Jbid,, t. VIII, pp. 113 et
enfant coupable d’avoir renversé un panier plein d'œufs de mer. Mais le plus souvent en Tasmanie et en Méla- ee nésie l’infanticide se pratiquait comme une simple Le mesure de prévoyance. Les mères s’épargnaient ainsi l’ennui et la fatigue de porter leurs enfants sur leur dos en accompagnant l’homme dans sa vie nomade, de même que la femme moderne se débarrasse souvent du fruit = de son amour pour ne pas être gènée dans ses amuse- | ments et dans sa vie mondaine, Les Kamtchadales sacrifient aussi les enfants faibles ou mal-formés. Malheureusement, nous voyons encore à notre époque : la moralité féminine souvent arriérée sous ce rapport, malgré. deux mille années de Christianisme, C’est : plutôt le manque d'enseignement dans les écoles supé- … rieures de jeunes filles des devoirs de la femme et de : sa mission éducatrice concernant la génération nou velle qui en est la cause. En tous cas il faut considérer l’infanticide et l'avortement comme des survivances AS des périodes arriérées de l’évolution morale. D
Il est vrai que nos lois punissent sévèrement les actes attentatoires à la vie-humaine, mais la morale privée est plutôt une affaire d'éducation domestique et des mœurs publiques qu’une mesure législative. Pour juger à leur juste valeur les causes de la lenteur de l’évolution morale dans les premières phases de l’homme his-
torique, il faut tenir compte de la situation sociale infé- : rieure de la femme, son sort étant toujours intimement lié aux occupations et aux luttes de l’homme
NL
pour son existence matérielle. Pendant que l’homme ne pensait qu'à la chasseet à la œuerre. la femme était. obligée de suivre le mari dans les forêts peuplées de fauves en portant les enfants et tous les bagages de la famille, à savoir : des lances de pierre tranchantes de rechange, de la gomme xantorrhea pour les fixer à des manches, des tendons de kanguroo servant de ficelles,
de la graisse pour onctions, de la craie, de l’ocre, des
plumes pour se farder, des plaques d’écorce froncées aux deux bouts servant de vases; une grande lance de
la même écorce pour former un paravent durant la nuit
ou pour s’abriter en cas de pluie. La femme portait tout cela sur le dos dans un sac en peau de kanguroo (1). Dans un autre sac placé sur les épaules, se nichait un enfant.La main droite de l’Australienne s’ap-
.. puie sur un long bâton pointu ; la gauche porte un
tison allumé. Ainsi surchargée, la femme erre dans le bois à la suite de son maître pendant des journées entières. Si la chasse a été heureuse, la femme n’a plus qu’à préparer le souper et à se tenir derrière l’homme pendant qu’il mange, mais si la chasse n’a pas été heureuse, la femme est obligée de trouver la nourriture pour son maître. Pour cela, elle doit grim-
: per sur les arbres à la recherche de l’opossum ou déter-
rer les racines nutritives. Sur le rivage, elle entre dans l’eau pour chercher des coquillages, des crustacés ou
1. R. Salvado, Mémoires sur l'Australie. Souvenirs d’un déporté à la Nouvelle Galle du Sud (London Mavazine et Revue britannique, 1526).
des algues comestibles. Elle ne peut chercher de repos avant que l'appétit de son homme ne soit satisfait ; alors, elle prend son repas à part (1). En compensation des services rendus, la fémme australienne était traitée par son mari avec la plus grande brutalité, au | point que la femme d’un chef doit s ’étrangler après la mort de son mari.On peut dire avec raison qu'aux débuts de l’époque historique, la femme était considérée comme le premier animal domestique de l'homme. Pourtant dans ces mêmes pays, l’adultère était puni et souvent très Sévèrement, sinon comme une transgression morale,
du moins comme un attentat à la propriété. Dans -
à d’autres pays sauvages, l’adultère était regardé
comme un délit social et le droit du mari sur la femme
Let les enfants ne connaissait pas de limite, ceux-ci : *, TRE à re 7 étant considérés comme la propriété du mari et du
père. Bien que chez les Esquimaux du Grœnland le régime de la communauté soit encore en vigueur, il a subi récemment une réforme très sensible en faveur de la propriété privée. C’est ainsi que tout ce qui ne sert pas est jugé comme n'ayant pas de propriétaire, et tout homme possédant trois objets pareils doit disposer de l’un d'eux en faveur d'un compagnon ou ami. Foute pièce de bois trouvée sur le rivage appartient à celui qui l’a trouvée, à condition qu’il soit assez fort pour la traîner hors du rayon du