LA MÉTHODE EXPÉRIMENTALE DANS
qui dérive de nos dispositions individuelles, de nos prédilections, de nos études spéciales et de notre éducation ; /a troisième est celle du domaine public, c’està-dire des erreurs qui résultent du langage par lequel les hommes se communiquent leurs idées les uns aux autres ; /a quatrième est celle des idoles de théâtre, c'est-à-dire des erreurs qui résultent du système de philosophie selon lequel on raisonne d’après les principes reçus, au lieu de chercher la vérité et d'étudier les faits. Bacon n'hésite pas à prédire aux sciences une perfectibilité indéfinie et à l’homme une puissance sans bornes sur la nature, s’il sait se mettre en garde contre toutes ces causes d'erreurs. Le second livre de l’'Organum de Bacon s'occupe de l'exposition de cette méthode, à savoir de l’art d'interpréter la nature, mais malheureusement l’auteur n’a pas eu le temps de le
terminer, et il ne contient que 52 aphorismes. Cependant, on y reconnaît sa manière d'interpréter la nature
qui consiste à partir des sensations et des faits parti-
culiers pour s'élever aux propositions générales par
une marche graduelle sans omettre aucun degré ; en
d’autres termes, c’est la méthode d'observation et d’in-.
duction. On a beau dire que Bacon n’a pas inventé le système d’induction qui se trouvait déjà en germe chez Aristote et avait été établi par Louis Vives, aucun d’eux n'a dicté des prescriptions aussi sages et aussi nettes sur la manière de le mettre en œuvre et les procédés
qu'il faut suivre pour ne pas s’égarer quand il s’agit des.
sciences physiques.