l'hérédité est justement le phénomène grâce auquel l'œuf fils a la même constitution pliysico-chimitiue que lœuf père ; cela admis, le reste n'est plus qu'une alïaire d'évolution indivi-

série de conditions identiques rigoureusement déterminées *. Il n'est donc pas nécessaire qu'il contienne en lui tous les facteurs de son évolution"-. Il suffit qu'il contienne un des nombreux facteurs indispensables à la reproduction identique de tous les phénomènes évolutifs ; les autres facteurs, non moins indispensables, sont situés en dehors de lui, mais il est sûr de les rencontrer à point et à temps, sans quoi il meurt, et l'évolution n'est pas déviée mais arrêtée 3,

« A l'être inorganique, l'astre ou le fleuve, s'offrent à chaque instant mille voies divergentes, qui toutes le conduisent à un but normal pour lui : aussi son évolution n'a-t-elle rien de précis ^. Devant l'être organisé s'offrent aussi à chaque instant mille voies divergentes, mais toutes

duelle, et il est tout naturel que deux œufs identiques, dans des conditions identiques, donnent des développements identiques. Ce qu'il faut expliquer, c'est précisément que les deux œufs soient identiques et M. Delage l'admet au lieu de le démontrer. La question de l'hérédité est toujours compliquée par une confusion regrettable avec celle de l'évolution individuelle.

1. Mais ces conditions identiques (en dehors de l'apport d'oxygène et de chaleur nécessaire au développement des poussins) sont précisément déterminées par l'œuf, et dire que révolution individuelle n'est pas déterminée dans l'œuf parce qu'elle dépend à chaque instant des conditions réalisées autour de l'embryon, c'est faire un simple jeu de mots si ces conditions, sauf l'apport banal des éléments ambiants communs à des milliers d'évolutions différentes sont elles-mmèes déterminées dans l'œuf. (V. ch. viii, l'Histoire des plaslides àéuolution dite cyclique.)

2. L'œuf de poulet les contient tous, sauf la température et l'oxygène nécessaires, et une théorie de l'hérédité doit expliquer cela, puisque la température et loxygène sont également nécessaires aux moineaux et aux canards.

3. Mais tous les œufs d'une poule viennent à bien, quand la température et l'oxygénation sont suffisantes; il serait bien étonnant que ces deux conditions banales suffisent à conduire l'œuf à un but aussi compliqué que le poussin, si l'évolution n'était pas déterminée en lui, sauf les conditions, communes à tant d'espèces, de température et d'oxygénation.

4. Cela tient justement à ce que l'évolution de ces matières brutes, au moins en tant qu'elle est purement physique et non chimique, dépend uniquement des conditions extérieures; mais l'évolution des êtres vivants est un phénomène ctiimique qui n'est pas comparable au mouvement d'un astre ou à la chute de la pluie.

254 FAITS ET THÉORIES AYANT RAPPORT A l'iIÉRÉDITÉ

le conduisent à une destruction certaine, sauf une, celle qui le mène au but qu'ont atteint ses parents K

« Est-il donc nécessaire d'admettre qu'il connaît sa route et de s'émerveiller que, lorsqu'il a réussi à suivre une voie jusqu'au bout, cette voie l'ait conduit au même but qu'ont atteint ses parents - avant lui ^ ? »

M. Delage explique ensuite qu'il faut regarder l'œuf comme un type moyen, ayant un peu de tous les caractères des éléments histologiques, considération à laquelle nous avons été conduits précisément plus haut par la variation quantitative ^. Puis il exécute une charge contre l'expression « caractères latents » dont -certains auteurs ont en effet étrangement abusé, substituant un mot à une explication, mais il se laisse entraîner trop loin en niant la possibilité de tels caractères : « Les caractères dits latents sont, dit-il, des caractères absents^. » J'ai établi plus haut^ que des caractères chimiques nouveaux peuvent être acquis par des plastides, sans que la forme d'équilibre correspondant à ces caractères chimiques soit adoptée parles plastides en

1. Mais cette voie unique est précisément déterminée dans l'œuf. Une comparaison immédiate s'offre à nous dans l'histoire des plastides isolés, qui ne sont pas des œufs ;voici dix espèces de plastides qui sont à la condition n" 1 dans un même milieu ;il est certain que la condition n^ 2 est bien plus facilement réalisée que la condition n* 1 dans un même milieu. Et cependant l'un d'eux produit des amibes, l'autre des gromies, l'autre des saccharomyces. Il faut donc admettre que le chemin chimique qu'il suit est déterminé en lui et non par les conditions banales extérieures qui peuvent être communes à dix espèces différentes. C'est la même chose pour le développement des œufs, seulement l'agglomération qui résulte de la soudure des divers plastides engendrés, accuse des différences morphologiques plus grandes ([ue celles qui existent entre les plastides eux-mêmes (évolution individuelle).

2. Il n'est pas nécessaire d'admettre qu'il connaît sa route, mais il faut admettre qu'il a une constitution chimique identique à celle de l'œuf d'où est né le père, et c'est précisément ce que l'hérédité doit expliquer.

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