De Rojas, Nouvelle Calédonie, p
Ces mœurs, dit Letourneau, ne sont pas spéciales à telle ou telle race, à telle ou telle contrée ; on les retrouve presque identiques partout où lPhomme est encore mal dégagé de l’animalité, partout aussi où son alimentation est pauvre et précaire. En tous lieux en Mélanésie, en Afrique et en Amérique certaines peuplades ont moins d'humanité que les loups, (Evolution de la morale, p. 88) M. Letourneau cite un grand nombre d'exemples à l'appui de sa thèse que nous trouvons inutile de reproduire ici. Toutefois nous croyons digne d'être mentionné le fait suivant cité par lui à la page 90. «A l’époque où le capitaine Cook (1) débar- « qua pour la première fois à la Nouvelle Zélande, les « théories humanitaires dominaient plus ou moins l’es- * « prit des Européens. L'homme, croyait-on, avait été « doté par la nature de toutes les vertus. Seule la « civilisation l'avait corrompu. On avait donc beaucoup « de peine à croire au cannibalisme des sauvages aus- « traliens. Ce ne fut donc pas sans étonnement que les « Anglais de équipage de Cook virent confondus dans «les mêmes paniers à provision des Néo-Zélandais, « des lambeaux d'hommes avec des morceaux de chiens, « Lors du deuxième voyage de Cook une expérience « décisive trancha la question. Des débris humains, « trouvés sur le rivage, furent apportés à bord et de « là offerts, après cuisson, à des Néo-Zélandais qui les