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Histoires de Arabes, par Sédillot, p.S4r

les prédécesseurs de l’Ecole moderne, car non seulement ils firent faire de réels progrès à l’arithmétique, à la géométric et à l'algèbre, mais aussi à l'optique et

à la mécanique. Ils traduisirent les ouvrages grecs sur la pneumatique et l’hydraulique de Ctésibius et d'Héron d'Alexandrie.

Hassam-ben-Haithen écrivit à la fin du x° siècle sur la vision directe, réfléchie et réfractée et sur le miroir ardent. Al Hazan publia au commencement du x1siècle un livre d'optique où il décrit le lieu apparent de l’image dans le miroir courbe, le foyer du miroir caustique et la grandeur apparente des objets. Quant à l’algèbre, Le son nom même en indique l’origine arabe. Ils furent les premiers qui traitèrent les équations cubiques ; ils s’occupèrent également de travaux d’arithmétique sur les nombres ou logarithmes. C’est aussi à eux que nous devons les petites figures symboliques des planètes du système solaire. | Quant à la géométrie, l'Ecole de Bagdad a le mérite de nous avoir conservé non seulement les plus importants écrits des savants d'Alexandrie, mais d’avoir | donné aussi une forme claire à la trigonométrie sphé- rique, ayant introduit les tangentes dans les calculs et substitué aux méthodes anciennes très compliquées, les solutions les plus simples. Selon Sédillot, un manuserit arabe de Mahomet-ben-Mouza, qui se trouve dans la Bibliothèque Nationale, à Paris, démontre que les Arabes avaient déjà résolu géométriquement les équa= tions du troisième degré.

À la même époque, l'astronomie florissait également parmi les Arabes d’Espagne et d'Afrique occidentale. En première ligne, figurent Arzachel d’Andalousie, très connu par ses hypothèses sur les excentriques du

soleil et par la construction d’horloges à Tolède qui ont.

excité l’admiration générale. Il fut également l’auteur des Tables tolédanes. 11 y en a d’autres, tels qu’Alpétrage et Aboul-Hassan, qui se sont rendus célèbres par leurs écrits sur l’astronomie. Le premier observa l’obliquité del’élliptique ; le second, qui parcourut le midi de l’Espagne et une partie de l’Afrique septentrionale jusqu’à l'Egypte, releva” la hauteur du pôle dans 11 villes sur un espace de 900 lieues de l’est à l’ouest: sonlivre traduit

et intitulé : Des commencements et des fins a appelé l’at-

tention des savants modernes sur plusieurs points obs” ‘curs d'astronomie.

Les Arabes se sont également distingués dans la géographe mathématique. Il est tout naturel qu'ayant. fondé un Empire aussi vaste qui s’étendait de l'Océan Atlantique jusqu'aux frontières de la Chine, ils aient réuni des éléments importants pour une géographie descriptive, et établi de nombreux itinéraires en même temps qu'ils créaient de grandes routes commerciales à travers l’Europe, l'Afrique et l'Asie. |

Toutefois, ce n’est qu’au commencement du xi° siècle que le savant Albirouni, dénommé à la cour perse de Mahomet le Ghasnévide, (le conquérant de l’Inde), publia un traité géographique appelé Canoun, qui a.

servi de base à la plupart des cosmographies orien-

tales. Puis, Edrisi, né à Ceuta, en 1099, et élevé à

l'Ecole de Cordoue, se consacra à l'étude de la géogra-

phie; on lui doit un traité de géographie qui, pendant

trois siècleset demi, a servi de modèle aux cartographes

de l'Europe. Plus tard, en 1225, Yacoud publia un

dictionnaire géographique très estime, et finalement Aboul-Hassan, du Maroc, qui vécut vers 1230, fixa.à

40 degrés la longitude dela Mer Méditerranée ; son travail sur le géographie est un des plus beaux monuments de la géographie arabe. |

Les Arabes avaient également confectionné des | cartes nautiques. Vasco de Gama, en 1497, en trouva une chez Malem Cana dans l’Indoustan qu'il prit pour pilote à Mélinde ; une autre carte dessinée par l’Arabe Omar servit au grand Albuquerque dans la navigation de la Mer d'Oman et du Golfe Persique.

