LES DOMINICAINS ET LES FRANCISCAINS
ur.
à fonder des écoles pour l’enseignement des langues : . orientales, il retourna à l’âge quatre-vingt ans en
Afrique où il prêcha, écrivit et discuta. Finalement, il . 7 réussit à obtenir que Clément V, Philippe le Belet
. langues orientales et que l'Université de Paris adoptàt son Ars magna. | | En tout cas on est saisi didmarétion devant la = Huisance de travail et la volonté vigoureuse de Ray- : mond Lulle, qui, arrivé à l’âge de quatre-vingt-dix-
D suite de nouvelles luttes, il finit par être lapidé par les -habitants de Tunis, en 1315.
ensuite par un bateau gênois qui :le conduisit à Ma-
Son corps fut recueilli
R | jorque, où il fut enterré,
CE Raymond Lulle, prodigieusement doué par la nature, eut le malheur de ne pas avoir été compris du milieu dans lequel il vécut, Les uns voulaient le brûler comme sorcier hérétique ; les autres voulaient le canoniser
4 comme saint et inspiré, et d’autres le considéraient
comme un insensé. En tout cas, il fut un des derniers
| défenseurs de la scolastique qui succomba avec lui.
Fe s-be dernier moine franciscain et Le plus avancé comme idées parmi les maîtres de: la scolastique, est Roger
Bacon, né en 1214 à 4 llchester, dans le Somerset, sur-
gieux savoir. Après avoir fait ses études à Oxford il
Aprèsavoir parcouru l'Europe en exhortantles princes
Jacques II d'Aragon, instituassent des chaires pour les
neuf ans, retourna à Tunis et en Terre Sainte où, à la |
nommé « docteur admirable », à cause de son prodi-
çcultiva avec ardeur toutes les sciences naturelles et
physiques connues de son temps. Son plus grand mérite est d’avoir renoncé à la méthode purement spéculative et d’avoir préconisé et pratiqué la méthode de l’expérience comme unique moyen d'arriver à découvrir la vérité. On lui attribue même l'invention de la poudre à canon, celle des verres grossissants, du télescope, de
Ja pompe à air et d’une substance combustible analogue
au phosphore. ;
On trouve en effet dans ses écrits des passagesoüces diverses inventions sont décrites avec assez d'exactitude. Il proposa aussi en 1267 la réforme du calendrier Julien, qu’il trouvait défectueux. Malheureusement, quelques-uns de ses confrères, jaloux de ses mérites
et de sa supériorité sur les hommes les plus en vogue
de son époque, irrités en même temps de ce qu'il eût
‘dénoncé leurs mœurs dissolues, l’accusèrent de sorcel-
lerie et il fut condamné à la prison oùil passa un grand nombre d'années, jusqu'à l’avènement du Pape Clé: ment IV (1265) qui ordonna sa mise en liberté. Mais
après la mort de celui-ci en 1268, il fut en. butte à de nouvelles persécutions à la suite desquelles on le tint ‘enfermé dans un couvent de franciseains à Paris pen-
dant dix ans. Il mourut en 1294, méconnu par ses contemporains, victime et martyr de son génie inventif ;
car bien qu’on ne puisse lui attribuer d’une manière certaine aucune des grandes découvertes dont il a
traité, ses écrits permettent de supposer qu'il en avait