LES PHILOSOPHES DU XVII SIÈCLE ONT SECOUÉ
lui permirent de s'élever à des hauteurs inconnues dans Fantiquité et an moyen âge. Les hommes d'élite qui surgirent dans ce nouveau milieu s’efforcèrent de rompre :
complètement avec la mentalité de leurs prédécesseurs ;
ils commencèrent par rejeter bien loin d’eux la scolastique et l'autorité d’Aristote et donnèrent ensuite pour base au nouvel édifice scientifique qu’ilsse proposaientde construire, l'expérience et l'observation. Malheureusement, l’esprit nouveau qui animait la nouvelle société n'avait pas encore acquis la force suflisante pour rompre le moule dans lequel était coulée la mentalité moyenàæeuse. L'atavisme a ses retours moraux de même que
physiques, qui ont d'autant plus de force lorsque l’édu-
cation, le milieu ambiant et les mœurs viennent entretenir et corroborer les habitudes héréditaires. Il faut encore ajouter que l'autorité toute puissante de l'Eglise n’hésitait pas à combattre toute innovation dans l’ordre moral et social. C’est ainsi que s’explique le fait que les
espritsles plus avancés aient trouvé de leur intérêt de
donner leur adhésion aux vérités révélées.
Bacon trouve le moyen de concilier l'expérience avec la foi ; Hobbes, le plus courageux des sensualistes, fait profession de christianisme, et l’atomiste Gassendi, l'admirateur d’'Epicure, affiche en toute occasion les sentiments dela plus sincère piété. Cependant, tous ces innovateurs furent animés d’un même sentiment, d’an même instinct révolutionnaire qui les ont poussés à
démolir l’ancien édifice et à contruire sur ses débris le