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ÉVOLUTION DE L'AUTONOMIE MUNICIPALE

régaliens, tels que le éages, l'administration de la justice et les cotrois MAT rémédier à la pénurie du trésor public.

Cette liberté à laquelle aspiraient alors les villes n'était pas d'ordre politique, mais de caractère économique ; c'était simplement la liberté de vendre, d’acheter, et d'être maître des propriétés acquises. [ls’agissait, en un mot, d’un mouvement démocratique contre le joug féodal. Ces villes italiennes furent les premières à s'organiser pour la défense de leur indépendance, en s’entourant de murailles et en se procurant des armes

pour se protèger contre les ennemis de dedans et du

dehors. Ceci leur était d'autant plus facile, que leurs protecteurs, les Empereurs d'Allemagne, leur avaient concédé certains droits dans ce but.

On peut dire que toutes les villes italiennes s'étaient organisées comme de petites républiques sous l’autorité des Consuls. Plus tard, elles s’efforcèrent de consolider leurs droits en les faisant confirmer par une charte royale. Généralement elles adoptaïent comme principe de gouvernement l’ancien droit municipal romain : telles furent entre autres Venise, Pise, Mes-

sine, Lucques, Milan, avec la différence que les | anciennes municipalités étaient formées de colons ori-

ginaires de Rome même, tandis que celles du moyen

âge étaient les vaincues d'autrefois qui s'étaient

émancipées, en acquérant les mêmes droits de propriété que les vainqueurs.

DES GRANDES VILLES AU XiII* SIÈCLE A4

. Un grand nombre d’entre elles, au lieu de se consacrer à l’agriculture, se sont livrées à l’industrie qui était pour elles une grande source de richesse. Cependant, la nécessité de se défendre contre l'autorité des rois, des seigneurs féodaux et des évêques, amenait souvent ces communes à se grouper en confédération, ce qui donnait lieu quelquefois à l'absorption des petites communes par les grandes et à la formation de petits Etats qui, avec le temps, sont devenus des nations.

C’est ainsi que Milan domina sur les châteaux et les villes de la région, et que la ville de Florence s’agrandit aux dépens des communes voisines. La ville de Gênes conquit l'ile d'Elbe, la Corse et une partie de la Sardaigne et posséda en outre des comptoirs com-

merciaux de grande importance à Péra, quartier de

Constantinople et dans les Sporades. en La ville de Venise était gouvernée par un duc ou

doge élu par des délégués nommés par le peuple, On:

l'appelait la reine del’Adriatique. Elle possédait également plusieurs quartiers à Constantinople et plusieurs iles dans la mer Egée. La ville était administrée par un grand Conseil élu par les patriciens ou les nobles jouissant d’un privilège héréditaire inscrits dans le Livre d’or. La prospérité de la ville de Venise suscita des luttes entre elle etla ville de Gênes. | Del’Italie, les libertés et les franchises communales s'étendent à d’autres pays. En France, les communes sont reconnues par des chartes royales ; en Angleterre,

ÉVOLUTION DE L'AUTONOMIE MUNICIPALE elle obtiennent sous Jean-Sans-Terre le droit d’élire ne leur aldermen ; en Espagne, elles ont leurs fueros, avec des corregidores et des alcaldes, investis de la juridiction ; en Italie, elles se transforment en répu- | bliques ; en Allemagne, Frédéric [* s’en fait un instru) % ment pour accroître le pouvoir royal aux dépens des seigneurs, mais déjà elles portaient ombrage à Frédé= : +

ric Il, qui tenta de les asservir. | Dans les différents pays, les Etats provinciaux prennent conscience de leur existence et de la nécessité de prendre part aux délibérations gouvernementales. | - Depuis longtemps le Languedoc était constitué par . des Etats; Louis IX se les appropria et les étendit à la France ; bientôt Philippe le Bel convoqua tous re . représentants des communes. En Angleterre, la grande Charte garantit les droits de la nation et fut FERRE … sentée au parlement par le clergé et la noblesse ; puis, sous Henri II[, apparaissent les députés des ri communes (1265) et sous Boouare Ler (1295), leur

velle taxe. En nn les communes Sprentent ee ‘aux Cortès d'Aragon (1134) et de Castille (1169). © À mesure que l'influence des communes se faisait sentir dans la vie publique et économique, la monarchie et l'Eglise s’efforçaient de les utiliser à leur profit et la + rivalité entre ces deux pouvoirs donnait lieu à des co K flits constants entre la crosse et le sceptre, qui durè- mi rent un siècle et demi, épuisant des forces qu’on aurait

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