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LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ INITIÉE PAR BACON

Ce qui distingue surtout la méthode de Bacon, c’est qu’elle insiste sur la nécessité de partir des faits particuliers, et non des principes généraux et abstraits, comme le veut la scolastique. D’après Bacon, pour trouver la cause ou la loi d’un phénomème, il faut d’abord faire une statistique complète de ce phénomène et de toutes les circonstances qui l’accompagnent. Bacon dresse trois tables de circonstances, une table de présence, une table d'absence, et une table de

degré. La première comprend toutes les circonstances dans lesquelles le phénomène se produit ; la seconde contient, au contraire celles dans lesquelles il nese produit pas; la /roisième est destinée à enregistrer les variations de telle ou telle circonstance par rapport à l'intensité du phénomène, car il y a un rapport direct entre la circonstance et le phénomène.De plus, il yades faits exceptionnels ou privilégiés, ou comme dit Bacon, des prérogatives des faits qui, insignifiants en apparence, deviennent souvent les prémices inattendues des conclusions. C’est ainsi que Galilée, -en voyant osciller la lampe d’une église, Newton, une pomme tomber, Blake une goutte d’eau se détacher d’un glaçon, conçurent des. idées qui devaient opérer une révolution intellectuelle. Ces faits d'observation deviennent autant de tours élevées d’où l'observateur embrasse un espace immense.

Bacon craignant fort que l'esprit humain souvent ébloui sur ces hauteurs nese perdit dans le vague, le mit bien en garde contre les généralisations et les induc—

concevait l’idée d’une réforme de la philosophie dont il

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tions anticipées. Si la synthèse, dit-il, est nécessaire, c'est à la condition d’être préparée par l'analyse. Le: mouvement de l'induction est double ; elle monte des Se faits aux lois etdesloiselle descend aux applications. Tous 24 tefois il faut reconnaître que Bacon, en exposantsa mé: thode, n’aeuen vue queles sciencesphysiquesetnonles sciences morales. Il voulait réformer les sciences physi-. ques,les afranchir dujougdel’autorité desvieuxpréjugés et des vieilles méthodes,donner les règles qu'ilfaut suivre dans la recherche des lois etdes causes des phénomènes matériels. Voilà pourquoil'autorité de Bacon a été si souvent opposée à l’idéalisme. On peut dire qu’il a été le père de l’empirisme moderne et en refusant de s’occu per de l'étude de Dieu, del’âme, et de ces attributs, il % a établi un divorce entre la théologie et la philosophie. | : En effet, Bacon se souciait peu de la conscience et des TS principes moraux. L'histoire de sa vie en est le témoi- |

gaage le plus éloquent. Bacon naquit à Londres en 1561. Dès sa seizième année, il avait fini ses études et -

s’occupa toute sa vie. Lareine Elisabeth le fit membre

de son conseil extraordinaire, Jacques 1% l’éleva aux premières charges de l'Etat en le nommant garde des sceaux. Mais par une complaisance servile enversle roi etson ministre favori, le duc de Buckingham,Bacon à apposa le sceau royal à une foule d'injustes concessions, de monopoles et de privilèges, et permit aux siens derecevoir del’argent.Acceusédevantle Parlement,

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ilfutcondanné à payer une amende et à être enfermé dans la Tour'de Londres.Le roi lui fit grâce dela prison et de

l'amende, mais il lui refusa tout emploi public. Rentré dans la vie privée, Bacon se livra tout entier à la philo- sophie.ll mourut en 1626 sans avoir eu le temps d’ache- “a -ver son œuvre.

Bien que Baconn’ait pas à la fois le précepte + l’exempleet qu'il n aitjamais eu la prétention d’avoir fait quelque découverte scientifique, on ne saurait nier qu’ il ait tracé les règles qui doivent servir à faire des . découvertes. Toutefois, son œuvre est incomplète, car il n’a eu en vue que le côté matériel de la nature et a | complètement négligé le côté spirituel. C’est en Bacon >. que la tendance matérialiste a trouvé son représentantle ee plus illustre. me Le

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Un disciple de Bacon qui futen même temps son collaborateur c’est Thomas Hobbes. Il naquit à Malmesbury, en 1588. Fils-d’un ministre protestant, il montra dès sa première jeunesse une précocité extraordinaire, A huit ans, il traduisait en vers latins la Médée d’ Euri- pide ; à quatorze ans il fut un des disciples distingués de Pécole d'Oxford ; à dix-neuf ans, il entrait dans la maison de Guillaume de Cavendish, comte de Devon- shire, en qualité de précepteur de son fils, plus tard

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