DÉFENSEUR DE L'ABSOLUTISME POLITIQUE
tés rebelles et qui empêche à tout prix le retour del’état guerre. Or, il n’y a qu’un pouvoir absolu quiait assez de force pour remplir une pareille mission. Rien, selon Hobbes, ne doit borner ce pouvoir. La religion elle-
même doit être sous sa dépendance. | C'est sans aucun doute, sous la pression des circonstances qui l’entouraïent et de son ambition que le philosophe de Malmesbury conçut sa déplorable doctrine. Affligé des sanglants désordres qui avaient - désolé son pays, il n’eut d'autre préoccupation que d’ac- créditer un régime qui garantirait une paix durable, dût-on y perdre la liberté. Au lieu donc de faire dériver sa politique d’une métaphysique noble et sensée en rapport avec la réalité psychologique, il imagina toute une métaphysique au service d’une politique despotique. Contempteur de l'expérience et de la finalité de l’homme, il posa théoriquement des principes odieux d’où il tira avec une inflexible rigueur des conséquences en faveur de l’esclavage humain. Tout est faux en Hobbes, aussi bien sa conception de la nature et de la mission de l’homme que son idéal de l'humanité, D’abord la destinée de l’homme n’est pas de vivre en guerre avec ses semblables et si les hommes ont vécu | jusqu’à présent en guerre, c’est l'effet de l'ignorance des masses populaires et de l'ambition de leurs gouver- - nements, quiles exploitent et qui, méconnaissant leur devoir, ont donné au peuple, sous prétexte de réaliser ses aspirations nationales, un idéal erroné et dépourvu