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-Bien que la féodalité eût introduit dans le système du gouvernement des notions de droits et de devoirs entre seigneur et vassal. de même qu'entre chevaliers
et paysans, la. morale sociale et’ individuelle ny gagna rien; car si autrefois l'homme était soumis aux
caprices-du roi et à l'autorité royale; maintenant il
était obligé. d’être le vassal de quelque seigneur sous
peine de courir le risque de mener une, existence dan-
gereuse et intolérable, En second lieu, la féodaliié était basée sur la force et par suite elle n’a fait qu’en abuser et opprimer les faibles. En troisième lieu, à mesure que. les seigneurs féodaux partagaient ou usurpaient les
droits anciens de la royauté sur leurs sujets, celle-ci voyait diminuer non seulement son prestige mais aussi la puissance matérielle qui lui permettait de tenir tête aux exigences de l'Eglise envahissante. Celle-ci, non contente de soustraire les clercs à la justice laïque, revendiquait pour eux le droit de jugement de
certains crimes contre les mœurs et contre l’hérésie, au
point d'y substituer des tribunaux ecclésiastiques pour juger non seulement la conduite extérieure des hommes, mais aussi leurs pensées et la manière de les exprimer, obligeant les. classes intellectuelles à croire à l’enseignement des pères de l'Eglise et à
ne pas enseigner à la jeunesse ce qui n’est pas conforme aux doctrines de la sainte: Ecriture et aux dogmes de l'Eglise, Ces tribunaux d'enquête appelés d'inquisition n'avaient d'autre but que de dominer la
conscience universelle. Pour atteindre ce but tous les moyens étaient bons. La procédure employée était la plus atroce qu’on puisse imaginer, Tous les témoignages, quelle que fût leur origine ou la personne dont ils émanaient, étaient valables et les peines appliquées étaient des plus inhumaines., D'abord, les tortures variées, ensuite l’emmurement, enfin le bûcher couronnait l’œuvre. Il était interdit de vendre du pain aux hérétiques et d’avoir des relations avec eux. Les accusés de blasphème étaient traînés sur des claies et
après avoir fait amende honorable devant les églises
ils étaient brülés ; souvent on leur perçait la langue
avec un fer chaud et l’on confisquait leurs biens (1). Pendant plusieurs siècles l'Europe fût le théâtre de
ces horreurs et des actes criminels commis au nom de
la religion contre la personnalité humaine faite à l’image de Dieu. Galton évalue à mille par an le nombre d’au-
todalés allumés en Espagne seulement par les soins du Saint Office. C'était un spectable national et sou-
vent solennel auquel les rois se faisaient un devoir d’assister. Pendant trois siècles, l'Espagne gémit sous les tortures de l’Inquisition, ce qui paralysa toute initiative intellectuelle et éteignit toute lueur du sentiment
de solidarité humaine, ©
Il est incontestable que la Renaissance es lettres et des arts gréco-romains de même que la Découverte de l'Amérique et la Réforme ont contribué au xvi° siècle