VIE ET ŒUVRE DE COLOMB
ce qu'on püût vérifier la possibilité de l'expédition.
Colomb, indigné de la mauvaise foi des hommes de
la Cour portugaise, quitta le Portugal et alla de pays en pays à la recherche d'un protecteur ; finalement, 1l
se dirigea vers l'Espagne, et cheminant à pied avec
son fils Diègue, il demanda asile au couvent de Sainte- Marie de la Rabida près de Huelva. Frère Jean Pérez,
prieur de ce monastère, frappé dès sa première entre-
vue avec Colomb de la hardiesse de son projet et de
l'importance que sa réalisation pouvait avoir pour l'Espagne, l'approuva et le recommanda à son confrère, Fernand de Talavera, confesseur de la reine Isabelle.
Le couple royal se trouvait à ce moment-là devant
Loja assiégée et le confesseur ne jugea point la circons-
tance propice pour présenter un étranger en ce pauvre
équipage. Colomb se voyant réduit à ses propres forces, eut la chance de trouver quelqu'un qui l’écouta et parvint à se faire introduire auprès de l’archevèque Men-
doza. Celui-ci, quoique séduit par le projet de cet
audacieux génois, hésitait quelque peu, craignant qu’il
ne portât ombrage aux théologiens comme impliquant
l'existence d’un autre monde et d'autres hommes dont les Saintes Ecritures ne font aucune mention. Mais le nonce apostolique Giraldini démontra qu'il ne se trouvait en contradiction ni avec saint Augustin ni avec Nicolas de Lira qui n'étaient ni cosmographes ni navigateurs. | re
Le premier scrupule religieux une fois écarté, le car-
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