‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 113 sur 342 · LR - LA TERRE DU SAINT-SÉPULCRE AUX INFIDÈLES 429 RS · texte numérisé non relu

LR - LA TERRE DU SAINT-SÉPULCRE AUX INFIDÈLES 429 RS

mands assiègeant Saint-Jean d’Acre, que défendait rte vigoureusement l’armée de Saladin. Cette discorde ne. entre les rois de France et d'Angleterre prolongea telle- ‘ : ment la prise de Saint-Jean d’Acre que Philippe-Auguste a pr'éféra rentrer en France, laissant Richard lutter seul contreles musulmans. Celui-ci, redoutant une conspi- ration de son frère Jean-sans-Terre rentra en Angles terre et se décida à conclure la paix avec Saladin ; aux “à termes de cette paix, les chrétiens conservaient toute la = côte depuis Tyr jusqu’à Jaffa, tandis que les villes intérieures, y compris la ville sainte, restaient entre les

mains des musulmans.

En ihRentrant en Angleterre, Richard bi une grande

| tempête quile jeta sur les côtes de Dalmatie, où le duc d'Autriche, Léopold, pour se venger d’une insulte qu'il avait reçuedevant Saint-Jean d’Acre, le fit prison-

- mier et le vendità l'Empereur Henri VI, qui ne lui rendit la liberté que contre une forte somme.

Après l'échec subi par les souverains d’ Europe dans cette troisième croisade, on aurait pu croireque l'Europe se serait guérie de l'envie de conquérir la Terre sainte. Mais une dizaine d’années plus tard, en 1201, le pape Innocent III se décida à prêcher une nouvelle croisade en promettant le pardon de leurs.

ne péchés à tous ceux qui s’engageraient pour un an dans cette entreprise. Toutefois, ni les rois ni le peuple ne NE répondirent à l’appel du Pape. Seuls quelques chevaliers . à | s’enrôlèrent, moins par enthousiasme religieux que par |

habitude de la guerre et par amour dulucre. Ils avaient à leur tête Baudoin IX, comte de Flandre et Boniface IE comte de Montferrat, et profitant de l'expérience 0 acquise, ils empruntèrent pour se rendre en Asie me Mineure Ja voie maritime de préférence à la voie ter-. ‘restre. Dans ce but, ils choisirent la ville de ve comme point de départ. Les Vénitiens, quiavaienttoujours été les rivaux des Grecs et des Tures dans la Méditerranée, profitèrent de cette circonstance pour acquérir quelques îles dans l’ Adriatique et dans la mer Egée. Ils demandèrent d’abord pour leur concours quatre-vingt- S cinq mille marces d'argent, soit quatre millions quarante cinq mille francs. Comme les chevaliers ne disposaient pas de cette somme, ils leur offrirent de conquérir pour de leur compte la ville de Zara, dans l'Adriatique Les Vénitiens réussirent également à s'emparer des iles Ioniennes et de Crète et grâce à l'aide qu'ils don nèrent aux croisés, ceux-ci réussirent à s'emparer de

Constantinople, où l’église fe Fat remplacée par ES l’église latine. HEX Les Vénétiens se saisirent de nombreux objets Aus

de grande valeur, parmi lesquels quatre chevaux en bronze et la porte de l’église Sainte-Sophie avec lésquels ils ornèrent l’église Saint-Marc. Les croisés se partagèrent ensuite les débris de l'Empire byzantin, en oubliant complètement le but de leur expédition 4 qui était la Terre sainte. He La SAIS croisade fut entreprise par André IT,

14 TERRE DU ca ne AUX INFIDÈLES 434 | roi ‘de Hongrie, mais n bou à aucun résultat. Par contre, la sixième croisade sembla réussir mieux que les précédentes. L'Empereur d'Allemagne, Fré- déric IT, profita de l’invasion par les Tartares de l'Asie Mineure et de l'Egypte, sous la direction de Gengis- Khan, conclut avec le roi d'Egypte, Mélik-el-kamel, une trêve de dix ans et la restitution de la Terre Sainte É avec les villes de Béthum, Nazaret et Sidon et se fit couronner roi de Jérusalem en 1229. En échange, il envoya ses deux fils, Conrad et Enzio, pour combattre :

les Tartares, qu’il réussit à mettre en déroute en les

obligeant à rentrer dans leurs anciennes limites d'Asie.

Letraité conclu par Frédéric Il parut également impie aux musulmans èt aux chrétiens ; les imans, les cadis protestèrent contre la cession de la ville du Prophète, et en appelèrent au calife de Bagdad, tandis que les évêques, indignés de voir les deux cultes confondus, en appelaient au Dontife de Rome.

Le sultan de Damas retusa de reconnaître l’arrangement, et le patriarche de Jérusalem mit l’interdit sur

lieux recouvrés. d

Frédéric fit donc son entrée à Jérusälein accompagné seulement de ses barons allemands et des chevaliers

L teutoniques. Il trouva l’église du Saint-Sépulcre tendue de deuil, abandonnée par les prêtres, et il dut ceindre de ses propres mains le diadème royal. Vainqueur et par-

- tant exécré, il dut quitter Jérusalem où il n'avait pu obtenir obéissance même en sévissant contre les moines

Page 1