GASSENDI ADMIRATEUR DE BACON REPRÉSENTE
de sens moral. Puié l’histoire et l'expérience ont
démontré que l’homme est un être sociable et ne peut être heureux que lorsqu’ il vit en société. Hors -
de la société, il est privé de toutes les conditions qui favorisent son développement, et ne trouve ni la + satisfaction de ses sens ni celle de ses. désirs ; l'homme est né pour vivre en liberté au milieu de …
la société où tous les membres jouissent de droits
égaux, et ce sont ces droits mêmes qui posent üÜne limite à ceux des particuliers. Le pouvoir doit être
l'incarnation de la loi qui fait respecter la liberté indi- .viduelle et le droit de chacun. C’est précisément chez les peuples gouvernés par l’absolutisme que se confondent le droit et la force, la justice et l'intérêt.
Le prestige qu'acquirent les ouvrages de Bacon
après sa mort, lui avait procuré, non seulement en
Angleterre, mais également en France, des admira= rs teurs et des amis parmi lesquels se. trouve Pierre Gassendi, le représentant le plus remarquable du sen-.
sualisme en France, au xvrie siècle. C'était un esprit plus cultivé, plus large et en même temps plus oppor-
tuniste que Hobbes, car il n’hésita pas à plier ses prin-.
cipes aux nécessités de la pratique. Pour cette raison
même, le gassendisme a fait plus de progrès dans les
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milieux intellectuels en France, que la philosophie de Hobbes en Angleterre.
Pierre Gassendi naquit en 1592 dans un village des environs de Digne. Fils de cultivateurs aïsés, il fut confié auxsoins de son oncle qui était curéetse chargea de son éducation. Il fit d’abord ses études au collège de Digne, ensuite à Aix, sous la direction du Père Fessaye, Grand Carme, et fut consacré prêtre en 1517. Peu après, Gassendi prit part à un concours pour une chaire de-philosophie à l'Université d'Aix. Ayant obtenu … cette place, 1l l’occupa jusqu’au moment où les Jésuites = prirent possession du local où il enseignait, et donna alors sa démission. C’est à cette date que commence sa vie active. Il entra d’abord en relations intimes avec = Descartes, le père Mersenne et Luillier, En compagnie de ce dernier, il visita les Flandres, la Hollande et ce l'Angleterre où il se lia avec Hobbes. À son retour, ik : fut nommé prévôt de l’église de Digne. Il occupa alors ses loisirs à des études philosophiques et publia plu- sieurs travaux qui éveillèrent l’attention du monde des
penseurs tant en France qu’à l'étranger. En 1624, il
piola les Æxercitationes paradoxicæ adversus Aris- = toteleos, où il se plaint amèrement de la stérilité du : syllogisme. Il gémit sur la fausseté des doctrines de la ee Hohbae et attaque l'autorité d’ Aristote, allant ) jus- qu’à contester l'authenticité de ses ouvrages. Il montra … une hardiesse tellement grande qu’il fut obligé de s’ar-
| re au second livre de. ses Paradoxes. Ce qui est
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