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Initié peu à peu aux travaux de l’alchimie, il apprit à connaître plusieurs préparations: chimiques qui donnèrent les plus heureux résultats en thérapeutique. Il
se retira dans son domaine de Vilvorde où il véent plus |
de trente ans, partageant son temps entre son labora-
toire etses nd qui étaient soignés gratuitement,
-et dont le nombre augmentait chaque année considé-
rablement.
Van Helmont ressemble en plusieurs points à Paracelse, mais sa supériorité sur lui sous tous les rapports, est incontestable. Son système est un mélange dn mysticisme, de vitalisme poétique et de chimie,
parmi lesquels se rencontrent de l’érudition, la réfu- -
tation judicieuse de bien des erreurs, des expériences
précises et des théories ingénieuses.
Van Helmont se proposa un double but : renverser les doctrines anciennes et en établir de nouvelles. Dans
ce but, il insista sur les vices de la méthode syllogistique d’Aristote, sur l'importance des faits et de Ja méthode expérimentale, sur le danger des hypo-
thèses, etc. Il attaqua la physique péripatéticienne et
galénique, la théorie des éléments et des humeurs, tantôt par des observations positives, tantôt par de faibles arguments ; mais quand il voulut construire
son propre édifice, il s’égara souvent, tomba dans une
espèce de mysticisme et s’éloigna des lois de la nature.
Van Helmont unit un dynamisme psychologique à
“un dynamisme chimico- vital, d’une manière assez
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confuse. Les êtres ont été créés par un ordre divin
(jussus Dei), mais des agents sont intervenus : ce sont les archées (principes vitaux) qui ont la connaissance instinctive des actes auxquels ils doivent se livrer pour
former les différents corps. Ces archées eux-mêmes ont.
besoin d’agents spéciaux, les /erments, dont la conception est tirée des études chimiques de l’auteur.
Van Helmont applique cette théorie à la physiologie
humaine. Le corps de l’homme est composé d’une série d'organes dont chacun a son archée (sa vitalité propre). Chaque archée, durant l’évolution fœtale, a présidé à la formation de l’organe où il réside ; par la suite, :l en dirige toutes les fonctions. Les archées spéciaux
sont surveillés et ‘conduits par le grand archée (duum-
virat). Sous ces modes métaphoriques on reconnaît les actions et les réactions des organes, les nns sur les autres, leur direction harmonieuse vers un but déter-
miné. À cette occasion l’auteur groupe bon nombre de
faits de sympathie, de synergie, rappelle, consolide,
établit plusieurs dogmes de physiologie et de patho-
logie expérimentales. Le grand archée semble double,
il occupe les deux orifices de l'estomac, s'étend à la
rate ; on peut le ramener à l'unité. En le plaçant ainsi,
Van Helmont met en saillie le système des forces épi-
gastriques. De ce centre, de ce cerveau abdominal éma-
nent les forces dynamiques qui établissent les rapports
“entre l’estomac et les principaux organes. Une foule de maladies, même mentales, y ont leur point de départ.
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Néanmoins, le cerveau n'est pas entièrement dépossédé et reste l'instrument des mouvements, de la mémoire, de l'imagination, de la volonté. Les archées ont des facultés vitales qui s’exercent par des b/as (des fluides subtils) ülas sensitioum, motivum, alterativum : (sensibilité, motilité, plasticité). Au-dessus de l archée, apparaît l'âme sensitive qui n’est elle- -même que l’enve- doppe de l’âme immortelle.
Tant que le grand archée conserve son état normal,
tant que l’accord subsiste entre lui et les archées secon- daires, la santé se maintient ; l’équilibre est rompu dès que ces conditions ne sont plus remplies. | Son vitalisme spécial domine toute sa pathologie. La maladie n’est point un mode passif ou négatif ; c'est un mode actif et positif, Sa cause prochaine, sa nature
ne devra être cherchée ni dans les quatre humeurs ni -dans l’action des choses contraires; ce qui la cons- titue essentiellement, c’est une octo de l’archée.
