‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 141 sur 342 · LEA · texte numérisé non relu

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le plus caractérisé. Il composa deux ouvrages intitulés lun Amphitheatrum divinæ providentiæ et l'autre De. naluræ arcanis mortalium reginæ de œque. Le premier est tout ce qu’il y a de plus orthodoxe, tandis que dans. le second, il tourne ouvertement en ridicule les Saintes Ecritures et attribue à l’imposture l’origine de toutes. les institutions religieuses. Il parle non moins légèrement des prophètes et des miracles. Accusé d’athéismeet d’impiété devant le Parlement de Toulouse, il fut. condamné à être brülé vif en 1619. |

Thomas Campanella appartient au même groupe dephilosophes à tendance empirique. Il naquit en Calabre-

en 1568 et fit ses études à Cosenza, patrie de Telesio.

Plein de piété et d’ardeur, il entra, jeune encore, dans. l’ordre des dominicains ; mais malgré la sincérité de sa foi et son attachement à l’orthodoxie religieuse, sa vie fut remplie d’étranges et terribles vicissitudes. Il fut plutôt martyr de ses vues politiques que de ses. opinions religieuses; car il rêvait l'affranchissement. de son pays. Il fut accusé d’avoir conspiré contre la domination espagnole à Naples ; il fut jeté dans um cachot où il subit les plus cruelles tortures. Ce n’est. qu'après 25 années de souffrances qu'il fut délivré. grâce à l'intervention du pape. Il se réfugia en France où il mourut en 1639. Son principal ouvrage intitulé Philosophiæ reahs partes contientun système parfait de métaphysique, de tendance un peu mystique. D’autre

part,il se montre philosophe empirique en psycho-

logie ; car il cherche à démontrer que toutes les facul- ‘ tés de l'intelligence se réduisent à la sensation, d’où il ; fait dériver la connaissance toute entière. D'après lui, les sens seuls nous donnent la certitude. Il a également “essayé de donner une classification des connaissances humaines. a |

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Passons maintenant aux réformateurs philosophes à tendance mystique,tels que Beuchlin, Paracelse et Van Helmont. Je

Reuchlin brilla moins par son esprit philosophique: que par ses investigations littéraires et sa connais- : sance de la Bible et de la littérature hébraïque où il

“prétendait trouver la mentalité primitive du christianisme. :

Johannès Reuchlin naquit en Allemagne en 1455 et mourut en 1522, Après avoir fait des études grecques et

__ latines très complètes aux Universités allemandes, il __ entreprit un voyage en Italie où il rencontra Pic de la ù Mirandole qui lui enseigna à fond la langue hébraïque et Pinitia à Ja connaissance de la cabale. Ayant pris des ne leçons chez des savants juifs, tanten [talie qu’en Allemagne, il finit par s’enthousiasmer pour la langue et la littérature hébraïques au point d'écrire lui-même en latin

une grammaire hébraïque. Plus tard, il écrivit sur la cabale un traité qu’il dédia au pape. ee

Sa connaissance de la langue et de la littérature hébraïques lui avait valu une grande réputation dans

toute l’Europe, mais elle avait aussi excité contre lui

l’envie et la colère des dominicains de Cologne, juges au Tribunal de l’Inquisition, qui demandaient aux princes allemands de confisquer et de détruire les livres hébraïques, surtout le Talmud, dans toute l'étendue de l'Empire. Reuchlin, indigné de ces projets barbares

imaginés par un juif converti appelé Pfefferkorn,

adressa un mémoire à l'électeur de Mayence en faveur

de la conservation du Talmud, en lui proposant de :

créer dans chaque Université des chaires d’hébreu ; le

meilleur moyen selon lui de combattre le judaïsme était

de le comprendre. En même temps, il publiait une bro-

chure intitulée Le Miroir des Yeux en réponse à une

autre brochure de Pfefferkorn, intitulée Miroir à main. Reuchlin exaspéré de l’audace de ses ennemis, en appela au pape Léon X, grand protecteur des artistes

et des littérateurs. Celui-ci chargea de l'instruction de l'affaire à l’évêque de Spire qui décida en faveur de Reuchlin contre les Dominicains. Ceux-ci, toutefois, ne se tinrent pas pour battus et portèrent le procès à Rome même, mais la majorité du Collège des cardinaux se prononça contre eux et Léon X ajourna le procès sine die. La décision du pape reçut l'approbation de l'opinion publique qui voyait en Reuchlin un savant désintéressé,

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