‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 14 sur 342 · LR L'ÉVOLUTION DE L'HOMME HISTORIQUE ESS = AU POINT DE VUE MORAL · texte numérisé non relu

LR L'ÉVOLUTION DE L'HOMME HISTORIQUE ESS = AU POINT DE VUE MORAL

Les données que nous fournit l'Ethnologie ne se

__ limitent pas à l’homme préhistorique vivant, elles nous . -. renseignent également sur l’évolution de l’homme entré - = dans la période historique tant au point de vue intellec- ne tuel que moral. M. Letourneau, qui a étudié l’homme : particulièrement sous le rapport du développement de la morale, divise l’évolution humaine durant lPépoque histo=- ne: rique en quatre phases. La première, s’enchainant avec : l’état de l'homme préhistorique, est caractérisée par le Le cannibalisme qui selon lui est le péché originel de toutes : les raceshumaines. Pendant cette époque l’anthropopha- -gie est chose courante, l’homme est pour l’homme un véritable gibier; n'ayant pour mobile que le désir de ‘ manger de la viande, il dévore au besoin sa femme et

ses enfants pour satisfaire sa faim, puis à mesure que les tribus s'organisent et sont dirigées par un chef, le cannibalisme se restreint à l'ennemi. Oldfield (1) dans

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sé Oldfield, Transactions (ethnological society New. Série, t. IIL, p. 220). re 2e | É mn

ses voyages d'exploration en Australie a trouvé que les Fidji ont un goût très vif pour la chair humaine et celle de la femme est surtout prisée. Un de leurs chefs Raki-Raki se glorifiait d'avoir mangé 900 personnes à lui tout seul, Un Vitien nommé Lotti, qui plus tard est devenu bon chrétien a fait cuire sa femme sur un feu qu’il a fait préparer par elle-même, puis il l'a dépecée et l’a mangée (1). À Viti comme à la Nouvelle Zélande le cannibalisme était absolument animal. C'était sur le champ de bataille même que l’on dépeçait l'ennemi blessé ou prisonnier. Ceux qui n’étaient pas consominés sur le champ étaient conservés pour de futurs festins. 1l était de règle qu'un plat de viande humaine figurât dans tous les festins de gala. À la Nouvelle Calédonie on pratiquait aussi le cannibalisme domestique. Un chef prévoyant tuait de temps en temps un de ses sujets afin d’avoir tous les jours son plat de viande (2).

A la Terre de Feu, la femme est comme en Australie un aliment de réserve. Fitzroy vit sacrifier une vieille femme dans un jour de disette. On l’étouffa en lui maintenant pendant un certain temps la tête dans la fumée d’un feu de bois vert. Lorsque Fitzroy demandait : pourquoi ne sacrifiez-vous pas plutôt vos chiens ? on lui répondait: le chien estutile, il prend la loutre (3).

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