Les causes éloignées produisent une impréssion sur ce dernier ; il éprouve de l’effroi, de la colère, de l’abat- tement, ds perversions ; conçoit indistinctement l’idée de l’état morbide. Celui-ci est une sorte de fonction pathologique, dont les symptômes résultent d’une part du trouble de l’archée ou des archées devant les périls
2 qui le menacent, de l’autre, de ses efforts pour leur
échapper. L'auteur examine ce que la maladie n’est
pas, ce qu’elle doit être. Au milieu de toutes ces con-
fusions, la pensée qui se fait jour est celle-ci : la mala- À 33
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die est une lésion de la vie, de ses facultés, et par con-
séquent du principe qui la représente. Elle n'existe
point tant que latause pathogénique, fût-elle un miasme ou substance pestilentielle, n’est pas arrivée jusqu’à lui,
La thérapeutique de van Helmont n’est qu’une conséquence de sa pathologie. Les indications principales se tirent des affections de l’archée ou des archées, bien plus que des altérations humorales; les acidités, les
âcretés se dissipent le plus souvent quand l'affection de l’archée a disparu. On doit le rassurer, relever ses forces quand il est abattu ou déprimé ; dans le cas contraire on le calmera, on diminuera l'excitation et l’équilibre sera rétabli. La nature ou l’archée se suffit géné-
ralement pour guérir les maladies, mais il est des cas
où elle est impuissante, ou suit une mauvaise direction;
alors l'intervention active du médecin est nécessaire.
En même temps, Helmont proscrit la saignée, car elle
affaiblit, rend les crises difficiles. De même la pléthore,
les affections et les congestions ne sont que la suite
des affections de l’archée. Quant aux purgatifs, ils seront employés avec précaution; l’on préférera tou: jours ceux qui sont doux et ne diminuent pas les forces. Van Helmont employa avec avantage les mercuriaux et antimoniaux comme modificateurs des sécrétions de
même que l’opium et le vin qu’il considérait comme
toniques et sédatifs. Van Helmont et son système ont trouvé un grand nombre d’enthousiastes et de
panégyristes, surtout parmi ses confrères belges, tels.
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que Rommelaër et Mandon. Par contre, ‘il y en eut d’autres, tels que Spiess et Darenberg, qui trouvent que, Fe que van Helmont ait attaqué e théories et les doctrines de Paracelse, il a pris sinon la forme, du moins le fond de ses doctrines ; de plus, l’unet l’autre font intervenir de la même D le mysticisme et la superstition dans l'explication et le traitement des mala- dies; tous les deux emploient pour plusieurs maladies les mêmes remèdes quand ils ont recours à la thérapeutique naturelle ; tous deux aussi ont eu un dédain à peu près égal pour l'anatomie et, pour leurs confrères, un égal mépris. Cependant, il faut reconnaître la supé- … rorité de van Helmont sur Paracelse ; d’abord il ya chez lui plus d’érudition, plus d’ te. précises et = de théories ingénieuses, et surtout son système est harmonieux dans toutes ses parties. D'autre part il est incontestable que son système est un mélange de mysticisme et de vitalisme poétique d'autant plus qu 1l déclare que ses résolutions les plus décisives lui ont | été dictées dans des songes ; que des secrets scienti- - fiques majeurs lui ont été révélés, lorsque son âme lui est apparue sous l'aspect d’un cristal resplendissant. Par conséquent le fait que les éléments avec lesquels il a construit la plupart de ses doctrines ne reposent pas sur des données scientifiques suffit pour hésiter à le ce considérer comme un réformateur de grande valeur en = médecine, Une chose est certaine : van Helmont cultivait les
de 66 ans.
sciences et aimait l'humanité, car il passait tout son temps à étudier ou à soigner gratuitement des milliers de malades ; de plus, il refusa les offres les plus brile lants de l'électeur de Colognéetdel' Empereur Rodolphell pour -ne pas quitter sa retraite, ses chères études et ses pauvres malades. Cependant il lui arriva une aventure désagréable : il prit fait et cause pour Goclénius professeur de physique à Marbourget défenseur enthousiaste de la puissance curative du magnétisme dans le traitement des plaies. A cette occasion, il publia un opuseule où il attaquait violemment le jésuite Roberti
qui avait réfuté Goclenius par des arguments théolo- Fe. giques assez ridicules. Mais ayant nié dans cet opuseule l'influence salutaire de la religion dans les maladies, l’archevêque de Malines le fit enfermer en 1634
jusqu’en 1635 et fit mettre sous scellés ses manuscrits, .
quoiqu'il se déclarât prêt à se rétracter. Ce n’est qu'en 1636 qu'il fut mis en liberté. Il mourut en 1644 à l'age FA
Personne ne saurait mettre en doute l'esprit profon-
dément religieux ni les sentiments altruistes au plus haut degré de van Helmont, qui consacra sa vie à l’étude de la nature en général et de l'homme en particulier ainsi qu’au bien-être de ses semblables, Cependant, toute une vie de labeur et de sacrifices en Ne faveur de l’humanité soulfrante, ne l’empéchèrent pas
d’être victime de l'intolérance de l'Eglise. :
il publia, à ses frais,
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Un autre savant victime de l'intolérance religieuse du xvi* siècle, fut Michel Servet né en 15t1, à Villanueva en Aragon (Huesca).
