‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 112 sur 342 · LA TERRE DU SAINT-SÉPULCRE AUX INFIDÈLES · texte numérisé non relu

LA TERRE DU SAINT-SÉPULCRE AUX INFIDÈLES

déroute ; de sorte que le roi et sa suite se virent obligés

de s’embarquer sur des bateaux grecs afin de poursuivre par mer leur pèlerinage et durent abandonner à leur sort les croisés, dont la plupart succombèrent sous les flèches des Turcs, tandis que les autres, environ trois

mille, ne réussirent à sauver leur vie qu’en se faisant

__ musulmans, | AA e Lorsque le roi Louis se trouva à Antioche, il oublia les combats et ne pensa plus qu'à se rendre au Saint Sépulere pour mettre fin à une entreprise désastreuse.

18 Cependant, avant de se rendre en Palestine, le roi

cédant aux conseils de son entourage mit le siège devant Damas ; mais il fut battu par les’ Turcs qui s’avançant

sur Jérusalem, l’obligèrent à capituler, Chose curieuse,

au lieu de suivre l'exemple des chrétiens, qui, après leur conquête de la ville sainte la mirent à sac et firent périr les habitants mulmusans et juifs, les Turcs se contentèrent de demander une rançon très modé-

. rée. Éourad et Louis décidèrent de rentrer en Europe, mais le roi eut le malheur de tomber entre les mains” des pirates et il ne recouvra sa liberté que g grâce à l'intervention des Normands de Sicile.

Saint Bernard, mécontent du résultat de la seconde

< croisade, voulut en organiser une troisième, mais ren-

contra une vive résistance de la part du peuple, qui ne voulait pas tenter une nouvelle expédition après l'échec qu 1l venait de subir.

: Ce ne fut que cinquante a ans après, lorsque le sultan re

Saladin eut réussi à soumettre l'Egypte et la Syrie et à chasser tous les chrétiens de Palestine, que le Pape

lui-même intervint pour organiser une troisième croi-

sade, en 1189, en imposant une dime sur toutes les terres de l'Eglise sans exception. Il réussit à obtenir pour cette entreprise la coopération des trois souverains principaux d'Europe : Frédéric Barberousse, Empereur d'Allemagne, Philippe-Auguste, roi de France, et Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre.

Le premier s’achemina vers l'Asie par la Hongrie et Constantinople, mais il se heurta également aux mêmes obstacles que les croisés précédents, à la même hostilité de la part de l'Empereur byzantin. Cependant, l'armée allemande, bien équipée et bien outillée, escomptait déjà le succès de son entreprise, lorsqu'un événement imprévu vint ruiner ses espérances. L’empereur, traversant les montagnes de l'Asie Mineure

par un jour de forte chaleur, eut l’idée de se baigner

dans la rivière Calycadnus et s’y noya . Son armée, qui

comptait cent mille hommes, prise de panique à la suite de la disparition subite de son chef, se dispersa et

cinq mille hommes seulement arrivèrent jusqu'en Terre sainte. :

Quant auxrois de France et d'Angleterre, ils se

mirent en route par mer, mais après avoir passé quel-

que temps ensemble en Sicile, ils rompirent l'accord antérieurement établi et se quittèrent en ennemis, ce qui retarda le concours qu’ils devaient donner aux Alle-

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