Selon les témoignages autorisés d'Humboldt, les- Arabes ont également le droit d’être considérés comme les véritables fondateurs des sciences naturelles. Bien qu’Aristote soit reconnu comme l'initiateur de l'étude de

l’histoire naturelle, ses travaux restèrent limités à la recherche de la nature organique et à la classification des produits animaux et végétaux de la terre, tandis que les Arabes se sont consacrés à l'étude approfondie des forces de la nature, en les utilisant pour les faire entrer dans des combinaisons nouvelles. Ils commencèrent par étudier les productions naturelles de-

chaque coin des terres traversées par eux au cours de leur conquêtes ; puis ils les classifièrent en raison de leur utilité au point de vue médical, industriel ou artistique. D’après Humboldt, les Arabes donnèrent à l’étude des plantes médicinales préconisées par Dioscoride à l'école d'Alexandrie un caractère scientifique qui les amena à

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la création de la pharmacie chimique ; c'est d'euxque sont venues les premières prescriptions magistrales qui plus tard se répandirent par l’Ecole de Salerne dans l’Europe méridionale. La pharmacie et la matière médicale, constituant les premiers éléments de l’art de guérir, conduisirent avec le temps par deux voies différentes à l'étude de la botanique et de la chimie. : Au début, les Arabes s'occupaient de préférence d’alchimie, c'est-à-dire de l’art de transmuer les métaux,

mais, de même que l’astrologie avait contribué au pro- | grès de la connaissance des astres, de même les procédés opératoires alchimiques amenèrent des découvertes chimiques supérieures. C'est ainsi que les travaux de Rhazès et d’autres ont contribué à la découverte de la composition de l’acide sulfurique, de l’acide nitrique, de l’eau régale, à la préparation du mercure et d’autres oxydesde métaux, à la fermentation alcoolique, ete. (1). Leurs recherches sur le règne végétal ont été tellement fécondes qu’elles ont enrichi la botanique de deux mille plantes dont la plupart étaient inconnues des Grecs.

. 4. Hoœfer, Histoire de la Chimie, premier fascicule, page 32.

Le calife Abdel Rahman I: avait fondé, près de Cordoue, un jardin botanique etenvoyaiten Syrie et dans les autres contrées de l'Asie des savants chargés de recueillir

les semences rares. Lui-même avait planté dans les jardins de son palais les premiers dattiers. Nous

devons également aux Arabes l'usage de la rhubarbe,

de la pulpe de tamarin et de cassia, des feuilles de

sené et du camphre. Ils nous ont fait également connaître les plantes aromatiques, telles que la noix de

muscade et le clou de girofle ; ils faisaient usage du

sucre, de préférence au miel des anciens ; ils finirent

pe s’en servir pour la composition des sirops,des juleps

des conserves de fruits et des électuaires pour l’usage pharmaceutique. Le gouvernement surveillait cette industrie et rendait les pharmaciens responsables de la

bonne qualilé et du juste prix des médicaments ; il

envoyait même des inspecteurs aux pharmacies des campagnes pour constater si elles étaient pourvues de tous les médicaments nécessaires.

Les travaux des Arabes sur l'agriculture et leur

technique admirable pour l'exploitation des différents terrains ont survécu à toutes les vicissitudes de Phis-

toire jusqu’à notre époque. Le système d'irrigation employé aujourd’hui dans les Auertas de Valence, d’Orihuela et de Murcie ainsi que le Tribunal des Eaux

en vigueur pour la distribution aux agriculteurs,en sontun témoignage éloquent.Leurs travaux scientifiques sur

l’agriculture et l’économie rurale se trouvent exposés

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