A l’âge de dix ans, il entra en qualité de secrétaire
= au service de Juan Quintana, confesseur de Charles V.
et passa en Italie avec la suite de l'Empereur dont il vit le couronnement comme: roi - de Lombardie, à Bologne, le 21 février 1530. Un an plus tard il vint en ‘France pour y étudier la médecine. À cet cel suivit
les leçons du célèbre Sylvius et de Fernel à la Faculté
de Paris, mais doué d’un esprit. mystique il continua à cultiver en même temps la philosophie religieuse. De plus, le hasard le fit entrer en rapports avec des personnes instruites de la secte arienne et il devint luimême anti-trinitaire, au point qu'en l’année 1531 ül publia son premier ouvrage intitulé : De Trinitatis Erroribus qui ne tarda pas à attirer l'attention. En 1535 il se rendit à Lyon où il fut employé comme correcteur d’i imprimerie, mais en même temps 1l y étudia la médecine sous la direction du fameux médecin lyon-
nais Symphorien Champier qui, appréciant la valeur morale de Servet, l’initia au secret de l’art, En 1537,
après avoir publié un petit livre galénique, il retourna
à Paris où il continua à se ccnsacrer à la médecine. En l’année 1539 il retourna à Lyon où il resta jusqu’en
1542 comme correcteur d'imprimerie, Puis 1l se fixa. définitivement dans la ville de Vienne en Dauphiné, où clandestinement son fameux
peter
livre : La Restauration du Christianisme qui fut saisi par l’'Inquisition et son auteur fut condamné au bûcher.
Servet échappa miraculeusement à la persécution de.
l'Église catholique, maïs ce fut pour tomber entre les mains des protestants qui le guettaient depuis longtemps. En effet, après s’être dirigé sur Genève, il fut
saisi par les sbires de Calvin qui le menèrent au lieu
de Champel où il fut attaché à un pilori et brülé tout
vif avec son livre. Servet a publié plusieurs livres sur des questions religieuses, mais dans son dérnier
ouvrage, intitulé Restauration du Christianisme qui a servi de pièce d'accusation, il y a des pages qui contiennent des détails anatomiques et physiologiques, du cœur et des vaisseaux de la cage thoracique qui prouvent d’une manière incontestable que le pauvre martyr
eut une connaissance exacte de la circulation pulmo-
naire, appelée petite circulation. De même, il ft
une traduction en latin en y ajoutant des annotations, de la Géographie de Ptolémée, dans laquelle la Judée est décrite comme un pays pauvre, stérile et inhospitalier, à l'encontre de ce que dit la Bible qui-la donne comme un pays où coulent le lait ét le miel. Calvin lui fit un crime de cette phrase qu’il considérait comme [une accusation contre la Bible et un outrage au Saint- Esprit de sorte que Servet fut accusé en même temps d’arianisme et d'hérésie, comme ayant mis les découvertes de la science au-dessus des dogmes et des faits établis dans l’Ecriture-Sainte. |
Si, l'on jettè un regard en arrière et l’on fixe son attention sur le développement de la pensée humaine pendant le siècle d’or de Périclès, où la science et les arts brillaient d’un éclat resplendissant et où surgirent les diverses écoles philosophiques qui rivalisaient entre elles pour donner une solution plus ou moins satisfaisante aux problèmes métaphysiques les plus transcendantaux pour l'avenir de l'humanité : et si l’on s’arrête ensuite devant le grand cataclysme intellectuel du Moyen-âge causé par l'irruption des barbares et l’aspiration à la domination universelle de l'Eglise, où tant d'ouvrages élaborés par le génie antique ont été englou-
is, on ne peut s'empêcher de pousser un cri de désesy j à poir en présence du recul immense de l'humanité causé
par cette barrière hérissée d'obstacles sans nombre dressés contre le développement de la libre pensée et le progrès de la raison humaine. Condorcet dit avec raison : « Dans cette époque désastreuse l’esprit humain « descendit rapidement de la hauteur où il s’était élevé,
«et l’on vit l'ignorance se traîner après elle ; ici la
« férocité, ailleurs une cruauté raffinée, partout la cor- « ruption et la perfidie. À peine quelques éclairs de «C talent, quelques traits de grandeur d'âme ou de « bonté, peuvent-ils percer à travers cette nuit pro- « fonde. Des réveries théologiques, des impostures
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