LES DOMINICAINS ET LES FRANCISCAINS
religieux, ils s’ étendaient. aussi au domaine de la poli-
tique. Un beau jour, d’ Occam se trouva mêlé aux que-
relles de Philippe-le-Bel avec la papauté, car 1l était
adversaire résolu des prétentions temporelles des
papes. Excommunié par Jean XXII, ilse cacha d’ abord en France, puis il trouva asile et protection auprès de
Pate Louis de Bavière qui était FAR en guerre avec le pape.
Jl est incontestable que par leur esprit d'indépen-
dance et par la hardiesse de leurs idées, les hommes de
la scolastique ont contribué à préparer la voie de l'émancipation de la pensée humaine, durant les xv° et
“XVI siècles. Malheureusement, are diseussions pre- tentieuses, l'aridité des sujets de leurs discussions et
labus fatigant d’un syllogisme creux, manquant de base solide, donnèrent à la scolastique un air de frivolité en lui faisant perdre la valeur scientifique des efforts de quelques-uns de ses chefs. Les personnes sérieuses et douées de bon sens n'ont jamais pu comprendre que des hommes supérieurs à leurs contempo= rains par l'intelligence et l’érudition, ayant entrepris
Ja solution des problèmes transcendantaux, aient pris à PA tâche d'exercer leur esprit en subtilités sur des ques- . tions frivoles sans aucune valeur pour la foi ni pour
l'élévation de la raison humaine. Nous citerons, comme
exemple, quelques-unes de ces billevesées : De quelle substance sont faits les anges ? (saint Thomas\, Si Dieu peut savoir pue de choses qu'il n’en sait? (Pierre
Lombard). Si l'impossibilité d'être engendrée est un principe constitutif de la première personne de la Trinité ? (Duns Scot). — Si la colombe dans laquelle a paru le Saint-Esprit était un animal véritable ? — Sile corps. du Christ ressuscité avait des cicatrices ? (saint Thomas). Il en résulta que la Scolastique dégénérée en pur formalisme s'était aliénée graduellement les sympathies, non seulement de ceux qui brillaient par l’élévation etpar l'indépendance de la pensée, mais aussi des esprits profonds et ardents qui cherchaient la vérité religieuse et la lumière de la raison dans la contempla tion et dans l'intuition, limitant le rôle de l'intelligence et de la science à la besogne d'éclairer et d'expliquer les phénomènes de la nature, C'est ainsi qu'est née l'école du Mysticisme. :
Le chef le plus illustre de cette école était Jean de Fidanza de Toscane, moine franciscain connu sous le nom de frère Bonaventure (1221-1274), Il était contem- - porain d'Albert le Grand et de saint Thomas, et adoptait la méthode de l'intuition de préférence à celle de la dialectique. [l s’appliquait à établir Le droit de la raison pour tout ce qui a rapport à la satisfaction des besoins matériels. En échange, 1l attribuait la partie de nos connaissances spirituelles excédant le donraine de la raison à la Sainte Ecriture et à la révélation. En matière de foi, Bonaventure, dans son mysticisme, n’a d'autre aspiration que de s'élever à Dieu au moyen de l’extase, de la sagesse chrétienne, et il reeule devantla
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