‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 140 sur 342 · LAN · texte numérisé non relu

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dévoué à Le cause du platonisme. Né en 1529, après ch avoir fait seè études à l'Université de Padoue, ilenseiona la philosophie d’abord à Ferrare, puis à Rome. Ses travaux eurent surtout pour but de faire triompher Platon aux dépens d'Aristote. Il attaqua non seule- ÿ ment les principes mais aussi les mœurs et la vie + d’Aristote. Il mourut en 1597. | Ée.

Ramus ou Pierre La Ramée, philosophe et grammai- à rien français se distingua par son éloquence et par son S

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- ET LA LIBRE PENSÉE AUX XIVe ET XVI® SIÈCLES 497 ES héroïsme ; il fut un des plus intrépides et des plus brillants défenseurs de la philosophie de Platon. Né d’une famille pauvre, il ne put achever ses études = qu’en entrant comme servant au collège de Navarre, à Paris, Il osa soutenir une thèse singulièrement audacieuse à l'Université de Paris : Tout n'est pas vrai dans Aristote. Dans ses travaux, il fait le procès de la logique d’Aristote, à laquelle il reproche l'obscurité, la confusion, le vice des divisions et des définitions ; il a la prétention de poser lui-même les fondements d’une logique meilleure et plus simple que celle d’Aristote. Pour vulgariser la logique, il écrivit une dialectique en français, quatre-vingts ans avant Le Discours sur la Méthode de Descartes. Ayant obtenu une chaire d’en- seignement public à Paris, au collège de France récem- ment fondé, il obtint un immense succès, car il chercha à se mettre à la portée de toutes les intelligences par

Ses attaques violentes contre les travaux d’Aristote

leur caractère passionné et quelque peu superficiel. Néanmoins, il faut reconnaître le mérite de Ramus, qui eut le courage de protester contre l’autorité d’Aristote et chercha de plus à soumettre au platonisme la pen- Rs sée philosophique de l'époque, tout en s’efforçant de : populariser la philosophie en la dépouillant des formes barbares et mystiques de la scolastique,

Ramus ayant embrassé le protestantisme eut le

- la simplicité et par la clarté de ses leçons. Toutefois,

n’ont pas laissé de traces dans l’histoire, à cause de eo aee : ;

malheur de se trouver à Paris au moment du massacre de la Saint-Barthélemy et périt victime des haines philosophiques non moins que des haines religieuses.

Quelques années après la mort de Ramus, apparut Giordano Bruno, le plus célèbre des philosophes néo-

aie CE fs « \ platoniciens du xvi° siècle, né.en 1550 à Nole, en Cam-

panie. Encore jeune, il entra dans un couvent de dominicains; mais après avoir fait connaissance avec les philosophes grecs, il conçut des doutes sur la valeur de certains dogmes-et sortit de son couvent. Il se rendit à Genève en 1580 où il embrassa le calvinisme. Il parcourut ensuite l'Italie, la France, l'Angleterre, l’Allemagne, et prêcha hardiment ses doctrines philosophiques d’Université en Université attaquant les travaux d'Aristote. IL publia divers ouvrages, dont les plus importants sont : De umbris idearum, Paris, 1582; Spaccio della Bestia trionfanti (Expulsion de la bôte triomphante, Londres, 1584) allégorie dans laquelle il combat la superstition ; Della causa, principo e uno, 1584; Dell infinito universo e mondi,1585 ; De monade,

numero et fiqura. Francf., 1591. Il se servit en général

de la langue italienne, L préférence à la langue latine. Les idées dominantes de sa philosophie sont l’infinité de l’univers et l'unité absolue des choses. A l'appui de

ses thèses, il invoqua le système de Copernic qui ôte a a

laterre s4 prétendue immobilité au centre du monde pour la faire tourner autour du soleil, Il admettait également une infinité de soleils ét une infinité de terres.

