LES DOMINICAINS ET LES FRANCISCAINS A
l'intuition, en prévovant les progrès les plus étonnants ) Y P
de la science moderne. C’est ainsi que dans son traité : q
De secretis artis el naturæ, dit : « On peut faire jail-
« lir du bronze des foudres plus redoutables que celles
« de la nature, grâce auxquelles une faible quantité de
« matières préparées produit une horrible explosion
« accompagnée de vive lumière. On peut multiplier «ce phénomène jusqu'à détruire une ville ou une « armée. L'art peut construire des instruments de navi-
« gation tels que les plus grands vaisseaux gouvernés
«par un seul homme parcourent les fleuves et les
.« mers avec plus de rapidité que s'ils étaient remplis
« de rameurs. L'art peut aussi faire des chars qui sans «le secours d’aucun animal, courent avec une vitesse «inouïe ».
Il est vraiment extraordinaire qu'un homme du x siècle, tout pénétré qu'il püt être de tous les progrès scientifiques de son époque, ait eu l'intuition merveilleuse des conquêtes qui ne devaient être réalisées par la science qu’au xrx° siècle.
En résumé, nous voyons dans la seconde période de la scolastique qui s’initie au xu1° siècle, les dominicains et les franciscains prendre la tête du mouvement intellectuel en Europe dont ils représentaient deux aspects distincts : les premiers, avec saint Thomas comme chef,se rangèrent du côté dela dialectique d’Aristote, tandis que les derniers se divisèrent en deux camps: les uns se constituèrent les défenseurs du mys-
asarrts
ticisme et de l'intuition et les autres se firent les cham- = pions de la raison et de la science basée sur l'expée
rience. Il est tout naturel que les premiers se vissent protégés par l'Eglise qui favorisait leur propagande. En
effet,ils eurent pour chefs Bonaventure en Italie, Tauler 2
et Ruysbroek en Allemagne, et Jean Gerson en France. Ce dernier, surtout, dans son traité De parvulis ad | Deum descendis et son livre sur l'/mitalion, montre
un profond dédain ‘pour les disputes de l’école, tandis que les autres représentés par Guillaume d’Occam et
Roger Bacon, défenseurs ardents de la science expérimentale et du nominalisme, contribuèrent beausoup à
accélérer la décadence de la scolastique à la fio du
xire siècle et au commencement du x1v° siècle.
Cependant, après la décadence de l’école scolastique,
le mouvement intellectuel initié par elle continua à évoluer. Seule la rivalité entre la théologie et la philosophie tomba en discrédit; chacun des deux systèmes opposés
poursuivit la route tracée par les pré écurseurs. Le Mys- Re r <
ticisme, qui en tant que force inconsciente et inhérente
à l'évolution de l'espèce humaine, avait déjà constitué le noyau du néoplatonisme à l’école d'Alexandrie, se réveilla avec plus de force et finit par répudier l'ensei-
gnement d’Aristote pour revenir à Platon, tandis que
dans le camp opposé le goût de l’analyse et de l’expé-
rience s'était emparé des classes intelligentes qui se plai-
saient à cultiver les sciences physiques et naturelles, et les idéalistes les plus avancés restèrent nominalistes,
: ro 'est-à-dire rationalistes. En dent de Re ces controverses, il i faut reconnaître que la lutte pour la prépondérance d’ une ue était ous une classe. NAT ;
ne . de l humanité ne . jamais une ligne droite
pour atteindre son but, il est évident que le mouvement intellectuel en Europe, après la décadence de la
: eue os un retour vers ie civilisation
oo 7.
PENDANT LE. ae ET LE xvIe SIÈGLES
à Le * L
Nous avons vu dans les pages précédentes que la sn tomba en HépRaense et finit par pee dès
a sous les coups Re que Jui fe rent ses Cr saires, mais parce qu elle ne put résister au désaccord pures survenu cos ses che o école eux-mêmes ni à da
étaient appelés par le pape à la défense de l'Eglise. nn contre les noms de Maimonide et de Ibn Gabirol ont ue aux ue destrucieurs des Croisades 6 et ee
un | monument solide servant de a de ie à L'éva ; lution de la raison humaine : sde l'esprit philosophique
Malheureusement le pape Innocent III, voyant l'échec
des Croisades en Orient qui coïncida avec la déca-
dence de la Scolastique, chargea les Franciscains et les
Dominicains de combattre à la fois l’hérésie des Albi-
geois et la philosophie rationaliste de Maimonide,
fortement enracinée dans le midi de la France; son Successeur, Grégoire IV, y fonda dans le même but . l'Inquisition qui s'établit en même temps en Aragon et
en Catalogne.
Ainsi commença entre la Théologie et la libre pensée une lutte longue et acharnée qui ne dura pas moins de quatre siècles et eut pour conséquence l'expulsion d’Espagne des Juifs et des Maures, victimes de l'intolérance, de l’ingratitude, de la jalousie et de la haine de race.
Toutefois, malgré la guerre sans trêve faite par la | papauté à la libre pensée par les croisades en Occident et l'introduction de l’Inquisition en Europe, l'étude des chefs-d'œuvre gréco-latins se poursuivit avec ardeur et les lettres et les beaux-arts commencèrent à renaître en Îtalie après des siècles d’ignorance, d'abandon et d’oubli. Des esprits hardis et indépendants s’efforcérent de s’affranchir du joug de l’intolérance ecclésiastique et protestèrent courageusement contre l'autorité de la théologie en même temps que contre celle d’Aristote qui lui servait d'appui. On commença par opposer Platon à Aristote et par la suite les Grecs émigrés de
Constantinople en Italie, longtemps avant la prise de
La
cette ville par les Turcs, insufllèrent par leurs travaux une vie nouvelle à l’école platonicienne, bien qu'elle fit renaître les erreurs du néoplatonisme.
Le premier des hommes qui prirent d initiative du mouvement réformateur fut Marsile Ficin (1433- ne. fils d’un médecin de Florence qui traduisit les œuvres de Platon et de Plotin en latin et auquel Cosme és Médicis accorda son appui en l’engageant à créer une = Académie platonicienne. Celle-ci se composait de
Mécènes, d'amateurs de lettres et d'étudiants qui. è £ fêtaient les jours anniversaires de la naissance de Pla- se
ton et de Cicéron.
Le second fut Gémiste dit Pléthon, qui attiré à as rence par les Médicis y enseigna avec une grande =. autorité la philosophie de Platon dans le sens Alexandrin, au point que dans un de ses travaux, il osa pes
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coniser ouvertement l'esprit et la méthode grecs de préférence aux conceptions de la théologie chrétienne. Ensuite vient François Patrizai qui fut également 7