‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 131 sur 342 · LES ÉCRIVAINS ITALIENS INAUGURENT · texte numérisé non relu

LES ÉCRIVAINS ITALIENS INAUGURENT

son temps. [l sut jouir de la vie et s’adapter à toutes

les situations sociales ; bien que souvent il tâchôt de

fuir le monde pour se vouer à l'étude, il n'eut pas tou: jours le courage de se soustraire aux exigences de la vie sociale.

Quant à PBoccace, il n’était, ni prêtre, ni patricien comme Pétrarque et Dante, c'était un enfant du peuple; il était même issu d’une union illégitime, en sorte qu'il ne se sentait pas solidaire des classes dirigeantes. Bien que destiné de bonne heure au commerce, il ne tarda

pas à se sentir attiré vers les lettres et à se familiariser

avec les auteurs classiques grecs et latins, Né en 1313, il était contemporain de Pétrarque dont les travaux lui servirent de modèle. Toutefois, Boccace avait écrit

d’abord ‘en latin la Généalogie des dieux où il repré-

sentait les malheurs de quelques personnages illustres, les vertus etles vices des femmes. Ce n’est que lorsqu'il fut parvenu à l’âge mür qu'il commença à écrireen italien sa Théséide. Cependant, il abandonna vite la poésie et cultiva avec ardeur la prose qui devint son titre de gloire. Parmi ses ouvrages en prose, figure en première ligue le Décaméron, son chef-d'œuvre, où la fidélité con

jugale et la chasteté monastique font l’objet de continuelles attaques. Quelle différence entre la dame que

Dante avait choisie pour l’inspirer et le guider à tra-

vers les champs de combat de la vie, la dame que Pétrarque avait voilée de pudeur et de mélancolie et celle de Boccace, représentée par une courtisane folâtre,

ivre de plaisirs sensuels, croyante et superstitieuse, |

qui ne fréquente l'Eglise que pour y chercher des ren-

dez-vous d’amour et qui, lorsque tout le monde meurt

autour d’elle, ne trouve rien de mieux à faire que de conter des historiettes et de se divertir. Cependant si

ses travaux manquent dans le fond, de sens moral et religieux, leur forme, par contre, brille d’un vif éclat.

.Boccace a revêtu son style de magnificence et a donné

à la période le nombre, la grâce, la variété et le mou-

vement : toutefois la légèreté des sujets traités par lui ne s'accorde pas toujours avec la pompe du langage. Quoi qu'il en soit, Boccace représente mieux qu'aucun des autres écrivains contemporains les mœurs hypocrites de son époque, où les vices se couvraient souvent du manteau de la religion,

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: De ce qui précède, il résulte que pendant les xirre

et xive siècles, l'Italie a été le pays le plus libre, le plus

riche et le plus cultivé de l'Europe et que c'était Flo-

rence qui constituait le foyer de la culture italienne ; c'est là que, s'inspirant de l’ancienne culture grécoromaine, des hommes d’un talent supérieur posèrent les premiers jalons d’une langue et d’une littérature nationales. Dès que la langue italienne se fut émancipée

de sa mère latine, elle commença à évoluer pour son compte et servit de terrain de culture et de vulgarisation

ne

tte Fin

aux connaissances scientifiques acquises. Bien que sur le terrain politique, les républiques italiennes ne

fussent pas encore assez mûres pour comprendre la

ee nécessité de solidariser leur intérêt commun et de for-

mer une vraie confédération sur une base solide, les princes qui présidaient aux destinées de ces républiques s’efforçaient de favoriser le développement de leur pros- périté matérielle et de leur grandeur intellectuelle et se disputaient l'honneur de favoriser les lettres. Robert de Naples disait à Pétrarque (1) « Je resterais plus volon-

tiers sans diadème que sans lettres. » Parmiles Carrare,

Jacob envoya tous les ans dix jeunes gens aux écoles de Paris. Les ducs de Savoie fondèrent l'Université de = Turin. Parmi les Visconti, Othon fonda des chaires à . l’Université de Milan. Sforza donna asile à l'architecte florentin François Philarete. Alphonse le Magnanime avait l’habitude de lire tous les jours les classiques grecs et latins. Etenfin les Médicis sont universellement connus comme protecteurs des lettres et des arts

Pt

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