‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 202 sur 342 · DIAZ DÉCOUVRE LE CAP DE BONNE-ESPÉRANCE · texte numérisé non relu

DIAZ DÉCOUVRE LE CAP DE BONNE-ESPÉRANCE

cours de ce fleuve, il trouva des nègres gouvernés par un roi qui résidait à Panza appelé depuis San Salvador.

Le roi Jean avait chargé en 1485 le capitaine Pierre Covilham et Alphonse de Payva de pénétrer dans l'Inde par terre. S’étant joints à une caravane arabe de Fez

et de Tlemcen, ils arrivèrent au mont Sinaï, recueil- -

lant sur la route des renseignements sur le commerce des Indes, Au port d’Aden, en Arabie, ils se Séparèrent. Payva passa dans l'Abyssinie, tandis que Covilham se dirigea sur l'Inde par mer, Après avoir visité Calicut et Goa, il passa par mer à Sofala, en Afrique, pour examiner les mines d’or. Il se rendit ensuite en Ethiopie où il fut bien accueilli par le négus. De Ià, il adressait de fréquentes communications au roi de Portugal, l’assurant que les vaisseaux, en continuant leur route vers le sud le long de la côte occidentale, atteindraient l'extrémité de ce continent, et qu’une fois arrivés dans l'Océan oriental, ils feraient voile vers

Sofala et l'ile de la Lune, appelée depuis Madagascar. Æn d’autres termes, Covilham avait déjà une notion

vague de l'existence du cap. Le roi, bien impressionné par l'opinion de Covilham, envoya en 1486 une escadre dans ce but sous le commandement de Barthélemy Diaz, navigateur irès expérimenté, Diaz poussa cent vingt

lieues plus avant que les navigateurs précédents et

planta la croix à deux degrés au delà du tropique méri-

dional, Courant alors au midi, il perdit de vue la terre <t fut jeté par les vents dans une baie qu’il nomma à

596 VAsCO DE GAMA FRANCHIT LE CAP, ÉTABLIT

-cause de ses nombreux troupeaux la baie des vaches, quarante lieues-à l’est du cap qui termine l'Afrique. Doubler ce cap était naturellement le vœu de Diaz, mais il ne s'aperçut pas que là finissait le continent et: il poursuivit sa route jusqu’à ce qu'il eût atteint la baïe-

Delagoa, mais là, les marins que les privations résul-

tant de la perte du bâtiment qui portait les provisions,

avaient exaspérés, se révoltèrent pour l’'amener à

retourner au Portugal. Persuadué que l'extrémité del'Afrique ne pouvait être très loin, Diaz les exhorta à patienter le temps de parcourir encore vingt-cinq lieues, et en effet, il ne tarda pas à s apercevoir qu'ik avait déjà dépassé le cap qu'il cherchait. Alors, satis-fait d’avoir atteint le but de son expédition, il rebroussa

chemin et débarqua à Lisbonne en 1486 après avoir.

exploré trois cents lieues de côtes et avoir reconnu la

véritable situation du cap.

Diaz lui avait donné le nom de cap des Tempêtes à cause

des ouragans terribles qu'il y avait essuyés, mais le roi jugeant le nom de mauvais augure proposa del'ap- .

peler le cap de Bonne Espérance. Quoi qu'il en soit, le: grand problème était résolu ; la forme de l'Afrique était. connue désormais et la route des Indes était trouvée.

Mais ce qui manquait, c était un homme assez hardi pour se lancer sur ces mers inconnues et cet homme ne parut qu'onze ans après sous le règne de Jean Il; ce fut Vasco de Gama. Navigateur aussi courageux qu ’expé-

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