LUS DENTS AE
LIBRE PENSÉE AUX XVe ET XVI® SIÈCLES
un champion de l’ humanisme. C’est ainsi qu’une publication satyrique anonyme intitulée Les lettres des hom- mes obscurs, parut sur ces entrefaites, dans laquelle on ridiculisait, tant les Dominicains que Pfefferkorn. Tou- tefois, il est à regretter que la victoire de Reuchlin sur les Dominicains ne signifiât point un retour au bon sens et un homma ge à la morale chrétienne qui enseigne à l'amour du prochain et la tolérance : elle n’était due qu'à une circonstance spéciale, que voici : le pape Léon X descendant de la famille des Médicis, était un esprit libre et grand admirateur des arts et de la littérature classique ; il était de plus, tant par ses dispositions d'esprit que par conviction, très tolérant envers les juifs, au point d’avoir attaché à sa personne un médecin juif, Bonet de Lates, qui serait intervenu en faveur de Reuchlin, ayant obtenu du pape qu il nommât une commission compétente pour juger le livre de Pfefferkorn, dans lequel il accusait le Talmud de contenir des termes immoraux au point de vue des dogmes chrétiens. Heureusement pour Reuchlin, il put grâce à:
la bienveillance du pape, échapper aux griffes de 5 l'Inquisition. |
Un autre réformateur du xvi siècle à tendance mys-. tique beaucoup plus prononcée que Reuchlin fut Paracelse dont le vrai nom est Theophraste Bombast von Hohenheim. 1] naquit vers 1491 à Marien Einsiedeln, en Suisse, Le père de Paracelse était le médecin de l'abbé d’Einsiedeln. On prétend que Théophaste se donna le
x ES 506 LUTTE ENTRE LA THÉOLOGIE ET LA
nom de Paracelse pour marquer sa supériorité sur le-
fameux Celse. Il fut initié de bonne heure aux mystères des sciences occultes, et son père lui-même lui inculqua des notions de médecine, de chirurgie et d'as-. trologie. A l’âge de 16 ans,il se rendit à Bâle où ik étudia l’Alchimie sous la direction du célèbre Tritheim, abbé de Spanheim. Il voyagea ensuite dans une grande. partie de l’Europe et même en Orient où 1l fréquenta les magiciens, les alchimistes et les métallurgistes. Après dix ans d'absence, il revint en Allemagne, puis
s'établit à Bâle où grâce à la protection de son célèbre.
compatriote Hausschein il fut nommé en 1526 médecin pensionné et devint l’année suivante professeur à l'Université de cette ville. Il fit sa première leçon contre tout usage, en langue allemande pour se mettre à la portée du plus grand nombre d’auditeurs. Il inaugura son enseignement en détruisant par le feu les ouvrages d'Avicène, de Galien, d'Averroès, etc., comme pour marquer qu'avec lui la médecine allait entrer dans uneère nouvelle. Il se posa en réformateur comme Luther qui également avait brûlé les bulles du pape-sur la place publique de Wittenberg. A la suite de quelques cures heureuses et de son enseignement brillant, il arriva bientôt à l’apogée de la gloire, ce qui ne tarda. pas à lui attirer l’inimitié de ses confrères et celle du pharmacien dont il dénonça hautement l'esprit de lucre et les abus journaliers. Il se vit forcé d'abandonner sa chaire et de quitter Bâle : * ilse rendit en Allemagne,
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