ET DES ARTS AU XVI° SIÈCLE
secoua avec une égale énergie le joug de la théologie catholique et la maîtrise de la philosophie grecque. Il voulait une religion indépendante tant de la raison que de la théologie. Son appel trouva un écho tant parmi les princes de l’Allemagne du Nord que parmi les évéques mêmes, Les premiers avaient intérêt à se délivrer du joug du pape qui les menaçait souvent de l’excommunion, De plus, en adoptant la Réforme, ils augmentaient non seulement leurs domaines mais aussi leur autorité. Quand aux évêques, ils trouvaient avartage à rester en possession de leurs biens et à pouvoir se
marier, en même temps qu'ils conservaient leur pouvoir
spirituel sur le peuple ; 3° Le troisième événement, c'est l'introduction de l’In-
-quisition en Espagne après la prise de Grenade, qui ne 8 P P
tarda pas à s'étendre aux autres pays de l'Europe. Il
sensuivit un bouleversement des conditions morales et sociales des peuples catholiques: car elle commença par allumer des büchers pour les hérétiques, menaça ensuite tous ceux qui étaient suspects de libre pensée, et finit par s'imposer à la conseience de tous les pays catholiques et troubler la vie intérieure des familles. Il
en résulta une crise religieuse, politique et sociale pen.
dant le xvi° siècle, tant au nord qu’au midi de l’Europe. Dans un pays, c'étaient les catholiques qui brülaient les hérétiques de même que leurs livres ; dans
l'autre, c’étaient les protestants qui expulsaient les prêtres et les religieuses, excluaient les particuliers
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de catholiques de toute fonction publique, en les déclarant incapables de posséder des terres dans leur pays, de léguer leurs biens ou de recevoir des legs. LE
Cet antagonisme sauvage entre catholiques et pro- : testants aboutit à une guerre très sanguinaire qui ne 4 dura pas moins de trente ans (1618-1648), et au Cours de laquelle les deux partis regardaient comme action agréable à Dieu de commettre les actes de cruauté les” = plus affreux envers leurs adversaires. C’est ainsi que la France catholique, sous le cardinal Richelieu, crut de son intérêt de verser son or et son sang en faveur du protestantisme, faisant ainsi amende honorable des massacres de la Saint-Barthélemy. Heureusement. | l'épuisement des deux combattants après trente ansde massacres inutiles leur fit signer la paix de Westphalie, d’après laquelle les pays du nord de l'Europe restèrent protestants, tandis que ceux du centre et du midi resièrent catholiques, tout en s’obligeant réciproquement
à tolérer le culte de la minorité et à respecter ses
biens. :
Toutefois, malgré les büchers, les supplices et les
persécutions de toutes sortes qui suivirent pendant les