‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 144 sur 342 · SIÈCLES · texte numérisé non relu

SIÈCLES

rations antimoniales, ferrugineuses, mercurielles et Le salines. 1l fut le anse a émettre l’idée que certains | poisons peuvent à doses modérées, devenir des médica- ments précieux. Il s’est servi le premier du mercure dans la syphilis et de l’acide sulfurique dans les maladies saturnines. Des plantes, il retirait par distillation la la quintescence qu’il considérait comme le principe de leur action. Malheureusement, à côté des propriétés positives des substances médicamenteuses, il admettait des propriétés occultes, des arcanes, et accordait une importance considérable aux signatures cabalistiques, | ce qui l’a conduit à employer l’aimant contre l'hystérie __ et les affections spasmodiques. Bien qu'aujourd'hui on reconnaisse l’action de l’aimant sur certaines maladies nerveuses, l'interprétation du fait appartient à l'ordre scientifique, tandis que celle de était de nature mystique.

Une chose est certaine, c’est que Paracelse n’était ni un érudit ni un de convaincu, mais c'était un homme du peuple de grande intuition et il avait une âme de révolutionnaire en même temps que de polé- miste. C’estun homme qui avait beaucoup lu et qui au - cours de ses longs et nombreux voyages à travers les pays d'Europe avait vu et entendu bien des érudits et s'étant mis en rapport avec des médecins, alchimistes, : . métallurgistes, magiciens et astrologues avait fini par se former une opinion plus ou moins fondée mais con- fuse sur beaucoup de choses et surtout sur la médecine.

Poussé par une ambition démesurée, il attaqua les doctrines médicales en vogue, l’arabo-gallénisme, la polypharmacie, fit chercher dans les médicaments les principes actifs et s’efforça d'introduire des médicaments minéraux, ce qui lui a attira un grand nombre d’ennemis, mais il eut aussi de nombreux partisans qui le défendirent même après sa mort. La Faculté de Paris, surtout, se distingua par son acharaement à rejeter l'usage des préparations chimiques et particulièrement de l’antimoine ; elle extorqua même, en 1566, au Parlement, un arrêt interdisant absolument l'emploi médical des: préparations stibiées. Mais tout ce tapage, en attirant l'attention sur la nouvelle médication, ne fit qu’en hâter l'introduction dans la pratique, au grand profit de l’art de guérir et pour le plus grand bien de d'humanité. |

Le médecin Van Helmont fut également un réformateur à tendances mystiques. Né en 1577 à Bruxelles, d’une famille noble, il se livra de bonne heure à l'étude : des diverses sciences, de la médecine, de la philosophie et de la scolastique. Mystique par tempérament, il ne put se détacher du mysticisme de son époque qui J'entraîna au point qu ‘il crut y trouver la source des plus. hautes vérités. Il parcourut les principales contrées de 4’Europe dans le but de s’instruire dans l’art de guérir.

CS

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