D’après lui, Dieu est à La fois la cause et le principe de cet univers, mais il demeure inhérent à tous les actes et à tous les êtres qu’il produit. Il est uni à cet “univers. comme l'âme est unie au corps. En conséquence

* tout est animé dans l’univérs, même la matière inerte. On voit bien que la doctrine de Giordano Bruno est le

panthéisme mystique des Alexandrins, qui diffère sous plusieurs rapports du panthéisme géométrique de - Spinoza. |

Après avoir attaqué dans plusieurs de ses ouvrages l'Eglise et la papauté, il commit l’imprudence de retourner à Venise, où il mena une vie tranquille pendant deux ans, mais à la fin, il fut livré par le clergé de Venise à l’Inquisition de Rome qui trouva.

dans son ouvrage Spaccio della bestia trionfante, matière à accusation pour impiété et athéisme et l’envoya au bûcher en 1600.

Sans aucun doute le groupe de philosophes réformateurs que nous venons de citer ont eu une tendance idéaliste, et la conviction profonde d’une vérité philo- -sophique en opposition avec les dogmes de l'Eglise. Comme symbole de leur idéalisme, ils choisirent Platon en l’opposant à Aristote qui avait servi pendant plusieurs siècles de point d'appui à la scolastique. Et si grand était leur enthousiasme pour les doctrines qu’ils professaient et voulaient vulgariser qu’ils n’hésitérent

pas à sacrifier pour elles leur vie sur l'autel de la vérité. es

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Nous allons nous occuper maintenant d’un autre

groupe de réformateurs philosophes qui se rattachent.

aux vraies doctrines d’Aristote, avec une tendance empirique. | dE

En première ligne figure Pierre Pomponäce. Il naquit à Mantoue, en 1462, Il n'était ni théologien ni moine.C’était un laïc et un médecin.llse consacra à l’étude de la philosophie qu'il enseigna à Bologne.Les deux principaux ouvrages de Pompona ont pour titre: De Immortalitate animæ. De fato, de hbero arbitrio, prodestinatione, providentia, hibri quinque. Il y prétend en s’appuyant sur l'autorité d’Aristote,que la raison est inca

pable de prouver l’immortalité de l’âme et que toutes

choses, même les déterminations de notre volonté, sont

‘ assujetties à une fatalité absolue. Ainsi, cette autorité

presque sacrée que l'Eglise avait donnée à Aristote, illa retourne contre l'Eglise elle-même, en mettant à découvert l'incompatibilité des principes d’Aristote avec la foi. Mais il déclare, avec plus ou moins de sincérité, qu'il sou met sa raison à la foi et qu'il croit, comme chrétien, ce qu’il ne peut croire comme philosophe. Néanmoins, il eut besoin de toute la protection de son ami, le cardi=

nal Bembo, pour échapper à l'accusation d’athéisme et

d’impiété portée contre lui par le clergé de Venise.

OL 2e

Bernardino Telesio, autre philosophe italien du - + xvie siècle, se déclare indépendant de l’autorité d’Aris- __ tote et de Platon, et émet la prétention d'établir un sys- tème qui lui est personnel sur la seule autorité de la SE raison. Né à Cosenza, en Calabre en 1509, il étudia à Padoue la physique, la philosophie et la eee De retour à Naples, il exposa sa philosophie de la nature dans un grand ouvrage intitulé : De Natura rerum Juxla propria principia, où il attaque vivement Aristote et il recommande plutôt de préférence l'étude de la nature. Cependant, son enseignement ne diffère pas. beaucoup de celui des anciens philosophes grecs. Toute son originalité consiste à expliquer toutes les choses par ne trois principes : La chaleur et le froid, principes actifs, __ <tla matière, principe passif. Où la tendance empi- rique de son système est plus manifeste, c’est dans la morale où il érige en règle fondamentale la conserva tion de soi-même par des moyens conformes aux principes de la nature,

Parmi les réformateurs à tendance empirique figure Jules César Vanini, qui se distingue par la très énergique expression qu'il donna à sa pensée. Né en 1584, à Taurisano, près de Naples, il était à la fois théolo- __gien, philosophe et physicien. Esprit ardent et ennemi passionné de la scolastique, il employa ses meilleures

années à parcourir l'Allemagne, la Hollande, la Belgique, l'Angleterre et la France, enseignant partout Son système philosophique, imprégné du matérialisme

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